Il connaît l'odeur de la pelouse mais Lars-Christer Olsson l'admet : il a été meilleur dirigeant. Agé de 53 ans, il a été secrétaire général de la Fédération suédoise de 1991 à 2000, date à laquelle l'UEFA a frappé à sa porte.
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Il connaît l'odeur de la pelouse mais Lars-Christer Olsson l'admet : il a été meilleur dirigeant. Agé de 53 ans, il a été secrétaire général de la Fédération suédoise de 1991 à 2000, date à laquelle l'UEFA a frappé à sa porte. Lars-Christer Olsson :, L'ancien secrétaire général Gerd Aigner m'a téléphoné. J'ai entamé ma carrière à l'UEFA comme directeur du foot pro et du marketing. Je suis devenu secrétaire général le 1er janvier dernier. Non, je n'avais pas besoin d'une longue préparation. Ce poste correspond exactement à ce que j'en attendais. Aigner mérite un grand coup de chapeau pour la manière dont il a mué l'organisation en machine moderne. Il a amené une série de spécialistes à l'UEFA. C'est la principale différence par rapport à quatre ou cinq ans d'ici. L'UEFA était dirigée par les commissions, ce qui ralentissait le processus de décision. Nous avons choisi de modifier notre communication. L'UEFA a toujours été une organisation prudente mais elle n'a pas toujours été aussi proactive qu'elle l'aurait pu être. Les mesures disciplinaires constituent l'essentiel de ce qui paraît au sujet de l'UEFA, ce qui génère une image négative. Ainsi, il est plus facile à la FIFA de diffuser une image positive et de communiquer au sujet d'idées. L'UEFA est plus pragmatique. Certainement. La mise sur pied de la Ligue des Champions en constitue le plus bel exemple. Au début, la réforme de la C1 était tout, sauf évidente mais l'événement a grandi après deux ou trois ans pour devenir la compétition de clubs la plus importante du monde. Nous travaillons aussi autrement qu'avant pour l'EURO. Au niveau de l'organisation, par exemple. Dans le passé, nous laissions l'organisation de l'EURO à un comité local, comme le fait la FIFA avec la Coupe du Monde, mais nous avons délaissé cette piste. Nous organisons tout nous-mêmes au Portugal. A cette fin, nous avons mis sur pied un comité de collaboration avec la Fédération locale et les pouvoirs publics apportent aussi leur pierre. Nous travaillons plus efficacement. Pour la première fois, nous conservons aussi les droits de marketing, ce qui nous rapporte trois fois plus que durant l'EURO belgo-néerlandais. Nous réinjecterons ces sommes dans le football européen. Durant les quatre prochaines années, nous allons répartir 320 millions d'euros entre les associations membres de l'UEFA dans le cadre du programme HatTrick. Aucun autre sport en Europe n'approche une somme d'une telle ampleur. Même la FIFA, globalement, n'atteint pas de tels montants. Non, uniquement du championnat d'Europe des Nations. Le Portugal a accompli un travail fantastique : il a érigé dix nouveaux stades en peu de temps alors qu'il ne compte que dix millions d'habitants. Tout, de l'infrastructure sportive aux voies rapides qui y mènent, est d'une qualité incomparable. Les clubs portugais vont bientôt évoluer dans un cadre totalement différent. Désormais, en matière d'infrastructures, le Portugal émarge à l'élite européenne. Si les clubs parviennent à retrouver leur niveau d'antan, le Portugal redeviendra une grande nation sur notre continent. Nous avons fait tout ce qui était possible. Les fédérations des pays participants sont responsables des gens auxquels elles ont vendu des billets. Nous avons réuni les différents pouvoirs publics et le Portugal a été très dynamique dans sa collaboration avec les pays participants. Je signale aussi que la législation anglaise est nettement plus stricte qu'à l'EURO 2000. A cette époque, on ne pouvait empêcher les hooligans anglais de quitter l'Angleterre. J'espère maintenant que celle-ci parviendra à les contenir chez eux. D'autre part, le Portugal est un pays touristique. Beaucoup de gens y passent leurs vacances. Nous ne pouvons pas faire grand-chose si ces personnes provoquent des troubles mais nous espérons que ce ne sera pas le cas, même si nous ne nions pas l'existence de ce risque. Oui, les clubs étaient réticents à l'idée de supprimer le deuxième tour. En termes financiers, pourtant, on gagne plus d'argent par match qu'avec l'ancienne formule. Cela signifie que le changement de formule de la Ligue des Champions est apprécié par ceux qui la financent : les chaînes TV, et ce malgré la crise qui frappe le secteur. Les clubs ont évidemment une autre approche. Plus de matches signifie plus de rentrées pour eux. Cependant, un trop plein de matches entraîne une dévaluation du produit. L'UEFA a une priorité pour toutes ses compétitions : les organiser de telle sorte qu'elles conservent leur valeur. Il faut d'abord que l'événement footballistique soit crédible. On ne peut tromper les supporters. Ensuite, il faut organiser une compétition de telle sorte qu'elle continue à répondre à un besoin. Si j'étais président d'un club, je préférerais un stade plus petit mais comble à une grande arène à moitié vide. On peut transposer ce principe. Ils en veulent plus contre des adversaires