Megan Rapinoe, l'Américaine de 34 ans, qui s'est distinguée l'été dernier durant la coupe du monde féminine, donne d'emblée le ton, dans la salle de l'hôtel parisien Westin, où se déroule l'interview. Elle arrive seule. Sans manager, sans attaché de presse. " Je suis une grande fille. Les hommes ont toujours besoin de quelqu'un parce qu'ils restent des enfants. "
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Megan Rapinoe, l'Américaine de 34 ans, qui s'est distinguée l'été dernier durant la coupe du monde féminine, donne d'emblée le ton, dans la salle de l'hôtel parisien Westin, où se déroule l'interview. Elle arrive seule. Sans manager, sans attaché de presse. " Je suis une grande fille. Les hommes ont toujours besoin de quelqu'un parce qu'ils restent des enfants. " Megan Rapinoe met les points sur les " i " : elle ne se considère pas seulement comme une joueuse de football. " Je suis aussi une activiste. Je ne peux pas me défaire de cette partie de ma personnalité. Notre titre mondial a conféré une autre dimension à la lutte pour l'égalité entre hommes et femmes. C'est pour ça que je ne dédie pas uniquement mon Ballon d'Or à mes collègues, mes entraîneurs, ma famille, mes amis et à Sue, ma compagne, mais à tous ceux qui se sont mis à part, qui se sentent différents et qui se battent. Ça peut être un jeune Noir victime de racisme, une jeune footballeuse dont on se moque, un sportif homosexuel, une employée qui mériterait d'avoir le même salaire que son collègue masculin... Ces gens ont un point commun : ils veulent mener la vie qu'ils ont eux-mêmes choisie. " Selon elle, les footballeurs masculins ont également un rôle à jouer. " Les grandes vedettes ne s'engagent pas. Raheem Sterling et Kalidou Koulibaly parlent, au moins, parce qu'ils ont été victimes de racisme, mais à part ça ? J'invite les grands noms à s'exprimer. Je me fiche bien qu'on me prenne pour une casse-pieds. " Rapinoe poursuit sur sa lancée : " Le football masculin est en proie à des problèmes mais on n'y fait rien. Est-ce parce qu'il y a tellement d'argent en jeu ? Ont-ils peur de tout perdre ? Ils le croient mais ce n'est pas vrai. Qui va rayer Ronaldo ou Messi de la planète football à cause d'une déclaration sur le racisme ou le sexisme ? Au contraire, ils jouiraient d'un soutien massif. " France Football lui demande quel message elle souhaiterait délivrer à Ronaldo, Ibrahimovic, Neymar et consorts. " Réveillez-vous, messieurs ! Soyez moins égoïstes ! Nous ne vous demandons pas de partir en croisade mais d'envoyer un tweet ou un post sur Instagram ! Ce serait très utile, compte tenu des millions de personnes qui vous suivent. Imaginez l'impact qu'aurait Cristiano Ronaldo s'il disait : Il faut investir davantage dans le football féminin. "