En novembre de l'année dernière, Grigory Rodchenkov, l'ancien patron du laboratoire antidopage russe, qui s'est réfugié aux États-Unis, a affirmé qu'il présenterait des preuves selon lesquelles des footballeurs russes s'étaient dopés au Mondial 2014. Il a également prétendu que les autorités russes escamotaient les tests positifs des meilleurs footballeurs évoluant au pays. La FIFA a alors annoncé qu'elle aurait un entretien avec Rodchenkov. Qu'en ressort-il ? L'entretien n'a pas encore e...

En novembre de l'année dernière, Grigory Rodchenkov, l'ancien patron du laboratoire antidopage russe, qui s'est réfugié aux États-Unis, a affirmé qu'il présenterait des preuves selon lesquelles des footballeurs russes s'étaient dopés au Mondial 2014. Il a également prétendu que les autorités russes escamotaient les tests positifs des meilleurs footballeurs évoluant au pays. La FIFA a alors annoncé qu'elle aurait un entretien avec Rodchenkov. Qu'en ressort-il ? L'entretien n'a pas encore eu lieu. Travis Tygart, le responsable de l'agence américaine antidopage, l'USADA, déclare dans le New York Times que c'est " énervant ". Craig Reedie, le président de l'agence mondiale antidopage, la WADA, ne comprend pas pourquoi la FIFA n'est pas plus énergique. C'est le témoignage de Grigory Rodchenkov qui a révélé le programme élaboré de dopage en Russie. Plusieurs disciplines sportives étaient concernées, de 2011 à 2015. Ces révélations ont amené le Comité olympique international à bannir la Russie des prochains Jeux d'Hiver de PyeongChang, en Corée du Sud. La semaine dernière, la FIFA a officiellement déclaré attendre la nouvelle analyse des échantillons des sportifs russes impliqués dans le scandale avant de prendre contact avec Rodchenkov. Pendant ce temps, James Walden, l'avocat de Rodchenkov, a fait savoir que la fédération mondiale de football n'avait pas pris la moindre initiative afin de prendre contact. Tygart juge que c'est inacceptable : " Les athlètes propres et le public ont le droit de connaître immédiatement l'impact du programme russe de dopage sur le football, s'il existe. La FIFA n'a aucune excuse : elle doit contacter le principal témoin. " Les détracteurs de la FIFA pensent que celle-ci ne veut pas s'en prendre trop durement au pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde. Depuis, la FIFA a publié un agenda de l'enquête menée jusqu'à présent. On n'y trouve pas la moindre preuve de dopage des footballeurs russes. James Walden a son opinion : " La FIFA aurait aussi bien pu utiliser tout le temps et le travail consacrés à la confection de cet agenda pour décrocher son téléphone et convenir d'un rendez-vous avec le docteur Rodchenkov. " Tout cela apporte de l'eau au moulin des personnes qui affirment que la FIFA ne peut pas être réformée de l'intérieur et qu'une intervention extérieure est nécessaire. Dans les prochaines semaines, on peut s'attendre à ce que la pression croisse sur Gianni Infantino et les siens.