Le procès concernant les abus sexuels sur des jeunes footballeurs, durant les années '70, '80 et '90, est en cours en Angleterre. L'affaire a été déclenchée en novembre 2016 par le témoignage d'Andy Woodward, un ancien joueur âgé de 44 ans, qui a confié au Guardian avoir été maltraité à maintes reprises durant sa jeunesse. Depuis lors, quelque 800 victimes se sont manifestées, impliquant plus de 300 clubs.
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Le procès concernant les abus sexuels sur des jeunes footballeurs, durant les années '70, '80 et '90, est en cours en Angleterre. L'affaire a été déclenchée en novembre 2016 par le témoignage d'Andy Woodward, un ancien joueur âgé de 44 ans, qui a confié au Guardian avoir été maltraité à maintes reprises durant sa jeunesse. Depuis lors, quelque 800 victimes se sont manifestées, impliquant plus de 300 clubs. Barry Bennell est un des accusés. Il a travaillé comme scout et/ou entraîneur des joueurs pour quatre clubs professionnels anglais : Manchester City, Crewe Alexandra, Stoke City et Leeds United. Bennell a reconnu avoir abusé de trois garçons âgés de 11 à 14 ans mais il nie toute culpabilité pour 48 autres plaintes impliquant onze gamins. Il a déjà purgé des peines de prison en Angleterre et aux États-Unis pour des abus sexuels sur des enfants mais il affirme être victime d'une campagne de dénigrement systématique. La semaine dernière, The Guardian a mis la main sur le témoignage poignant d'un ancien jeune joueur de Manchester City, qui a parlé sous couvert de l'anonymat. Il a raconté à la police avoir été abusé une centaine de fois par Barry Bennell et a dit qu'avec trois autres garçons, il devait partager la couche de l'homme dont il pensait qu'il l'aiderait à faire carrière. L'ancien joueur, maintenant quadragénaire, a dit qu'il y avait un accord tacite entre les enfants pour ne rien dire. Ils avaient peur de perdre leurs chances de jouer pour City. Il continue à frissonner quand il entend la musique que Bennell mettait pendant ses affreux jeux : Billy Ocean, le Steve Miller Band et The Incantation Song de Cacharpaya. Il ne supporte pas non plus l'odeur de l'aftershave de Kouros car elle lui rappelle Bennell. " Il était très malin : il éteignait les lumières et montait le son de la musique ", a-t-il expliqué à la police. " J'ai appris à me déconnecter quand ça se passait. Chaque fois que j'étais abusé, je fermais une partie de moi-même. Les larmes ruisselaient sur mon visage mais il s'en fichait. Rien ne l'arrêtait. " Ce témoin anonyme a d'ailleurs joué dans une autre équipe de jeunes puis il a appris que Bennell cherchait des footballeurs pour une équipe de jeunes de City. " Il nous fixait du regard comme si nous sortions du lot. Tous les gamins de onze ou douze ans veulent devenir footballeurs et tout le monde voulait donc lui plaire. Par exemple, nous voulions tous être le premier à amener les ballons dans son auto. "