Ce soir, à la faveur de son dernier match de poule en Ligue des Champions, le RSCA jouera à l'Olympiastadion de Munich, face au Bayern, sa qualification pour les huitièmes de finale de l'épreuve, son repêchage en Coupe de l'UEFA ou, au pire, il fera ses adieux à toute compétition continentale cette saison. Avec ou sans Pär Zetterberg ? A une semaine de ce rendez-vous crucial, dans le cadre du club-house anderlechtois, le principal intéressé n'en savait trop rien lui-même, son sort dépendant du bon vouloir d'un entraîneur aux yeux duquel il n'a pas rang d'incontournable depuis son come back au Parc Astrid, l'été passé.
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Ce soir, à la faveur de son dernier match de poule en Ligue des Champions, le RSCA jouera à l'Olympiastadion de Munich, face au Bayern, sa qualification pour les huitièmes de finale de l'épreuve, son repêchage en Coupe de l'UEFA ou, au pire, il fera ses adieux à toute compétition continentale cette saison. Avec ou sans Pär Zetterberg ? A une semaine de ce rendez-vous crucial, dans le cadre du club-house anderlechtois, le principal intéressé n'en savait trop rien lui-même, son sort dépendant du bon vouloir d'un entraîneur aux yeux duquel il n'a pas rang d'incontournable depuis son come back au Parc Astrid, l'été passé. Pär Zetterberg : En débarquant ici, je savais fort bien que je ne faisais pas partie des priorités d'Hugo Broos. Après une période de préparation au cours de laquelle Walter Baseggio et moi-même nous étions relayés sur le terrain comme médians offensifs, je pensais très sincèrement que nous avions marqué des points précieux, en matière de cohabitation, lors de la deuxième mi-temps du match retour contre le Rapid Bucarest. Ce soir-là, sous notre double impulsion, ainsi que l'introduction sur le flanc droit de Christian Wilhelmsson, le Sporting était parvenu à renverser complètement la vapeur, en l'emportant finalement 3-2 après avoir été mené 0-2 au repos. En mon for intérieur, je me disais que j'avais probablement regagné mes galons de titulaire. Mais pour l'ultime joute qualificative face au Wisla Cracovie, une bonne semaine plus tard, je figurais à nouveau sur le banc. Depuis lors, j'ai souvent oscillé entre le dug out et la pelouse. Même si ces dernières semaines, suite au recours occasionnel au 3-5-2, comme contre le Brussels, Lyon ou Mons, j'ai bénéficié de davantage de temps de jeu qu'en tout début de campagne. Mais pour peu que le coach en revienne au 4-4-2, qui demeure quand même son système de prédilection, je mesure que le couperet aura toujours de grandes chances de tomber sur moi. C'est une réalité avec laquelle j'ai appris à vivre même si elle ne m'enchante pas. Je ne râlais pas tant pour mon introduction tardive au jeu que pour la perte de deux unités précieuses. A dix contre 11, nous avons gaspillé une chance unique de battre les Bavarois. J'ose espérer que ces deux points-là ne pèseront pas de tout leur poids dans la balance lors du décompte final. Sans quoi, il y aurait vraiment lieu de s'en mordre les doigts. Mais si notre aventure européenne devait se terminer dès la première phase, c'est chez nous, face aux Allemands, que nous aurions galvaudé l'essentiel et non à Gerland, comme d'autres le soutiennent. Quoique cette défaite-là me reste aussi en travers de la gorge : je n'avais pas pu exploiter une bonne opportunité en fin de rencontre. Avec plus de matches dans les jambes, je n'aurais vraisemblablement pas tiré sur Grégory Coupet. J'aurais fait un meilleur usage du ballon en le plaçant sur l'un de ses côtés. Cette approximation, c'est hélas le prix que j'aurai dû payer à une mise en train laborieuse, faute de longues apparitions sur la pelouse. J'ai toujours été un diesel, qui a besoin de temps avant de se mettre en branle. Il en allait déjà ainsi lorsque