importants. C'est pour ça qu'ils n'ont pas apprécié qu'on supprime le deuxième tour de la Ligue des Champions mais nous voulions alléger le calendrier. L'Europe avait déjà un calendrier international depuis une décennie, bien avant que la FIFA n'en instaure un. Les autres confédérations suivent maintenant notre exemple, comme la FIFA, mais les compétitions internationales doivent être mieux synchronisées. Les conditions climatiques sont différentes dans chaque continent mais toutes les confédérations devraient respecter le calendrier international. Je ne vois pas de problème tant que les autres confédérations organisent quelque chose pendant nos trêves hivernales ou estivales. Cette proposition ne cesse de changer. Au début, c'était un projet à grande échelle, impliquant de 12 à 16 équipes. Maintenant, il est question de six formations, ce qui nous paraît plus acceptable, même si l'Europe est opposée à un Mondial des clubs, car nous pensons qu'il n'y a pas de place pour une telle organisation et que nous ne voyons pas non plus la nécessité de cette compétition. Pour nous, les joutes entre clubs sont l'affaire des confédérations mais le congrès de la FIFA a pris une décision et nous nous inclinons face à ce processus démocratique. Nous n'agirons plus contre un Mondial des clubs. Ce qui comptait à nos yeux, c'était avant tout de diminuer le nombre de participants. Nous verrons bien. Nous avons un contrat à long terme avec la CONMEBOL. Il stipule que jusqu'en 2006, nous jouons un match au Japon en décembre, chaque année. Comme nous respectons toujours nos contrats... Pour moi, le G 14 est un groupe de clubs aux intérêts économiques communs. En soi, ce n'est pas un problème et le G 14 peut £uvrer comme groupe de lobby mais jamais nous ne le reconnaîtrons comme partie de notre structure formelle. Si nous avons instauré un forum des clubs, c'est pour discuter avec les clubs qui participent à nos compétitions. Nous ne pouvons évidemment communiquer avec chaque club en particulier. C'est pour ça que nous avons choisi un ou deux représentants par fédération. Le forum des clubs compte actuellement 102 membres. Nous ne négocions pas au sujet de nos projets et décisions avec le G 14, même si la plupart de ses clubs se retrouvent dans le forum. Il fallait agir car la valeur économique de la Coupe UEFA a chuté de 20 % en cinq ans, suite au développement de la Ligue des Champions et nous devons rétablir l'équilibre. Fin mai, tous les clubs qui le voulaient devaient rentrer une demande de licence. Nous avons établi différentes dates en fonction du pays et de la fédération. A cause de la licence européenne, l'attention se focalise sur une renégociation des salaires des joueurs et le paiement des arriérés dus sur d'anciens transferts. Donc, la licence a déjà des effets. Je ne connais pas la gravité de la situation des clubs italiens qui sont qualifiés pour des compétitions européennes. Je pense que l'état financier des clubs moins bien cotés en championnat est plus préoccupant. D'autre part, les cercles italiens ont toujours été maîtres es improvisation en temps de crise. Je ne serais pas surpris s'ils trouvaient une fois de plus une solution. D'accord, nous ne connaissons pas encore les résultats de cette enquête et je pense qu'elle risque de durer des années. Il est d'ailleurs étrange que le président de la fédération française ait émis des critiques. C'est à l'UEFA de juger si elle doit se faire du souci à propos du bon déroulement de l'opération dans un pays déterminé. Une des règles du système des licences prévoit que nous avons toujours le droit d'intervenir. Nous pouvons engager un auditeur externe. Cette machine est déjà installée. Il nous suffit d'appuyer sur un bouton pour quelle se mette en marche. Nous avons une arme fantastique : l'exclusion d'un club de nos compétitions. On ne peut imaginer arme plus efficace. Un club doit résoudre son problème, sous peine d'être exclu... Nous coordonnons notre programme HatTrick et le programme d'assistance de la FIFA. En unifiant nos systèmes de contrôle (vérifier si les fédérations gèrent correctement leur argent), nous épargnons de l'argent. Nous avons également mis sur pied une approche commune pour l'accréditation des terrains artificiels. La FIFA a le droit de prendre ses propres décisions en la matière. La sécurité pose problème en Israël. Il y a une grande différence entre des matches internationaux et des joutes de clubs. Il est plus facile de mettre sur pied des mesures de sécurité pour les matches de l'équipe nationale. Dès que la situation se sera normalisée en Israël, nous y enverrons à nouveau des équipes avec joie. Le football a l'avantage d'avoir des millions de pratiquants. On trouve donc toujours des gens au passé de joueur ou d'arbitre. Je pense notamment à Mark Palios, de la FA. Il a été footballeur professionnel, a ensuite fait carrière comme comptable et est revenu au football. Pour un administrateur du football, il est toujours intéressant d'avoir humé l'odeur du gazon. En pratiquant le football, on apprend aussi à travailler en équipe. Keir Radnedge, ESM" EN INFRASTRUCTURES, le Portugal est à la pointe de l'Europe pour des années "