La journée de présentation des joueurs, au bâtiment des Concerts, précédée par un entraînement sur le terrain principal du stade Jan Breydel, s'achève dans l'hilarité générale. Le ballon décisif du petit match est clairement sorti mais les coaches le valident en souriant. C'est le tumulte et certains spectateurs se demandent ce qui se passe. Björn Engels (21 ans) ne s'en laisse pas conter. Il bouscule Stan Van den Buijs, l'adjoint de Michel Preud'homme, qui conserve à grand-peine son équilibre. Une déchirure musculaire en pleine course pour le titre lui a coûté l'Euro mais après des vacances à Dubaï et aux Maldives, le grand défenseur central est manifestement parfaitement rétabli. " C'est vrai ", nous confirme- t-il après la douche, installé dans la salle de presse, à côté du bureau des entraîneurs. " Je me sens très bien. "
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La journée de présentation des joueurs, au bâtiment des Concerts, précédée par un entraînement sur le terrain principal du stade Jan Breydel, s'achève dans l'hilarité générale. Le ballon décisif du petit match est clairement sorti mais les coaches le valident en souriant. C'est le tumulte et certains spectateurs se demandent ce qui se passe. Björn Engels (21 ans) ne s'en laisse pas conter. Il bouscule Stan Van den Buijs, l'adjoint de Michel Preud'homme, qui conserve à grand-peine son équilibre. Une déchirure musculaire en pleine course pour le titre lui a coûté l'Euro mais après des vacances à Dubaï et aux Maldives, le grand défenseur central est manifestement parfaitement rétabli. " C'est vrai ", nous confirme- t-il après la douche, installé dans la salle de presse, à côté du bureau des entraîneurs. " Je me sens très bien. " BJÖRN ENGELS : J'ai vu beaucoup de matches. Ceux de 21 heures en compagnie d'amis, comme Lukas Van Eenoo et Birger Verstraete. J'ai surtout suivi les grandes nations. Les Diables Rouges, évidemment, et aussi l'Angleterre. Mon amie est originaire de Liverpool et là-bas, c'est encore plus la folie qu'ici. J'ai aussi apprécié le vécu des supporters irlandais. Mais le niveau a été décevant et il est évidemment très regrettable que la Belgique ait été éliminée de cette façon. ENGELS : Non. On m'a invité quelques fois à l'émission Panenka, sur la VRT, mais je n'ai pas accepté. ENGELS : Parce que je voulais me concentrer sur ma préparation avec mon club et que je pense plus raisonnable de ne pas faire de commentaire sur les buts encaissés, par exemple. Il aurait été fantastique de participer à l'Euro. J'aurais peut-être même reçu ma chance, mais je suis suffisamment réaliste pour dire que c'eût peut-être été prématuré. Je dois encore franchir plusieurs paliers. ENGELS : Jouer la Ligue des Champions avec le Club Bruges ou être transféré en Premier League peut m'aider à poursuivre mon développement cette saison et à atteindre un niveau supérieur. ENGELS : Je ne pense pas qu'il soit le seul. Beaucoup de footballeurs fument. ENGELS : Ça, je l'ignore. S'ils le font, c'est en privé. Je ne l'ai jamais vu ici ni en stage. ENGELS : Qu'ils le fassent si ça les aide à se sentir bien. Si l'entraîneur l'interdit, il faut essayer d'arrêter ou au moins de diminuer sa consommation. ENGELS : Non. ENGELS : (Rires) Lors d'une fête de famille, pour rire, j'en ai pris un, ainsi qu'un verre. A la Noël, il y a trois ans. Si ça fait partie de la vie de certains, ils doivent le faire, non ? Tous les footballeurs font des choses qui ne sont pas bonnes. C'est humain. On peut tout mettre en oeuvre pour son sport mais nul n'est parfait, n'est-ce pas ? ENGELS : Si je dois en citer une, c'est que je suis parfois fainéant. Je pourrais parfois en faire plus à