A l'entraînement des Spirous, un grand noir attire l'attention. Grand! Vraiment grand : 2 mètres 13. Si son jeu comporte encore quelques déchets, il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour s'apercevoir que ce géant d'ébène dispose d'évidentes qualités. Pas seulement au niveau de la taille. Giovanni Bozzi détaille : "Il joue de la main gauche et de la main droite. Possède un bon tir. Bouge bien. Celui-là est un futur crack".
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A l'entraînement des Spirous, un grand noir attire l'attention. Grand! Vraiment grand : 2 mètres 13. Si son jeu comporte encore quelques déchets, il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour s'apercevoir que ce géant d'ébène dispose d'évidentes qualités. Pas seulement au niveau de la taille. Giovanni Bozzi détaille : "Il joue de la main gauche et de la main droite. Possède un bon tir. Bouge bien. Celui-là est un futur crack". Son nom, Didier M'Benga. Une aventure peu commune. Il est arrivé à Anvers voici peu. Réfugié politique en provenance de la République du Congo. Aimant le sport, il s'affilie par hasard à Deurne. Sa bonne étoile brille. M'Benga y fait la connaissance d'un entraîneur qui a des planches, Willy Steveniers, qui flaire le bon coup. Il en parle à Bozzi qui sans trop y croire se déplace dans la Métropole. Là, scotché à son fauteuil, le coach des Spirous n'en croit pas ses yeux. D'emblée il réalise que devant lui, se trouve peut-être un nouvel Eric Struelens. "Il paraît qu'il ne joue au basket que depuis deux ans. Si c'est exact, alors nous avons affaire à un surdoué", martèle Bozzi. "Je ne plaisante pas. Aucun joueur en Belgique ne présente un potentiel pareil. A 20 ans, sa marge de progression est énorme". En le regardant, Bozzi ne peut s'empêcher de repenser à un autre mastodonte qui lui fut jadis présenté. Il raconte cette anecdote: "On nous avait renseigné un Roumain. Je l'ai visionné. Quelle bête : 2 mètres 30. Gigantesque! Fort en plus. J'ai immédiatement convoqué Goethals, Franic et Desy pour un test. En deux contre deux, il a littéralement bouffé Goethals ce qui n'est pas un mince exploit. Nous l'avons rencontré. Nous sommes tombés d'accord. Il signait chez nous pour 25.000 francs belges par mois. Nous le prêtions à un cercle luxembourgeois. Ensuite, nous le ramenions à Charleroi, à d'autres conditions, dès qu'il obtenait la nationalité belge. Tout était OK. Il nous a juste demandé à pouvoir disputer les deux dernières rencontres européennes de son équipe, Cluj contre Pau-Orthez. Nous avons accepté. Cruelle erreur. Il a marqué 60 points sur l'ensemble des deux rencontres. Pau lui a offert un pont d'or qu'il a accepté. C'était légitime et humain bien entendu. Ce joueur, c'était Gheorghe Muresan. Par la suite, il est devenu l'un des meilleurs étrangers de la NBA en défendant les couleurs de Washington et de New Jersey. Et bien, je peux vous dire que M'Benga ne sera pas pour nous un deuxième Muresan! J'y tiens à ce grand-là. Je ne commettrai pas deux fois une erreur aussi capitale". De fait, M'Benga s'est lié en bonne et due forme à Charleroi. Le tout est de savoir où il évoluera la saison prochaine. Gilly ou les Spirous? Giovanni Bozzi se tâte : "Il n'est pas encore apte à faire la loi en D1. Sa culture tactique est quasiment nulle. Individuellement, il se montre irrésistible. Par contre, collectivement, c'est autre chose. Je n'ai aucune envie de le brûler. Cependant, je m'avoue assez tenté de le prendre dans le noyau. On verra cela un peu plus tard". Physiquement, Didier M'Benga tire un peu la langue. En attendant, il suit les séances délivrées à Gilly tout en travaillant quotidiennement avec Maître Willy Steveniers. Individuellement, s'il vous plaît! Dernier petit détail : il provient du même village que Mutombo...