Edin Dzeko y raconte sa jeunesse en Bosnie. Suite à la dissolution de la Yougoslavie, la Bosnie a proclamé son indépendance en 1992 et la guerre a éclaté. Elle a duré trois ans et coûté la vie à des milliers de personnes, tout en détruisant le pays. Le footballeur, né le 17 mars 1986 à Sarajevo, a donc vécu la guerre aux premières loges. L'avant de 31 ans de l'AS Rome parle de cette époque au quotidien anglais The Guardian : " Pour être franc, je n'ai pas le sentiment d'avoir eu une enfance normale. C'était plutôt une périod...

Edin Dzeko y raconte sa jeunesse en Bosnie. Suite à la dissolution de la Yougoslavie, la Bosnie a proclamé son indépendance en 1992 et la guerre a éclaté. Elle a duré trois ans et coûté la vie à des milliers de personnes, tout en détruisant le pays. Le footballeur, né le 17 mars 1986 à Sarajevo, a donc vécu la guerre aux premières loges. L'avant de 31 ans de l'AS Rome parle de cette époque au quotidien anglais The Guardian : " Pour être franc, je n'ai pas le sentiment d'avoir eu une enfance normale. C'était plutôt une période de survie. J'étais encore un enfant quand la guerre a éclaté et je n'étais pas conscient de tout ce qui se passait mais la guerre vous mûrit. Vous devenez plus vite adulte, vous apprenez des choses que vous ignoreriez autrement et qui modifient votre façon de vivre ". " J'ai toujours aimé le football, même pendant la guerre ", poursuit Dzeko "mais je n'ai jamais rêvé de devenir une star. Bien sûr, on rêvait tous de jouer un jour pour un grand club mais moi, je voulais surtout jouer par amour du football. Je continue à le faire. Le football est mon premier amour et c'est pour ça que je ne me considère pas comme une star. J'ai simplement eu de la chance. " Pense-t-il encore souvent à la guerre ? Dzeko regarde droit devant lui puis lâche : " Je ne parle de la guerre qu'avec les journalistes étrangers. Jamais avec ma famille, ma femme, mes parents ou ma soeur. Je m'en souviens très bien, trop bien, mais je ne vois pas l'utilité d'en parler. J'ai clos le chapitre depuis longtemps. Cette terrible expérience nous a tous changés, quel qu'ait été notre âge à ce moment. À la fin du conflit, nous avons tenté de poursuivre notre vie. Pendant ces trois années, tout le monde, même les enfants, rêvait de mener une existence normale. C'est donc ce que nous avons essayé de faire ensuite. " Ce n'est pas facile dans la Bosnie actuelle. Le salaire mensuel moyen n'est que de 430 euros. Une famille sur six vit dans la pauvreté. En plus, 62,8 % des jeunes de 18 à 24 ans n'ont pas d'emploi. Dzeko est conscient des problèmes. " Ce qui me frappe quand je retourne au pays, c'est qu'il ne progresse pas. Ne me comprenez pas mal : j'aime mon pays, qui est pour moi le plus bel endroit sur Terre. Mais les gens ont du mal à nouer les deux bouts. Je déteste parler de politique mais en Bosnie, les politiciens vivent dans leur bulle, loin des gens. Il n'y a pas de système ni de plan pour améliorer la situation, offrir un avenir aux gens, qui sont de plus en plus pessimistes. Des jeunes émigrent en quête d'une vie meilleure, comme moi il y a quelques années. Assister à cet exode me fait mal au coeur. " STEVE VAN HERPE