En quarts de finale, Justine Henin avait rendez-vous avec Nadia Petrova, 19e joueuse mondiale et, surtout, tombeuse de Kim Clijsters (BEL, WTA 15) sur le score sans appel de 6-0 6-1 ! On se demandait donc comment la Rochefortoise allait se comporter face à la Russe qui avait aussi pris la mesure de sa compatriote Svetlana Kuznetsova, troisième joueuse de la planète.
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En quarts de finale, Justine Henin avait rendez-vous avec Nadia Petrova, 19e joueuse mondiale et, surtout, tombeuse de Kim Clijsters (BEL, WTA 15) sur le score sans appel de 6-0 6-1 ! On se demandait donc comment la Rochefortoise allait se comporter face à la Russe qui avait aussi pris la mesure de sa compatriote Svetlana Kuznetsova, troisième joueuse de la planète. Petit à petit, le slice et l'intelligence de Juju ont réussi à déstabiliser la Russe qui basa trop son jeu sur la puissance. 7-6 7-5 et Justine se qualifia pour la demi-finale où elle joua le match le plus aisé depuis son retour à la compétition. La Chinoise Jie Zheng n'a jamais eu la possibilité d'entrer dans ce match. 35e mondiale, elle développe un jeu d'un classicisme tel que Justine s'est amusée du début à la fin, s'appuyant sur les envois tendus mais trop simples de sa rivale asiatique. 6-1 6-0 et Justine était en route pour sa 12e finale de Grand Chelem, là où tout a basculé. Car l'Américaine Serena Williams, bien qu'étant numéro 1 mondiale, était tout à fait à la portée de notre compatriote qui semblait trop satisfaite d'être là. Avant la finale, elle n'a pas dit " Je vais me battre ", mais " Le rêve continue " et laissa clairement entendre qu'elle n'était pas favorite. Or, ce titre n'était pas une utopie. Il est de bon ton d'insister un peu partout dans la presse sur l'extraordinaire retour de Justine mais on a toujours pensé qu'elle serait tout de suite capable de gagner des tournois majeurs. On est donc d'accord avec elle quand elle affirme n'y avoir pas assez cru. Si elle s'était montrée un rien plus agressive et audacieuse sur les nombreuses opportunités qu'elle a eues face à Wiliams, elle se serait imposée. Allons même plus loin : Henin aurait pu (dû ?) gagner à Brisbane ET à Melbourne. Elle a, rappelons-le, bénéficié de balles de match face à Kim Clijsters à Brisbane et a eu des balles de 2-0 dans le troisième set à Melbourne. A nos yeux, Justine est déjà la meilleure joueuse du monde et doit simplement accepter qu'elle est la favorite de TOUS les tournois auxquels elle participe. Serena Williams est une méga-championne qui n'abdique jamais. Mais si on regarde ses performances face à la Biélorusse Viktoria Azarenka (WTA 7) ou la Chinoise Na Li (WTA 16), elle n'était pas flamboyante. En finale, elle n'a pas proposé son meilleur tennis même si, une fois de plus, son service et sa volonté ont fait la différence. Clijsters sera aussi une adversaire redoutable pour Henin, mais une joueuse qui a gagné sept tournois majeurs n'a d'autre choix que de monter sur le court en se persuadant qu'elle va gagner. S'il y a la moindre retenue dans son esprit, elle risque de laisser passer des opportunités. Henin est une joueuse hors du commun, une affirmation renforcée par ses magnifiques prestations face à Elena Dementieva (RUS, WTA 5) ou Yanina Wickmayer (BEL, WTA 16). Mais, quand on est une joueuse hors du commun, on ne peut pas se contenter d'une finale... par patrick haumont - photo: reuters