La frontière entre le Mexique et les USA a une nouvelle fois fait tristement la une la semaine passée, le président américain Donald Trump séparant les enfants des réfugiés de leurs parents pour les enfermer dans des cages. Le quotidien britannique The Guardian s'est rendu à Laredo, près de la frontière mexicaine, curieux de voir qui les habitants supportaient pendant la Coupe du Monde, les USA ayant loupé leur qualification pour la première fois depuis 1986.
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La frontière entre le Mexique et les USA a une nouvelle fois fait tristement la une la semaine passée, le président américain Donald Trump séparant les enfants des réfugiés de leurs parents pour les enfermer dans des cages. Le quotidien britannique The Guardian s'est rendu à Laredo, près de la frontière mexicaine, curieux de voir qui les habitants supportaient pendant la Coupe du Monde, les USA ayant loupé leur qualification pour la première fois depuis 1986. Laredo est hispanique à 95 %, annonce The Guardian. C'est le pourcentage le plus élevé d'une ville américaine. Un quart de la population est né dans un autre pays. Laredo est séparé de Nuevo Laredo, au Mexique, par la rivière Rio Grande (ou Rio Bravo, de son nom mexicain). L'agglomération est à mi-chemin entre San Antonio (USA) et Monterrey (Mexique). C'est donc un endroit propice aux ponts comme aux barrières. Comme les USA ne participent pas au Mondial, le marketing mise sur le Mexique. Les American Outlaws, un groupe de supporters américain, n'a pas été d'accord. " Nous déciderons par tirage au sort quel pays nous supporterons ", explique Karla Cantu. Les Hispaniques sont partagés aussi, raconte Shashi Vaswani, le propriétaire d'origine indienne du club de football local, The Heat (D4 amateur). Selon lui, les récentes mesures anti-migratoires du gouvernement Trump pourraient renforcer la fidélité des gens au Mexique mais il discerne une évolution au fil des générations. " Je pense que le rapport actuel est de 70-30 alors qu'il était de 90-10 ou même de 95-5 en faveur du Mexique. Parmi les jeunes que nous formons, c'est 50-50. 50 % d'entre eux vous diront qu'ils voudraient certainement jouer pour les USA, 25 % hésitent et les autres préféreraient El Tri. " Edith Ortiz, le manager ès marketing du Heat, considère la non-qualification des USA comme une chance perdue. " Les gens préfèrent maintenant le Mexique. Surtout les petits, qui ne connaissent rien d'autre. Les plus âgés, comme ma fille, supportent les deux. Je suis Mexicaine mais elle est née ici et elle a des sympathies de part et d'autre. Je l'ai d'ailleurs élevée en ce sens. " Le Mexique entretient soigneusement ses liens avec ses supporters américains : il a disputé plus de la moitié de ses 220 matches aux States, depuis 2007. Si on ne prend en compte que les 101 matches amicaux, on atteint même les deux tiers. Par exemple, le Mexique s'est produit à 25 reprises au Texas et 27 fois en Californie, contre 46 au Mexique.