je relevais de blessure, jadis. De ce point de vue-là, mes 33 ans n'ont sûrement pas arrangé ma situation (il rit). J'ai vraiment besoin d'avoir pas mal de matches dans les jambes pour atteindre un haut niveau. Durant les trois premiers mois, j'étais loin du compte. Mes prestations contre l'Antwerp et Charleroi, notamment, étaient abominables. Par bonheur, j'ai sauvé la mise, de temps à autre, par des buts précieux. Comme ce fut le cas à Heusden-Zolder. Mais ce n'est que depuis un bon mois que j'ai le sentiment d'être à nouveau dans le bon. J'ai enchaîné les rencontres et, par là même, le rythme est revenu. Pour le garder, il convient toutefois que je joue. Et ce domaine-là est du ressort de l'entraîneur. Oui et non. Si j'avais dix années de moins, je ne supporterais pas du tout une telle situation. Car à un âge où une carrière ne fait, somme toute, que débuter, l'essentiel est bien évidemment de jouer. C'est l'époque où un footballeur a besoin de se montrer afin de faire fructifier et monnayer son talent. Aujourd'hui, j'ai franchi ce stade. Je n'ai plus besoin d'articles vantant mes mérites, dans la mesure où l'essentiel de ma carrière est de toute façon passé. Sous cet angle-là, j'ai évolué, c'est certain. Avant, j'étais beaucoup plus égoïste. Je faisais indéniablement passer mon bien-être personnel avant celui de l'équipe. Dès l'instant où j'avais bien joué, le reste n'était qu'accessoire. A la limite, j'aurais préféré que l'équipe perde avec moi plutôt qu'elle gagne sans mon concours. De nos jours, c'est différent. J'ai beau être sur le banc, je m'érige en premier supporter de ceux qui défendent les intérêts du club sur le terrain. Mais, à choisir, il tombe sous le sens que je préférerai toujours participer activement à un résultat plutôt que de me limiter à un rôle purement passif. Le dug out, je l'accepte mais je ne m'en accommoderai jamais. Ma meilleure place, c'est sur le terrain (il rit). Personnellement, il ne faut pas m'en convaincre. A mes yeux, l'équipe a bel et bien livré ses meilleurs matches cette saison dans cette configuration. Non seulement contre Lyon mais également lors de la visite du Celtic au Parc Astrid à dix et donc avec trois défenseurs... Je le dis d'autant plus aisément que cette victoire contre les Ecossais s'était forgée sans moi (il rit). Mais je peux comprendre Hugo Broos : pendant des années, tant à Bruges qu'à Mouscron, il a toujours juré par le 4-4-2, avec des résultats probants à la clé. Après des mois de tâtonnements à Anderlecht, je conçois que l'entraîneur ait voulu s'en tenir en début de saison au schéma qui avait permis au onze de base de terminer en boulet de canon la défunte compétition. Loin de moi l'idée de prétendre qu'il doit revoir sa copie à présent, sous prétexte que le 3-5-2 a démontré lui aussi toute son efficacité. Mais au moins a- t-il ses apaisements aujourd'hui en se rendant compte que le Sporting est tout à fait capable de forger un bon résultat dans pareille disposition. Et la réalité du terrain a prouvé aussi que Walter Baseggio et moi ne nous marchions pas du tout sur les pieds dans ce cas de figure. Au contraire, dans le triangle que nous formons avec Besnik Hasi, chacun d'entre nous sait parfaitement à quoi s'en tenir : l'Albanais à la base, comme pare-chocs devant la défense, Walt en tant que courroie de transmission au milieu et moi comme soutien du duo de pointe. En réalité, c'est la même disposition qu'à l'époque où Jean Dockx et Franky Vercauteren dirigeaient l'équipe. A cette nuance près qu'Enzo Scifo s'intercalait alors entre le Clabecquois et moi. Ce 3-5-2 présentait l'avantage non négligeable de permettre un plus grand déploiement offensif par rapport au 4-4-2 que le staff technique avait lui aussi utilisé précédemment. Au lieu d'attaquer avec deux ou trois joueurs, il n'était