Pour doubler la mise, Manchester City devra refaire le même coup. En mieux. Car, si la saison dernière, City avait repris huit points en six matches, son retard sur ses voisins d'United s'élève désormais à 12 points. Pourtant, les champions en titre semblaient avoir retrouvé une partie de leur jeu, lors des mois délicats de décembre et de janvier. Quatre victoires d'affilée et un jeu qui, par moments, ressemblait à celui déployé en début de saison dernière. Par moments, seulement, car, et c'est bien là le problème, City n'a jamais semblé en position de force. Depuis le début de la saison, les interrogations demeurent. Où est passée la tempête offensive de la saison dernière ?
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Pour doubler la mise, Manchester City devra refaire le même coup. En mieux. Car, si la saison dernière, City avait repris huit points en six matches, son retard sur ses voisins d'United s'élève désormais à 12 points. Pourtant, les champions en titre semblaient avoir retrouvé une partie de leur jeu, lors des mois délicats de décembre et de janvier. Quatre victoires d'affilée et un jeu qui, par moments, ressemblait à celui déployé en début de saison dernière. Par moments, seulement, car, et c'est bien là le problème, City n'a jamais semblé en position de force. Depuis le début de la saison, les interrogations demeurent. Où est passée la tempête offensive de la saison dernière ? La scène se passe début janvier, à l'entraînement. Roberto Mancini demande aux joueurs concernés de construire un mur. Le même exactement que celui qui avait été déployé lors de la défaite de City face à United (2-3), dans les arrêts de jeu, sur le coup franc victorieux de Robin Van Persie. A une exception près : Samir Nasri (qui s'était retourné complètement sur la phase) a été remplacé par James Milner. Mancini éructe, crie et prend le ballon. Là, il pilonne le mur de frappes. A plusieurs reprises. Pas question pour les joueurs de se retirer. Ils doivent apprendre à encaisser les frappes de Mancini. Pour que le but de Van Persie ne se reproduise plus en match. Cela dénote un souci du détail de la part de Mancini mais également une certaine fébrilité, visible au centre d'entraînement de Carrington. Quelques jours plus tôt, le groupe avait déjà dû séparer leur manager et Mario Balotelli, symbole de cette année de confirmation compliquée, qui en étaient venus aux mains. City ne vit pas dans la sérénité. Cela se sait et se voit sur le terrain où les Sky Blues ont du mal à reproduire la maestria de la saison dernière. En cause ? Une inefficacité devant et derrière. La défense a d'abord posé problème. City avait dû attendre son 7e match de championnat (son 11e de la saison, toutes compétitions confondues) avant de présenter sa première clean sheet. Pas un hasard, tant les piliers affichaient un niveau pitoyable.Comme le gardien Joe Hart, impeccable l'année du titre, mais coupable de quelques approximations, comme lors de la défaite en décembre face à Sunderland (1-0) sur le but d'Adam Johnson. Mancini n'a pas manqué de le lui reprocher. Hart s'est ressaisi avant de replonger, la semaine dernière, contre Southampton (3-1). Notre compatriote, Vincent Kompany, a également été dans le viseur de la presse anglaise. Surtout en début de saison lorsqu'il rentrait de bien pâles copies. Les critiques ont titillé l'orgueil du capitaine de City qui a retrouvé toute sa splendeur en janvier. Et avec un bon Kompany, c'est toute la défense qui tient bon, comme on a pu le constater lors des six clean sheets d'affilée, en janvier. Sa blessure a de nouveau fragilisé l'équilibre défensif. Mancini a hésité entre la titularisation du jeune Matija Nastasic et le recul de Javi Garcia. Il a essayé les deux options et City a pris cinq buts en deux rencontres. Mais pourquoi cette armada a-t-elle montré une telle inconstance durant cette campagne ? Il faut chercher l'explication dans l'avant-saison. " Je pense que Mancini fait partie de la catégorie des entraîneurs qui veulent prendre toutes les précautions nécessaires ", explique Rory Smith, journaliste au Times, " Il veut avoir une solution à toute éventualité. Cela signifie qu'il a passé une grande partie de la préparation à essayer tous les schémas imaginables pour pouvoir réagir. " Et cela a continué en début de campagne. " Au lieu de gagner en capacité de réaction, cette formation a perdu sa fluidité. La saison passée, c'était une machine, particulièrement efficace tant devant que derrière. " " Quant à Mancini, sa réputation reste bonne mais on entend de plus en plus de voix s'élever contre lui. Il est très émotif, très combatif, sans doute recherche-t-il trop la confrontation. Dans le jeu, il reste trop prudent. Il est vu comme un bon entraîneur mais sans doute pas comme un des meilleurs du monde. Notamment parce qu'il revient sur des décisions prises quelques mois plus tôt. Comme le fait de reprendre Balotelli et Tevez alors qu'il avait dit qu'ils ne porteraient plus jamais le maillot de City. Cela mine son autorité. " Pour conquérir complètement l'Angleterre, Mancini doit prendre plus de risques offensifs. Contre Liverpool et Southampton, alors que son équipe était menée, il a fait monter... Maicon et Aleksandar Kolarov, deux joueurs à vocation défensive. Carlos Tevez n'apparaît plus dans l'équipe alors que c'est un gage de combativité et de danger offensif. En réclamant à cor et à cri Robin Van Persie, Mancini a banalisé ses propres attaquants, eux qui avaient pourtant marqué 93 buts la saison passée. Van Persie n'est jamais arrivé et les attaquants des Citizens ont tous marqué le pas. Selon les statistiques d'Opta, City a inscrit 18 buts de moins que la saison dernière et la faute en incombe principalement aux attaquants : Edin Dzeko en a inscrit un de moins, Sergio Agüero sept de moins ! A cela s'est ajouté l'année blanche de Mario Balotelli, qui entre ses frasques et suspensions, avait participé activement à la conquête du titre en inscrivant neuf buts. Après un Euro flamboyant, Mancini n'a pas su canaliser son attaquant italien, qui a très peu joué, ne marquant qu'un seul petit but avant de partir comme un voleur vers le Milan AC. Or, City avec Balotelli, c'était quand même 69 % de victoires (contre 59 % sans lui !). Pas de buts car peu d'assists. Ereinté après une première saison anglaise ponctuée par une victoire à l'Euro, David Silva a mis du temps avant de rayonner de nouveau. Après la 22e journée, il n'avait donné que 5 passes décisives (contre 12 la saison précédente). S'il touche davantage de ballons par matches (76 contre 72 la saison passée) et effectue plus de passes (60 contre 56), preuve de son importance dans le jeu, il est moins efficace dans ses services et à la finition. Si les Citizens sont moins fringants que la saison passée, ils le doivent principalement à la baisse de régime des individualités. Le projet de jeu continue à évoluer (ils sont plus performants dans les duels et les passes) et l'esprit de guerrier n'a pas quitté cette formation. Comme en témoigne ce qu'outre-Manche, certains commencent à nommer le Mancini Time. Cette saison, City, souvent malmené, a émergé dans les dernières minutes à six reprises (contre Reading, Tottenham, Southampton, à Fulham, West Bromwich et Liverpool) et est revenu au score à sept reprises après avoir été mené. Voilà au moins une caractéristique commune avec les voisins d'United. AVEC LA COLLABORATION D'OPTA.PAR STÉPHANE VANDE VELDECity a inscrit 18 buts de moins que la saison passée.