Jan Moons, devenu international, n'a pas été épargné par les critiques, à cause de son manque d'assurance sur les balles hautes, mais il a étalé d'autres qualités: lorsqu'il a le ballon au pied, il le gaspille rarement dans des tirs irréfléchis ou imprécis.
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Jan Moons, devenu international, n'a pas été épargné par les critiques, à cause de son manque d'assurance sur les balles hautes, mais il a étalé d'autres qualités: lorsqu'il a le ballon au pied, il le gaspille rarement dans des tirs irréfléchis ou imprécis. Si Genk a un point faible, c'est bien en défense. Il a besoin de puissance, de grands gabarits, ce qu'il recherche en prévision de la saison prochaine. A droite, Vergoossen a été contraint de faire une concession en alignant Justice Wamfor, présenté comme médian défensif, alors que l'entraîneur tient absolument à placer chaque joueur à un poste fixe où il soit en mesure de s'épanouir. La relance par la droite et l'axe n'a pas toujours été soignée mais d'autre part, en jouant toujours loin de son but, Genk a pu rectifier le tir tout en suscitant plus de danger devant la cage adverse. Serein et clair dans ses consignes, Sef Vergoossen a permis à plusieurs joueurs, Koen Daerden en tête, de progresser. Il a formé un redoutable duo d'attaque, Wesley Sonck- Moumouni Dagano, tandis que Josip Skoko et Bernd Thijs constituent sans doute l'entrejeu central le plus efficace de Belgique, ce qui a permis aux flancs d'évoluer comme de véritables ailiers. Genk a été épargné par les blessures. Il n'a donc pas dû remanier souvent son équipe. Jamais on n'a surpris le moindre mot déplacé dans les couloirs des vestiaires. Le groupe est bien trop soudé pour cela, y compris en dehors du terrain. Même ceux qui jouaient peu, voire pas du tout, étaient assurés de l'attention d'un staff médical et technique élargis.Le succès sportif a engendré une autre dynamique, en dehors du terrain. Les nouvelles installations des jeunes s'avèrent déjà un maître-atout pour attirer à Genk des joueurs qui auraient pu choisir le PSV. Le secteur commercial a encore pris de l'ampleur. Le nouveau logo l'affirme: We're magic. Radio, TV, sms, e-mail: le club ne néglige aucun support pour attirer le public et le fidéliser. Ceux qui souhaitent soutenir Genk doivent se dépêcher, tout comme ceux qui convoitent un abonnement: le championnat n'était pas encore terminé qu'il y avait déjà une liste d'attente de 1.500 personnes. Du coup, le Fenixstadion, qui est à peine achevé, va probablement devoir être une nouvelle fois agrandi et modernisé. L'avenir a beau être souriant, tout dépendra du réalisme avec lequel les dirigeants poursuivront leur chemin et éviteront les erreurs du passé. Car le succès n'est jamais éternel. Anderlecht et le Club Brugeois ne vont pas non plus continuer à accumuler les échecs. Toutefois, Genk est bien davantage que le champion, cette saison: sportivement et commercialement, il s'est développé de telle sorte qu'il fait désormais partie des quatre Grands de ce championnat. Raoul De Groote