Ces derniers temps, les deux principales instances du monde du football, où on retrouve parfois les mêmes personnes, sont comme chien et chat. En fait, il s'agit plutôt d'une lutte opposant deux fortes personnalités. D'un côté, Sepp Blatter, le Suisse ouvert, de l'autre, le discipliné Allemand Gerd Aigner, l'intransigeant directeur général de l'UEFA.
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Ces derniers temps, les deux principales instances du monde du football, où on retrouve parfois les mêmes personnes, sont comme chien et chat. En fait, il s'agit plutôt d'une lutte opposant deux fortes personnalités. D'un côté, Sepp Blatter, le Suisse ouvert, de l'autre, le discipliné Allemand Gerd Aigner, l'intransigeant directeur général de l'UEFA. Depuis des années, la FIFA s'oppose aux désirs de l'UEFA et exige que la fédération européenne s'incline bravement devant ses dictats, à l'instar des cinq autres continents. Mais voilà, l'UEFA, forte du soutien de richissimes sponsors, de l'apport des droits de retransmission et de clubs puissants, qui offrent de tels salaires qu'ils peuvent s'offrir les meilleurs joueurs du monde, fustige le manque de soin avec lequel la fédération mondiale gère ses finances. La faillite d'ISL, le partenaire marketing de la FIFA, n'est pas la seule cause de son courroux.Sepp Blatter veut donc limiter la puissance de l'UEFA au sein du Comité exécutif en diminuant de moitié le nombre d'Européens. Pour atteindre cet objectif, il devra toutefois se faire réélire fin mai, à Séoul. Pour l'instant, il conserve toutes ses chances, même si le Camerounais Issa Hayatou, président de la CAF, a également posé sa candidature. Ce pourrait d'ailleurs être également le cas du Sud-Coréen Chung Mong-Joon, un des héritiers de l'empire Hyundai, l'un des rebelles qui s'était opposé à Joao Havelange et veut faire de même avec Sepp Blatter. Il soutient Hayatou, en tout cas. Blatter a un avantage: ni l'Europe, ni l'Afrique, ni l'Asie n'ont suffisamment d'autorité pour rallier tous leurs membres aux décisions prises en plus haut lieu. En Europe, par exemple, l'opposition vient de l'Espagne, qui a été privée de l'EURO 2004 au profit du Portugal, de l'Allemagne et de quelques pays de l'Est. L'Afrique est divisée entre francophones et anglophones. En Asie, enfin, le Japon et ses alliés n'ont toujours pas digéré le fait que le Dr. Chung ait privé le Japon de l'organisation en solo de la prochaine Coupe du Monde. La bataille sera donc passionnante jusque fin mai, dans les plus hautes sphères du football mondial. La résolution de ce problème revient toutefois aux seuls entraîneurs et arbitres. Elle doit intervenir dès la formation des jeunes. Sinon, elle est inefficace.Mick Michels,