Varsovie (Pologne), Bâle (Suisse), Solna (Suède) et Lyon (France) ont accueilli les dernières finales de l'Europa League. L'UEFA aime pratiquer une tournante et c'est un bon principe, écrit Paul Doyle dans The Guardian. Mais il s'interroge quand même sur le choix du stade qui accueille la finale à venir : Bakou, en Azerbaïdjan.
...

Varsovie (Pologne), Bâle (Suisse), Solna (Suède) et Lyon (France) ont accueilli les dernières finales de l'Europa League. L'UEFA aime pratiquer une tournante et c'est un bon principe, écrit Paul Doyle dans The Guardian. Mais il s'interroge quand même sur le choix du stade qui accueille la finale à venir : Bakou, en Azerbaïdjan. La capitale de l'ancienne république soviétique a été choisie en septembre 2017. Le timing n'était déjà pas très bon car Bakou venait d'être secouée par le scandale de blanchiment d'argent de Laundromat : des fonds illégaux avaient été distribués dans toute l'Europe pour polir l'image internationale de l'Azerbaïdjan. Plusieurs membres du conseil de l'Europe avaient également reçu de l'argent. Le président Ilham Aliyev, au pouvoir depuis 2003, n'a pas été éclaboussé. Mieux : il a remporté les élections 2018 avec 86% des suffrages. Il n'est pas partisan de la liberté de la presse : les journalistes critiques sont menacés ou expédiés en prison. Doyle se demande si l'UEFA doit tenir compte de la situation politique d'un pays. Peut-être pas mais il est impossible de faire autrement dans le cas de l'Azerbaïdjan. Pourquoi ? Un exemple : Arsenal aligne un certain Henrikh Mkhitaryan, international arménien. L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont rompu leurs relations diplomatiques depuis le conflit des années '90 concernant le Haut-Karabagh, une région frontalière où les tensions entre Arméniens et Azéris ont atteint un point culminant. Bien que l'Azerbaïdjan garantisse sa sécurité, Mkhitaryan préfère éviter tout risque et rate donc le match le plus important de l'année. D'ailleurs, lors du tirage des coupes d'Europe, l'UEFA veille à ne pas verser les représentants des deux nations dans une même poule mais elle n'avait apparemment pas pensé à ce cas de figure. Doyle se demande d'ailleurs ce qui va se passer si l'Arménie se qualifie pour le prochain EURO puisque quatre matches vont se dérouler à Bakou. Le journaliste se fait une dernière réflexion : alors que le stade olympique de Bakou compte 68.000 places, l'UEFA n'a distribué que 13.000 billets aux deux finalistes. Pourquoi ? L'aéroport de Bakou ne peut pas accueillir plus de 15.000 voyageurs par jour. Bref, Bakou n'était pas le meilleur choix.