A dix minutes du départ, se pavaner en affirmant que personne ne vous vaincra au prologue de Paris-Nice. Terminer cinquième du Tour des Flandres et se proclamer meilleur homme de la course.... Nico Mattan est bourré d'assurance et étale des habitudes spéciales : " J'ai besoin de ça. Sinon, on ne parle pas de vous. Donc, j'essaie de me faire remarquer, comme avec cette casquette rouge à Paris-Roubaix, l'année dernière. J'aime aussi changer de coupe de cheveux ".
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A dix minutes du départ, se pavaner en affirmant que personne ne vous vaincra au prologue de Paris-Nice. Terminer cinquième du Tour des Flandres et se proclamer meilleur homme de la course.... Nico Mattan est bourré d'assurance et étale des habitudes spéciales : " J'ai besoin de ça. Sinon, on ne parle pas de vous. Donc, j'essaie de me faire remarquer, comme avec cette casquette rouge à Paris-Roubaix, l'année dernière. J'aime aussi changer de coupe de cheveux ". Nico Mattan : Oui. Les vêtements de loisirs de l'équipe devraient être mieux. Nous sommes la meilleure équipe de France, l'argent ne manque pas mais à l'aéroport, l'un a un maillot, l'autre un vieux t-shirt. Si j'étais manager, je veillerais à ce que chacun ait un beau survêtement et un costume chic. Sainz n'est pas un médecin. Il n'en a pas le diplôme. Mais c'est un grand connaisseur du cyclisme et un ami. J'ai fait sa connaissance en février 1999, alors que j'avais des problèmes cardiaques. A l'époque, quelqu'un a aussi chassé les ondes négatives de ma chambre à coucher. Je dormais au-dessus d'un croisement de conduites d'eau, ce qui était à l'origine de mes problèmes. Bernard est mon conseiller en diététique, entraînement et positionnement sur le vélo. A la veille du Tour des Flandres, j'ai bu du jus de carottes le matin et à midi. Le soir, j'ai mangé normalement. Certains jours, je ne mange rien, ou alors des pommes et des raisins. J'ai supprimé les laitages et tout ce qui vient des vaches. Pourquoi ? Je ne l'ai pas demandé à Bernard. Notez que s'il me conseille de manger des broccolis et que je cours mal, je ne le ferai plus. De Waregem à Paris-Roubaix, je me suis soigné : pas de frites, de graisses, peu de viande rouge. Après, j'ai compensé. Il faut du plaisir de temps en temps, à condition de serrer la vis le lendemain. Il faut pouvoir être extrême. La plupart des médecins disent qu'il faut boire pour nettoyer ses reins mais si on boit peu, l'urine est foncée. Donc, on évacue les impuretés. Certains boivent trois bouteilles par jour. Moi, un demi-litre, à tout casser. Un verre de vin, un coca light, un jus de fruits. En course, quatre ou cinq bidons, ce qui est trop peu. Il en faut un tous les 30 km, ce qui fait sept à huit bidons sur une course de 260 km. Parfois, j'ai des crampes, comme dans la deuxième étape de Paris-Nice. Pas grave : je visais le prologue, pas les autres étapes. Si j'avais bu beaucoup, j'aurais perdu deux secondes au contre-la-montre. Je n'ai jamais couru avec ça. En course, je peux dire, à cinq battements près, quel est mon pouls. Je progresserais peut-être de 3 % avec cet engin mais je ne veux plus entendre parler de mon c£ur, depuis mes problèmes. Si vous avez une appendicite, vous devez vous faire opérer, évidemment. Sinon, je préfère l'homéopathie. Quand j'ai mal à la gorge, je bois du jus de citron chaud. A part une sinusite chronique, je n'ai pas de problèmes. On m'a arraché une dent et sans doute un microbe s'est-il glissé dans la mâchoire car je n'ai mal qu'à la joue, pas à la tête. J'utilise des fleurs de lotus. Il faut les râper et les presser puis injecter le résultat dans le nez. Ça nettoie les sinus. Je guérirais peut-être plus vite mais les médicaments dérèglent votre organisme. Le mot le dit : antivie. Je n'en prends jamais et mes enfants très rarement. Bernard les aide aussi. Il faudrait opérer mon aînée des amygdales mais Bernard le déconseille car ça affaiblirait son système immunitaire. Les pilules homéopathiques et les gouttes qu'il fabrique ont été analysées des dizaines de fois, sans qu'on trouve quelque chose. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans. Certains rigolent de moi. J'ai confiance en Bernard. Ce serait limite. Il ne faut pas non plus exagérer. J'ai moins de contacts avec lui qu'avant. Je lui téléphone parfois avant une grande course. Avant Paris-Roubaix, il m'a dit qu'après la dixième série de pavés, je devais être dans les dix premiers car après, il se produit toujours une cassure dans le peloton. Ou il me dit comment sprinter sur la piste. Il m'a conseillé de mettre quatre kilos de pression dans les pneus alors que les mécaniciens voulaient en mettre six. Bernard s'y connaît davantage que mes propres directeurs sportifs. En fait, c'est lui qui est mon directeur technique. J'ai reculé mon siège et l'arrière est plus haut, pour exercer plus de pression avec le bassin. Sinon, je suis plutôt conservateur. Je roule depuis quatre ans avec le même modèle de chaussures. L'équipe nous demande de rouler avec de nouvelles pédales mais je préfère les anciennes. Je suis très maniaque pour toutes ces choses. Elle n'en parle guère. Je passe chaque année des tests médicaux à l'université d'Amiens. Nous pouvons travailler avec qui nous voulons. Je ne suis pas obligé de prendre certains médicaments. L'équipe s'est fâchée il y a deux ans, quand ma sinusite m'a handicapé au Tour et que j'ai refusé les antibiotiques. Cofidis reste ma meilleure équipe, mais au bout de cinq ans, j'ai envie de changer d'air. Je n'aime pas ce système qui aligne votre salaire sur votre classement UCI. Ça implique une année de stress pour grappiller des points partout. Si vous n'êtes pas dans une échappée, il faut tenter de rattraper le peloton seul. A part Peers, dans les classiques, personne n'est capable d'opérer la jonction. Certains sont trop jeunes, d'autres pas assez forts. L'équipe ne manque pas de moyens mais elle jette les jeunes dans la bataille. Pour le patron, François Migraine, voir l'équipe dans le top-dix de l'UCI est plus important qu'une victoire au Tour des Flandres ou à Paris-Roubaix. Il n'y a donc pas de vrai leader. Je peux faire ce que je veux chez Cofidis mais j'ai besoin d'un nouveau défi. J'ai peur de faire du surplace. D'un extrême à l'autre ! Ferretti tire le meilleur de ses coureurs. J'aimerais essayer. Trois ou quatre équipes m'intéressent. Ce sont de grandes équipes étrangères qui ont besoin d'un coureur comme moi. Je peux gagner un prologue comme je suis capable de porter le maillot jaune plusieurs jours dans un tour ou de finir dans le top-cinq d'une classique. (Sans ironie). C'est une belle équipe, qui a le plus beau maillot. Elle a aussi de bons vélos. Ferretti est une personnalité du cyclisme, il a du sens tactique, comme Lefevere, qui décide quand exactement il faut attaquer. Chez Cofidis, c'est trop facile. Ferretti me donnerait davantage d'ordres. Evidemment, je peux me casser la figure mais il faut goûter à tout, dans la vie. " Sainz est mon directeur sportif "