The Players' Tribune, le portail sur lequel les sportifs peuvent raconter leurs histoires, a publié la semaine dernière un texte de Jürgen Klopp, auquel la FIFA a décerné le trophée de meilleur entraîneur de l'année. L'Allemand y raconte une chouette anecdote : " Il faut remonter à 2011. Mon équipe, le Borussia Dortmund, allait affronter le Bayern. Nous n'avions plus gagné en Bavière depuis près de vingt ans. Je puise souvent mon inspiration dans des films et j'ai donc pensé à Rocky Balboa. Je trouve qu'on devrait passer tous les films de la série dans les écoles du monde entier. Si, après les avoir vus, vous n'avez pas envie de soulever des montagnes, c'est que quelque chose cloche en vous.

La veille au soir, donc, j'ai réuni les joueurs à l'hôtel. J'ai éteint les lumières et je leur ai dit la vérité : - La dernière fois que Dortmund s'est imposé à Munich, vous portiez encore des Pampers. Puis j'ai passé une série de scènes tirées de Rocky IV. Notamment celle avec Ivan Drago, qui court sur un tapis roulant, relié par toutes sortes de fils à des écrans d'ordinateur qu'étudient des scientifiques. J'ai dit à mes gars : - Vous voyez ça ? Le Bayern, c'est Ivan Drago. Le meilleur ! Avec la meilleure technologie ! Les meilleures machines ! Il est invincible !

Ensuite, je leur ai montré Rocky, dans sa petite cabane en Sibérie. Il abat des sapins, tire le bois dans la neige et gravit en courant une montagne. J'ai dit aux garçons : - Vous voyez ça ? C'est nous. Nous sommes Rocky. Nous sommes plus petits, oui. Mais nous sommes empreints de passion ! Nous avons un coeur de champion ! Nous sommes capables de réussir l'impossible !

Je les ai observés, guettant leur réaction. Je m'attendais à ce qu'ils soient tous excités mais ils me regardaient tous, bouche bée, les yeux en forme de points d'interrogation : de quoi parle ce fou ? Puis mon franc est tombé : quand Rocky IV est-il sorti ? Au début des années '80 ? Donc, j'ai demandé : - Qui, parmi vous, connaît Rocky Balboa ? Deux mains seulement se sont levées. Celles de Sebastian Kehl et Patrick Owomoyela. Mon speech n'avait donc eu aucun impact ! C'était le match le plus important de la saison et l'entraîneur passait dix minutes à parler de la technologie soviétique et de la Sibérie. Quelle blague, non ?

Voilà, c'est un épisode de ma vie. Les entraîneurs ne sont que des hommes. Parfois, nous nous mettons nous-mêmes dans l'embarras. Nous croyons avoir sorti le meilleur speech de l'histoire du football alors que nous avons raconté n'importe quoi."

The Players' Tribune, le portail sur lequel les sportifs peuvent raconter leurs histoires, a publié la semaine dernière un texte de Jürgen Klopp, auquel la FIFA a décerné le trophée de meilleur entraîneur de l'année. L'Allemand y raconte une chouette anecdote : " Il faut remonter à 2011. Mon équipe, le Borussia Dortmund, allait affronter le Bayern. Nous n'avions plus gagné en Bavière depuis près de vingt ans. Je puise souvent mon inspiration dans des films et j'ai donc pensé à Rocky Balboa. Je trouve qu'on devrait passer tous les films de la série dans les écoles du monde entier. Si, après les avoir vus, vous n'avez pas envie de soulever des montagnes, c'est que quelque chose cloche en vous. La veille au soir, donc, j'ai réuni les joueurs à l'hôtel. J'ai éteint les lumières et je leur ai dit la vérité : - La dernière fois que Dortmund s'est imposé à Munich, vous portiez encore des Pampers. Puis j'ai passé une série de scènes tirées de Rocky IV. Notamment celle avec Ivan Drago, qui court sur un tapis roulant, relié par toutes sortes de fils à des écrans d'ordinateur qu'étudient des scientifiques. J'ai dit à mes gars : - Vous voyez ça ? Le Bayern, c'est Ivan Drago. Le meilleur ! Avec la meilleure technologie ! Les meilleures machines ! Il est invincible ! Ensuite, je leur ai montré Rocky, dans sa petite cabane en Sibérie. Il abat des sapins, tire le bois dans la neige et gravit en courant une montagne. J'ai dit aux garçons : - Vous voyez ça ? C'est nous. Nous sommes Rocky. Nous sommes plus petits, oui. Mais nous sommes empreints de passion ! Nous avons un coeur de champion ! Nous sommes capables de réussir l'impossible ! Je les ai observés, guettant leur réaction. Je m'attendais à ce qu'ils soient tous excités mais ils me regardaient tous, bouche bée, les yeux en forme de points d'interrogation : de quoi parle ce fou ? Puis mon franc est tombé : quand Rocky IV est-il sorti ? Au début des années '80 ? Donc, j'ai demandé : - Qui, parmi vous, connaît Rocky Balboa ? Deux mains seulement se sont levées. Celles de Sebastian Kehl et Patrick Owomoyela. Mon speech n'avait donc eu aucun impact ! C'était le match le plus important de la saison et l'entraîneur passait dix minutes à parler de la technologie soviétique et de la Sibérie. Quelle blague, non ? Voilà, c'est un épisode de ma vie. Les entraîneurs ne sont que des hommes. Parfois, nous nous mettons nous-mêmes dans l'embarras. Nous croyons avoir sorti le meilleur speech de l'histoire du football alors que nous avons raconté n'importe quoi."