l'entraînement. Des exercices. Il m'arrive de pédaler tranquillement en jouant avec mon téléphone. Est-ce une mauvaise habitude ? ENGELS : J'en ai besoin. ENGELS : Il ne faut pas toujours être tendu. Si je dois colorier soigneusement entre les lignes tous les jours et être parfait, je me lasse rapidement. ENGELS : Avant tout, qu'une carrière peut s'achever très abruptement. A ma troisième rechute, j'ai vraiment cru qu'elle était finie. Je cherchais une maison depuis un moment, pour investir, mais j'ai appréhendé l'achat autrement : comme une assurance pour le reste de ma vie, un toit. J'ai même cherché quelles études reprendre, pour pouvoir entamer une nouvelle vie. Lors de ma dernière rechute, j'ai vraiment été au fond du trou. ENGELS : Des larmes ? De crocodile ! Ma famille et surtout mon amie vous diront que je n'ai pas été agréable. Le football a toujours été mon rêve et il a failli se briser au moment où il se réalisait. Mon univers s'est brisé. J'ai eu le sentiment de tout perdre. C'est très dur à gérer. Au fil des jours, de semaines et des mois, l'impression de ne plus pouvoir revenir n'a fait que s'accentuer. ENGELS : J'ai beaucoup parlé, avec ma famille et mon amie, pour transposer les larmes en énergie positive et continuer à me battre, ne pas abandonner mon rêve. Mes premiers matches ont été d'un bon niveau et j'ai continué sur ma lancée. ENGELS : J'allais le faire en inaugurant ma nouvelle maison mais elle n'est achevée que depuis quelques semaines. Ça aura donc lieu dans le courant du mois d'août, une fois que nous aurons retrouvé notre routine et que j'aurai un jour de congé. Mais je ne peux pas inviter tout le monde. Dans ma quête d'aide, je suis allé à Munich et à Milan. ENGELS : Non. Je cherche encore comment je dois m'y prendre pour avoir Sky Sports. Je veux suivre tout ce qui concerne la Premier League. Play Sports diffuse surtout les matches concernant les Belges, ce qui est logique pour une chaîne belge, mais ce n'est pas toujours ce que je veux voir. Un petit derby peut être plus intéressant que Liverpool-Norwich City, par exemple. Et quand un match est fini, je veux pouvoir zapper sur un autre. ENGELS : Ça reste une option jusqu'au 31 août. J'ai toujours dit que je ne quitterais pas Bruges sans prix. Depuis, j'ai réalisé mon rêve en devenant champion avec le Club et tout le monde sait que j'ai toujours rêvé de me produire en Premier League. Mais tout dépend de l'intérêt suscité et des offres. ENGELS : On rigolerait beaucoup. Je crois qu'ils s'en accommoderaient. Je préfère transiter par un club qui ne fait pas partie du top huit, comme Everton. Un club moyen serait l'idéal. John Stones est en effet un peu le même type de joueur que moi, par sa taille, son coaching et son bagage footballistique. Mais quand je vois les joueurs qui restent à Everton, je me dis que le club possède suffisamment d'alternatives pour le remplacer. C'est peut-être un rien trop tôt pour moi. On verra bien mais en tout cas, ce qui me fait plaisir, c'est de pouvoir participer pleinement à la préparation. La saison passée, c'était une autre paire de manches et je ne l'ai pas oublié. ENGELS : Toute l'équipe y pense. Ça peut être une très belle aventure. L'objectif est de passer l'hiver en Coupe d'Europe mais ça dépend aussi du tirage au sort. ENGELS : Un club anglais, si possible Arsenal, mon club favori. Plus deux adversaires abordables. Il faut avant tout savourer cette phase de la Ligue des Champions car nous ne l'avons plus disputée depuis 2005. Ensuite, on verra si nous pouvons espérer passer un tour. Reconduire notre titre est notre premier objectif car nous n'y sommes plus parvenus depuis très longtemps. (1978, ndlr.)ENGELS : Notre