En janvier, Jeromy Tarkon, un entraîneur des jeunes d'Idaho, a trouvé une lettre sur le pare-brise de son auto. " C'est à cause de libéraux comme toi que notre état est rempli de niggers and wetbacks (un terme péjoratif désignant les Mexicains, ndlr). " L'auteur anonyme ajoute qu'un joueur noir du Juniors FC, l'équipe de Tarkon, " a sali le terrain en y courant " et que Tarkon lui-même, s'il ne prenait garde, " pourrait bien fâcher le mauvais...

En janvier, Jeromy Tarkon, un entraîneur des jeunes d'Idaho, a trouvé une lettre sur le pare-brise de son auto. " C'est à cause de libéraux comme toi que notre état est rempli de niggers and wetbacks (un terme péjoratif désignant les Mexicains, ndlr). " L'auteur anonyme ajoute qu'un joueur noir du Juniors FC, l'équipe de Tarkon, " a sali le terrain en y courant " et que Tarkon lui-même, s'il ne prenait garde, " pourrait bien fâcher le mauvais parent ou la mauvaise famille. " En accord avec ses adjoints, l'entraîneur a décidé de placer la lettre sur la page Facebook du club. Ce n'était pas la première fois que le Juniors FC était victime de racisme. L'année passée, durant l'un des incidents, des parents de l'équipe adverse avaient crié aux gamins de huit et neuf ans : " Voilà les futurs prisonniers " et " Surveillez votre portefeuille. " Tarkon n'a d'abord pas pris la peine de signaler l'incident à l'Idaho Youth Soccer Association (IYSA). Il ne voulait pas " fâcher encore plus les gens ", a-t-il expliqué au Guardian. Mais ces incidents ne se limitent pas à l'Idaho. Ils sont monnaie courante dans tous les États-Unis. Le climat politique favorise apparemment ce courant. Entre 2015 et 2016, les cas de racisme dans le sport ont doublé et ils ont encore augmenté d'un tiers de 2016 à 2017. " Subitement, les réfugiés sont devenus un gros problème pour l'Amérique ", raconte Adin Catovic, l'entraîneur-adjoint du Juniors FC, lui-même d'origine bosnienne. " Je vis ici depuis 1993. Depuis, beaucoup de réfugiés sont venus et repartis. Certains se sont installés ici, d'autres ont rejoint d'autres états. Mais jamais encore on n'avait estimé que les réfugiés constituaient un si gros problème. " Craig Warner, le président de l'IYSA, dit au Guardian que son organisation devrait en faire plus pour lutter contre le racisme mais que c'est difficile sans preuves formelles, comme du matériel audiovisuel. Jeromy Tarkon paraît déterminé : " L'IYSA n'est pas la seule responsable. Tous les adultes devraient se comporter en modèles. Nous ne mettons pas suffisamment ce problème en exergue. Nous n'allons plus tolérer de tels comportements. Il faut que ça cesse. Nous allons tout mettre en oeuvre pour protéger nos enfants. "