Michel Preud'homme a la classe. Il a réussi à sortir le meilleur de son groupe et ça, ce n'est donné qu'aux tout grands coaches. Car l'incompétent trouve toujours le moyen de casser son groupe. Pas de système conquérant, pas d'ambiance, pas de progressions individuelles... Rien de tout ça au Standard cette année.
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Michel Preud'homme a la classe. Il a réussi à sortir le meilleur de son groupe et ça, ce n'est donné qu'aux tout grands coaches. Car l'incompétent trouve toujours le moyen de casser son groupe. Pas de système conquérant, pas d'ambiance, pas de progressions individuelles... Rien de tout ça au Standard cette année. Le noyau des Rouches possède quelques diamants bruts : le futur Footballeur Pro de l'Année Marouane Fellaini, le Soulier d'Or en titre Steven Defour et sans aucun doute un des attaquants au plus gros potentiel de tout le royaume, Dieumerci Mbokani. Moyenne d'âge : 20 ans. Et les autres pierres précieuses, déjà plus ou moins bien taillées, ne manquent pas non plus. Le Standard est devenu un grand champion de Belgique une nuit de pleine lune. Il y a des signes qui ne trompent pas. Il n'a pas perdu une seule fois. Son titre n'est qu'une demi-surprise. Il y a presque un an, quand Anderlecht fêtait son 29e titre de champion, le titre de cette intro était " Les mauves et les Rouches sont plus proches qu'on ne le croit ". Et voici le 9e titre du Standard ! Derrière ce succès, il y a le patron du club. Celui qui a fait en sorte de garder son équipe de la saison précédente, qui a fait venir Zinédine Zidane au coup d'envoi dimanche pour remettre son trophée au jeune capitaine du Standard, qui a inauguré un centre d'entraînement moderne, qui rêve de construire un nouveau stade et qui prépare déjà depuis longtemps les prochains exploits du Standard. Lucien D'Onofrio est là depuis dix ans et est vice-président exécutif depuis trois ans. Il ne dit pas toujours ce qu'il fait, mais il a tendance à faire ce qu'il dit. Il parle peu et quand il le fait, on a donc intérêt à bien l'écouter. En mai 2007, dans une longue série d'entretiens qui mirent du temps à s'organiser tant le bonhomme se veut discret, il nous lâcha des déclarations qui sont aujourd'hui des promesses tenues ou des objectifs toujours d'actualité : " On a toujours des choses à apprendre. Si on n'a pas cette ouverture d'esprit, on ne dure pas au Standard ; il convient d'avoir l'esprit club jusqu'au bout. Il faut accepter les critiques, et que ce soit aussi un autre qui apporte quelque chose. C'est vrai à la fois dans l'équipe et au niveau de la direction. Pour moi, elle doit être un laboratoire : on y fait des expériences, on se développe. La perfection n'existe pas. En arrivant au Standard, il y a neuf ans, je m'étais dit que j'allais essayer d'y construire quelque chose... "" La Ligue des Champions est un beau spectacle où les clubs les plus importants se retrouvent sur le plan financier. C'est important mais il faut aussi que les champions des petits pays soient invités à la fête. Car en football, tout est possible avec du talent et comme il y en a partout, il faut laisser de la place aux surprises ". " En Belgique, on se plaint du niveau mais on doit surtout se demander si les clubs travaillent bien. On peut agir énormément entre le passage de la catégorie des jeunes au noyau pro. Le joueur est encore malléable à 18-20 ans. Là, on doit travailler à bon escient. En étant très pointu et en étant très large d'esprit avec le staff : en communiquant toutes les informations et en ne voulant pas s'attribuer l'un ou l'autre mérite ". " Le Standard se porte très bien financièrement. En cas de difficultés financières, les actionnaires prendraient leurs responsabilités mais ce n'est pas utile. Le budget est en équilibre et c'est la base. On tient nos promesses ". " Le Standard, c'est le directeur général ( Pierre François), le directeur technique (mon frère Dominique) et l'entraîneur (Michel Preud'homme). Je fixe les lignes de travail et s'il y a un problème, j'interviens. Si tout se passe bien, on n'a pas besoin de moi. Je passe beaucoup de temps avec Michel et les joueurs. Quand on a le football dans le sang, on a envie de sentir le terrain, de parler du foot. C'est également là qu'on se rend compte de ce qu'on peut apporter comme améliorations ". " Le plus beau compliment qu'on puisse me faire est que le Standard est bien géré. Quand je pense où le club était il y a dix ans ! On a retrouvé l'équilibre après sept ans et on est passé maintenant de 12.000 à 22.000 spectateurs de moyenne. Quelle fierté. D'avoir relancé tout ça en me basant toujours sur la même philosophie : on gagne ensemble, on perd ensemble. Ah, gagner un trophée ! Ce serait un sacré élan. Le Standard doit jouer son rôle ". On parie que, pour lui, la Deuxième Croisade a déjà commencé ? PAR JOHN BAETE