pas rare que nous nous présentions à quatre ou à cinq dans la surface de réparation adverse. Avec les morceaux d'anthologie que l'on sait : 0-6 au Standard et 2-5 contre le Racing Genk. Des scores qui parlent d'eux-mêmes. Je ne sais pas car je suis parti entre-temps (il rit). Mais l'équipe avait réalisé quelques bonnes performances, notamment lors de sa première campagne en Ligue des Champions sous la direction d'Aimé Anthuenis, lorsqu'elle avait vaincu Manchester United, la Lazio Rome ou le Real Madrid à domicile. Pendant mon absence, je n'ai assisté de visu qu'à la défaite 3-0 contre le Panathinaïkos la saison passée. Et la prestation des Mauves ne fut pas bien fameuse. Les joueurs se sont ressaisis en fin de campagne mais également au premier tour du championnat actuel. Anderlecht a, pour l'heure, la meilleure attaque ainsi que la défense la plus intransigeante. Ces données en disent long. Mais peut-être la qualité du jeu stricto sensu est-elle encore perfectible. De ce point de vue-là, Bruges et le Standard ont fait preuve d'une plus grande maîtrise que nous lors de leur visite dans nos installations. En revanche, pour ce qui est de la constance, ils peuvent prendre des leçons chez nous. Or, cette régularité est très importante dans un football à deux vitesses comme celui en vigueur en Belgique. Ici, le titre ne se joue manifestement pas lors des confrontations avec les ténors mais dans celles contre les sans-grade. Et ce sans-faute explique pourquoi nous menons allégrement la danse pour le moment. Les équipes fortes ont gardé leur niveau mais les autres ont régressé. Je ne reconnais par exemple plus du tout le Sporting de Charleroi, qui donnait toujours du fil à retordre aux meilleurs dans son stade du Mambourg. Il n'était pas le seul dans le cas car plusieurs équipes méritaient alors l'étiquette de giant-killers : le Germinal Ekeren, devenu GBA depuis lors, Westerlo, St-Trond... Aujourd'hui, ces mêmes clubs ne font plus peur. Jusqu'à présent, tous nos matches à l'extérieur se sont déroulés sans opposition sérieuse. La seule phalange qui nous a réellement donné du fil à retordre, c'était Mouscron, considéré comme la bonne surprise de la saison. On a discuté de tout et de rien. Pourquoi ? Jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours joueur et pas encore dirigeant (il rit). C'est un hasard. Le club a également engagé Christian Wilhelmsson alors que je ne le connaissais pas davantage que ces deux-là. Comme quoi, Anderlecht dispose d'un scouting performant. J'espère qu'il en ira toujours ainsi lorsque moi-même j'intégrerai cette cellule. Mais je ne suis pas pressé. Il me plairait de clôturer ma carrière avec dix titres. J'en suis à sept pour l'instant : quatre avec Anderlecht et trois avec l'Olympiakos. Il faut donc que je réalise la passe de trois en 2004, 2005 et 2006. A ce moment-là, j'aurai près de 36 ans et je serai en fin de contrat. Je verrai alors si l'envie est toujours là. S'il en est ainsi, je m'accorderai peut-être une année de plus, quitte à devoir remiser les boots du jour au lendemain si, pour l'une ou l'autre raison, rien ne va plus. Mais j'espère bien sûr ne pas en arriver là. Mon souci, c'est de prendre dignement congé du public anderlechtois. Il y a trois ans, je n'avais pu le faire car tout s'était subitement emballé dans le cadre de mon passage à Athènes. Je m'étais juré de revenir afin de remercier les supporters. Ils sont aux antipodes l'un de l'autre à tous points de vue, sauf en matière de classe intrinsèque. Mais Vince est beaucoup plus réceptif aux remarques et conseils. Si je lui dis de rester encore deux ou trois ans à Anderlecht, il le fera, soyez-en sûr (il rit). C'est vrai. Il est grand temps que je demande une augmentation (il s'esclaffe). Bruno Govers " Contre le Bayern, au Parc Astrid, ON A RATé LE COCHE "