Certains jeunes du PSV doivent démolir des ballons à force de shooter dedans, d'autres doivent tirer vers des points précis et d'autres s'exercent à créer des brèches. Alors que la plupart des clubs se concentrent sur l'amélioration du jeu de pieds, nos voisins du nord s'intéressent à la vitesse de réaction du cerveau. Par le biais de jeux vidéo ?
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Certains jeunes du PSV doivent démolir des ballons à force de shooter dedans, d'autres doivent tirer vers des points précis et d'autres s'exercent à créer des brèches. Alors que la plupart des clubs se concentrent sur l'amélioration du jeu de pieds, nos voisins du nord s'intéressent à la vitesse de réaction du cerveau. Par le biais de jeux vidéo ? " Non, ce ne sont pas des jeux mais des tests ", précise Jurrit Sanders, un des scientifiques employés par le PSV, interrogé par le New York Times. Les tests mesurent les capacités cérébrales des joueurs : temps de réaction, vitesse dans la prise de décisions, aptitude à la concentration. Sanders : " Nous en savons beaucoup sur l'entraînement physique, tactique et technique mais nous ignorons encore beaucoup de choses sur cet aspect. " L'entraînement cérébral se heurte encore au pessimisme du monde scientifique, bien que différents sports investissent en la matière. Matt Ryan, le quarterback qui a mené les Atlanta Falcons au succès en Super Bowl, est un fan de NeuroTracker, un programme informatique qu'utilise aussi Manchester United. Si un homme est convaincu de l'utilité de l'entraînement cérébral, c'est Geert Savelsbergh, surnommé le Professeur de football aux Pays-Bas. Il a effectué une étude sur le sujet à l'université d'Amsterdam, avec l'aide du PSV et de l'AZ. Un groupe de joueurs a reçu un exercice d'analyse vidéo tandis qu'un autre était soumis à une séance d'IntelliGym, un programme d'entraînement cérébral initialement conçu pour les pilotes. Il simule un combat aérien. Le joueur contrôle une flotte avec laquelle il doit conquérir une autre. Il est confronté à toutes sortes de situations imprévues, comme des nuages qui dissimulent une partie de la flotte. Danny Dankner, le CEO d'IntelliGym, explique : " L'objectif est de tester une série d'aspects : l'anticipation, l'aptitude à partager son attention entre plusieurs choses, la perception de l'espace... " Les résultats ont été clairs : les joueurs ayant travaillé avec l'IntelliGym avaient développé 30 % d'aptitudes en plus que les autres, sur le terrain. L'AZ est enthousiaste. Marijn Beuker, responsable de la formation et de la performance à Alkmaar, le raconte au New York Times : " Nous nous considérons comme l'Apple de l'industrie du football. Nous sommes constamment en quête de nouvelles méthodes pour faire progresser nos talents. Ce n'est pas passé inaperçu : le Bayer Leverkusen et le Real Madrid ont déjà invité Beuker à partager son savoir. STEVE VAN HERPE