équipe était parmi celles qui possédaient le plus de qualités, avec Gand et Anderlecht, mais ce qui a fait la différence, c'est notre motivation et notre forme en match. La volonté de vaincre. La façon dont chacun s'est battu, l'esprit de groupe. Le premier match des play-offs contre Ostende, à Roulers, a été décisif. Après vingt minutes, nous avons été réduits à dix mais ça ne nous a pas empêchés de gagner 0-1. Un signal. Nous avons compris qu'il fallait continuer sur notre élan. ENGELS : Nous nous y sommes tous mis. Notre coach mental, Rudy Heylen, nous a incités à entreprendre encore plus de choses ensemble pour consolider cet esprit de groupe. ENGELS : Oui, j'ai lu un truc là-dessus. ENGELS : Rudy et l'entraîneur se réunissaient avec six joueurs-clefs, régulièrement, pour parler de ce qui pouvait être amélioré sur le terrain et à côté. Nous en parlions ensuite au groupe. Je pense que nous avons pas mal progressé de cette façon. ENGELS : On l'a vu à la rage de vaincre des remplaçants. Même des joueurs écartés deux ou trois matches n'entraient pas au jeu contre leur gré au quatrième. Tout le monde a travaillé dur. Nous avons lancé ces architectes culturels en janvier et l'initiative a été très importante dans la lutte pour le titre. Je n'entrerai pas dans les détails car c'est peut-être un sujet sensible, mais notre groupe de six a très bien travaillé. ENGELS : Énormément. Nos liens se sont tissés l'année durant laquelle j'ai perdu mes grands-parents, l'un après l'autre. Ce fut une période difficile car je leur étais très attaché. Il est venu chez moi et depuis, nos liens se sont renforcés. Il a toujours été là pour moi pendant ma longue blessure aussi. Il est une personne très importante dans ma vie. ENGELS : Pendant ma blessure, je ne parvenais pas à accepter d'être si longtemps sur la touche. Je devais pourtant l'accepter pour me défaire de mon stress car il ralentit le processus de guérison. Les séances avec Rudy m'ont appris à être plus réaliste et à percevoir la vie de manière plus positive. Maintenant, je m'incline beaucoup plus facilement devant ce qui m'arrive. Je ne pense pas tout de suite à l'aspect négatif de l'événement, j'essaie d'en retirer le positif et d'aller de l'avant. Ma blessure m'a permis de progresser sur le plan humain. Ma revalidation a été extrêmement longue mais j'en suis ressorti plus fort, sportivement et humainement. L'énergie positive que j'en ai retiré me porte maintenant. Le reste coule de source. ENGELS : Son départ est regrettable mais je pense que certains joueurs resteront en contact avec lui. Moi, certainement. A 100 %. ENGELS : Non mais nous devons être assez mûrs pour le poursuivre nous-mêmes. ENGELS : Je pense qu'il peut devenir un très bon entraîneur principal. ENGELS : Nous en discutons, évidemment. Ce n'est pas à moi de faire sa publicité mais si vous me posez la question, je dirai qu'il convient très bien pour le poste. ENGELS : En tout, je pense. Tactiquement. Il est capable de souder un groupe et il est bilingue. Mais qu'il reste encore un peu à Bruges. ENGELS : Oui, mais ce n'est pas parce que Michel serait sélectionneur que je recevrais subitement ma chance. Je dois la mériter moi-même. ENGELS : Oui, depuis le décès de mes grands-parents. Ma grand-mère faisait toujours le signe de la croix sur mon front avant que j'aille au lit. Je répète ce geste par gratitude et aussi pour y puiser la force d'entamer un match. ENGELS : Oui. ENGELS : Je le garde pour moi. ENGELS : Une formation en management ou quelque chose dans l'immobilier. PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS KOEN BAUTERS" Je me lasse quand je dois colorier tous les jours entre les lignes. " BJÖRN ENGELS