" On n'imagine plus qu'un dirigeant belge puisse faire plier le top du football mondial. Pourtant, c'est arrivé en 1982. Notre fédération était présidée par une sacrée personnalité malinoise : Louis Wouters, le beau-père de l'actuel numéro 1 de l'Union Belge, François De Keersmaecker. Quand Wouters faisait son entrée quelque part, cela se voyait. Les joueurs avaient peur de lui. Je ne dis pas qu'ils " faisaient dans leur pantalon " mais certains avaient quand même l'estomac noué. C'était une autre époque. Les grands problèmes ...

" On n'imagine plus qu'un dirigeant belge puisse faire plier le top du football mondial. Pourtant, c'est arrivé en 1982. Notre fédération était présidée par une sacrée personnalité malinoise : Louis Wouters, le beau-père de l'actuel numéro 1 de l'Union Belge, François De Keersmaecker. Quand Wouters faisait son entrée quelque part, cela se voyait. Les joueurs avaient peur de lui. Je ne dis pas qu'ils " faisaient dans leur pantalon " mais certains avaient quand même l'estomac noué. C'était une autre époque. Les grands problèmes se réglaient souvent à l'occasion d'un repas bien arrosé . Les méchantes langues affirmaient alors que Wouters et sa garde rapprochée étaient super entraînés. Ils avaient de la bouteille et tenaient bien la route en toutes circonstances. En 1982, la Belgique confirma son titre de vice-championne d'Europe (Euro '80) en prenant la mesure de l'Argentine, qui remettait son titre mondial en jeu au Camp Nou pour les trois coups du Mundiespaña. Ce 0-1 et le but d' Erwin Vandenbergh furent joyeusement fêtés. Puis au fil des matches, les organisateurs constatèrent avec effroi que la Belgique, la Pologne et l'URSS s'étaient qualifiées pour le deuxième tour (Groupe A). Ces trois nations avaient rendez-vous au Nou Camp (100.000 spectateurs) alors que la FIFA aurait préféré voir un autre trio dans cette arène : l'Italie, l'Argentine et le Brésil. Ces ogres devaient se rencontrer au Sarria de l'Espanyol de Barcelone (45.000 places). La FIFA tenta d'inverser les stades. Herman Neuberger, le président du Comité d'organisation, fit pression sur Wouters qui tenait à un gros avantage (les matches débutaient plus tard au Sarria et il faisait moins chaud) et ne lâcha rien. Wouters en fit une affaire de principe et remballa son interlocuteur : - Si on nous oblige à aller au Sarria, nous jouerons tout en noir pour protester sans léser personne et pour marquer le deuil de la FIFA et du football. Neuberger a eu beau affirmer qu'un geste des Diables Rouges les rendrait populaires auprès du public catalan, Wouters ne broncha pas et commanda d'urgence un jeu de maillot à Willy Gillard, le patron d'Adidas Belgique. Notre pays fut battu 0-3 et 0-1 par la Pologne et l'URSS au Camp Nou mais il a vaincu la FIFA. La présidence de Wouters (1967-1987) fut hélas marquée par le drame du Heysel. Même s'il a eu la joie de vivre l'inoubliable campagne de l'équipe nationale au Mexique (1986), les sanglants événements de 1985 le marquèrent profondément. C'était un géant : qui, de nos jours, oserait défier la FIFA comme il le fit ? " l né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic