EricStruelens est de retour en Belgique. Temporairement, du moins: les vacances lui offrent l'occasion d'occuper la maison qu'il a fait construire à Braine-l'Alleud. Une chose est sûre, toutefois: il ne retournera pas à Madrid."J'ai dit au revoir à tous mes voisins, là-bas. Les formalités administratives sont remplies également. Je suis parti avec un petit pincement au coeur, car j'avais fait la connaissance de gens que j'ai appris à apprécier et que je ne reverrai plus, ou alors très rarement. Mais la vie continue".
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EricStruelens est de retour en Belgique. Temporairement, du moins: les vacances lui offrent l'occasion d'occuper la maison qu'il a fait construire à Braine-l'Alleud. Une chose est sûre, toutefois: il ne retournera pas à Madrid."J'ai dit au revoir à tous mes voisins, là-bas. Les formalités administratives sont remplies également. Je suis parti avec un petit pincement au coeur, car j'avais fait la connaissance de gens que j'ai appris à apprécier et que je ne reverrai plus, ou alors très rarement. Mais la vie continue". Certains différends avec le coach italien Sergio Scariolo sont à l'origine du divorce. "De toute façon, la dernière fois que je me suis entretenu avec lui, en juin, il m'a précisé que j'étais trop cher. A partir de là, j'ai bien compris que la séparation était la seule issue possible. Alberto Herreros, un monument du basket espagnol, s'est lui aussi vu signifier qu'il pouvait se chercher un autre club alors qu'il lui restait une année de contrat. Sans doute pour réduire la masse salariale. Le Real Madrid envisage de réduire le budget de sa section basket. Les ambitions, forcément, seront également revues à la baisse. Le nouveau président, Florentino Perez, a moins l'esprit omnisports que son prédécesseur, Lorenzo Sanz. Ce dernier était d'ailleurs présent lors de la manche décisive des playoffs, au contraire du président en exercice. C'est significatif. Florentino Perez a décidé de mettre le paquet sur le football. Il a déjà laissé tomber d'autres sections. Je ne pense pas qu'il fera carrément une croix sur le basket, car le Real Madrid est tout de même un club historique au niveau FIBA également, mais il ne jouera probablement plus un rôle aussi dominateur que par le passé ". Après avoir, cette saison, compté un moment deux joueurs belges dans son effectif, le Real Madrid n'en comptera donc plus aucun la saison prochaine. "Lorsque Raul Lopez s'est blessé, j'avais signalé à la direction que Jean-Marc Jaumin était libre", rappelle Eric Struelens. "Mon message avait été entendu puisque Jimmy a débarqué. Après deux mois, Sergio Scariolo a cependant estimé qu'il lui fallait un meneur de jeu plus tonique et plus prolifique. Jean-Marc Jaumin n'avait pas succédé au premier venu: Raul Lopez s'apprête à partir en NBA, chez les Utah Jazz. Son séjour au Real Madrid fut de courte durée, mais je crois qu'il ne l'oubliera jamais. J'ai été un peu étonné d'apprendre qu'il avait signé à Mons, car il avait des propositions de l'étranger. Mais d'un autre côté, je peux comprendre qu'il avait besoin de stabilité: lorsqu'on est passé, au cours d'une même saison, de Patras à Madrid, puis à Las Palmas, on aspire à se trouver une résidence fixe. Alors, si on lui propose un beau contrat de trois ans en Belgique, pourquoi pas?" L'année du centenaire fut un flopEric Struelens, lui, n'envisage pas encore de revenir au pays. "Je suis ouvert à tout, mais aucun club belge ne m'a fait de proposition à l'heure actuelle. J'ai en revanche des contacts avec de très bons clubs européens: Malaga, Valence, Taugrès Vitoria, Fortitudo Bologne, AEK Athènes... et un autre dont mon manager m'a demandé de ne pas parler mais qui pourrait peut-être se révéler le plus concret. J'ai soumis mes conditions, j'attends de recevoir des contre-propositions. A moins que l'un de ces clubs n'accepte sans réticence. Dans ce cas-là, je signe tout de suite". Eric Struelens ne devrait pas tarder à être fixé. Peut-être, d'ailleurs, connaît-il déjà sa prochaine destination au moment où cet article est publié. Il aura donc passé quatre années au Real Madrid. Un exploit pour un petit Belge. "Mes meilleurs souvenirs? Le titre remporté en 2000 sur le terrain de Barcelone et le professionnalisme à outrance que j'ai découvert. Un joueur, là-bas, ne doit songer à rien d'autre qu'à jouer au basket". Jusqu'à présent, il était toujours descendu un peu plus vers le sud et avait été champion avec tous les clubs où il a évolué: Malines, Charleroi, Paris et Madrid. Mais il quitte le Real après une saison en demi-teinte. "Cela arrive", relativise-t-il. "A Malines aussi, j'avais quitté le club après une saison difficile. Le club se liquéfiait. Il n'y a qu'à Charleroi et à Paris que j'étais parti après un titre".Cette année 2002 devait être faste pour le Real Madrid, qui fêtait son centenaire et était bien décidé à mettre les petits plats dans les grands pour célébrer l'événement. Si la section football a pu se consoleravec la Ligue des Champions après avoir loupé le titre et la Coupe du Roi, la section basket a tout raté: pas de Final Four en Euroligue, une élimination en quarts de finale de la Coupe du Roi des oeuvres d'Estudiantes et une autre élimination en quarts de finale des playoffs, toujours des oeuvres d'Estudiantes, qui s'est érigé en bête noire. "Nous avions pourtant une très forte équipe", estime Eric Struelens. "Des joueurs comme Dragan Tarlac, Zan Tabak et Sacha Djordjevic figurent parmi les meilleurs d'Europe à leur poste. La saison avait bien débuté. Puis, progressivement, l'infirmerie s'est remplie. L'équipe n'a pas été épargnée par les blessures, et même au sein d'un effectif pareil, cela se ressent. Estudiantes n'était pas plus fort que nous mais a su profiter de nos errements. En Euroligue, nous avons loupé le coche à domicile. Cinq défaites dans notre salle (trois lors de la première phase: CSKA Moscou, Panathinaikos et Novo Mesto; et deux lors de la deuxième phase: Perm et Kinder Bologne), c'était trop. Le plus curieux, c'est que nous avons battu toutes ces équipes-là chez elles. En déplacement, nous ne nous sommes inclinés qu'à deux reprises: à Pau-Orthez et au Fortitudo Bologne. Je n'ai pas d'explication à ce phénomène". Plus jamais en équipe nationaleUn petit vide subsiste sur le palmarès d'Eric Struelens: il n'a jamais remporté une Coupe d'Europe. "Cela peut encore venir", sourit-il. Autre petite lacune: le pivot bruxellois n'aura jamais connu la NBA de l'intérieur. Et, à 32 ans, il est sans doute trop tard. "J'aurai tout de même affronté Michael Jordan lors du McDonald's Open, en 1997 à Paris", rappelle-t-il. "Cela reste un souvenir marquant". Il n'aura jamais non plus, et c'est plus étonnant pour un joueur de son calibre, connu le vrai bonheur en équipe nationale. Il s'en est fait une raison: la page est définitivement tournée. "J'ai encore rencontré Lucien Van Kersschaever, récemment: il a essayé de me convaincre de la qualité de la nouvelle structure mise en place. Je suis persuadé, aussi, que Giovanni Bozzi m'inclura dans la liste des 24 joueurs présélectionnés pour la prochaine campagne. Ou alors, il inscrira 23 noms et laissera une case blanche, au cas où... Je veux bien croire que le nouveau management team est animé d'intentions louables, mais ma décision est prise: des jeunes pointent le bout du nez, il faut leur laisser la place et préparer la génération future. J'ai eu mon compte..." Les incidents de la campagne précédente, et particulièrement les déplacements en Macédoine et en Ukraine, auront été les gouttes d'eau qui ont fait déborder le vase. Depuis la nuit des temps, Eric Struelens entretient une relation d'amour et de haine avec l'équipe nationale. Lorsqu'on lui demande s'il peut relater au moins un bon moment passé avec les Belgian Lions, il doit fouiller très profondément dans sa mémoire. "Il y a eu la qualification pour l'EURO 1993 à Berlin. J'étais encore jeune, à l'époque: je jouais avec Rik Samaey. Depuis lors, j'ai beau chercher, je ne trouve pas". Déjà, à Berlin, un incident avait éclaté pour une sombre histoire de paires de chaussures. Un incident qui l'a toujours poursuivi et que l'on n'a jamais manqué de lui rappeler par la suite, lorsque des divergences de vues ont surgi. "Je sais ce que certains pensent de moi: je suis un joueur à problèmes. Tant pis si je ne plais pas à tout le monde. J'ai fait ma carrière".N'aurait-il pas mieux valu opposer, plus tôt, un non catégorique aux sollicitations de l'équipe nationale, au lieu de répondre par un oui, mais prononcé du bout des lèvres? "Peut-être, mais à chaque fois, ma fibre patriotique a pris le dessus. J'avais envie de bien faire. Le maillot des Belgian Lions ne me laisse pas insensible. Je suis parfois venu jouer contre l'avis du Real Madrid. Mais, à chaque fois, je suis reparti déçu". Et puis, il y a l'amateurisme de la fédération. "Lorsque nous sommes allés jouer à Skopje, en Macédoine, on a voulu nous héberger dans un hôtel minable. Il y a, effectivement, une règle établie qui veut que dans les compétitions internationales, l'équipe locale prenne en charge l'hébergement des visiteurs, qui lui rendent la politesse lors du match retour. J'étais le capitaine de l'équipe et j'ai refusé que nous dormions dans l'établissement qui nous avait été attribué. Avec l'un ou l'autre dirigeant, nous sommes partis faire un tour de ville à la recherche d'un gîte plus convenable. Nous avons découvert un 5 étoiles, mais j'ai vu d'emblée le trésorier sortir sa calculette pour voir combien d'argent il aurait dû débourser en plus. Finalement, nous avons trouvé un troisième hôtel, moins cher et acceptable. Pour le voyage en Ukraine, on avait laissé entendre qu'un cuisinier ferait partie de la délégation. Au moment d'embarquer, il n'était pas à l'aéroport et je m'en suis inquiété. On m'a répondu que le budget ne permettait pas l'engagement de cette personne supplémentaire".La fédération belge n'a pas les moyens financiers du Real Madrid et il y a un budget à respecter. "Je le comprends très bien", clame Eric Struelens. "Je suis belge, moi aussi. Je connais le pays d'où je viens et je sais que la fédération ne roule pas sur l'or. Mais il y aurait moyen de placer les joueurs dans de meilleures conditions sans pour autant dépenser des fortunes".Des exemples? "Lorsque Jean-Marc Jaumin a débarqué au Real Madrid, il a été tout étonné de devoir porter le costume-cravate lors des déplacements. Pour le club, c'est une question de standing. Certains diront que ce sont des détails, mais l'équipe nationale aurait déjà plus fière allure si tous les joueurs étaient habillés convenablement. On pourrait aussi prévoir un préposé au matériel. Quelqu'un qui préparerait les équipements avant l'entraînement et les récupèrerait après, pour les porter au lavoir. Cela pourrait, à la limite, être un bénévole ou un pensionné. Un petit pourboire, ou le fait de pouvoir accompagner l'équipe lors des déplacements, ferait déjà le bonheur de plus d'un. Il faudrait aussi en finir avec le règne de l'improvisation. Lorsqu'on voyage dans les pays de l'Est, on sait qu'on s'expose à des désagréments. Ne pourrait-on pas envoyer quelqu'un en reconnaissance, une ou deux semaines avant le match, pour voir si l'hébergement et la nourriture répondent aux critères souhaités? Actuellement, on découvre l'hôtel lorsque l'équipe arrive sur place. Et, s'il n'est pas confortable, on n'a guère d'alternative. Mais tout cela est sans doute trop compliqué. Je sais déjà que certains ont peur de devoir aller jouer en Israël, en novembre. Pourtant, les grands clubs et la fédération israélienne ont leur propre service de sécurité. On ne risque rien".Eric Struelens, de toute façon, ne sera pas du voyage. Même s'il se déclare toujours prêt à aider l'équipe nationale et le basket belge dans son ensemble. "Si on me demande d'intégrer le staff pour mettre mon expérience au service des jeunes, par exemple, je ne dirai pas non. Mais, comme joueur, c'est terminé. Définitivement". Daniel Devos"Van Kersschaever a récemmentessayé de me convaincre de rejouer en équipe nationale"