MERCREDI 05/11/2014

Nous arrivons à la fin de la première étape, après 15.000 kilomètres et 25 jours non-stop sur l'océan. Nous avons hâte d'arriver au Cap. Je viens d'achever une garde de quatre heures sur le pont. Je suis chargé de la voilure. La fatigue se fait sentir et à peine descendu, je m'endors. Quand tout va bien, on peut dormir deux ou trois heures, en moyenne, mais nous sommes toujours en stand-by.
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Nous arrivons à la fin de la première étape, après 15.000 kilomètres et 25 jours non-stop sur l'océan. Nous avons hâte d'arriver au Cap. Je viens d'achever une garde de quatre heures sur le pont. Je suis chargé de la voilure. La fatigue se fait sentir et à peine descendu, je m'endors. Quand tout va bien, on peut dormir deux ou trois heures, en moyenne, mais nous sommes toujours en stand-by. Il est temps de me lever, de m'habiller et de manger. Notre bateau est notre maison. Nous consommons des repas lyophilisés. Heureusement, le choix est large, au petit-déjeuner : muesli, avoine ou nourriture anglaise. Des oeufs avec du lard, c'est très calorique. Nous consommons 5.000 calories par jour en moyenne. Nous sommes constamment suivis par un physiothérapeute et deux médecins. Mes efforts m'ont déjà fait perdre neuf kilos. Sciemment, j'avais pris cinq kilos avant le début de l'expédition. Au lit. Le bateau est en carbone et il fait constamment du bruit à cause des vibrations. Lever, à nouveau. Pour le repas, j'ai le choix entre des spaghettis, du poulet au curry ou un plat Stroganoff. Les options changent tous les cinq jours. J'ai le temps d'allumer mon Ipod Nano Mini, qui fait partie de mon bagage personnel. Nous avons droit à six kilos et nous emportons surtout des vêtements chauds. Pour me détendre, j'ai emmené de la musique de The National, des Red Hot Chili Peppers et de Ben Howard. Nous y sommes, avec quatre heures de retard sur les vainqueurs, le Team Abu Dhabi. Tout le monde monte sur le pont car c'est un moment fantastique, unique. La visibilité est bonne et nous nous rapprochons du Tafelberg. La déception de n'être que deuxièmes fait place au soulagement quand nous atteignons le port. On contrôle notre urine et notre sang, nous prenons une douche et nous débarrassons enfin de nos vêtements mouillés. Mon taux de fer est très bas mais ce n'est pas alarmant. On va y remédier durant la prochaine étape. Elle débute le 20 novembre et nous conduit à Abu Dhabi. Il faut que je me débarrasse de mon sentiment permanent de faim. Des compléments alimentaires et des shakes feront l'affaire. Nous n'arriverons à Göteborg qu'en juin, après neuf étapes. PAR FRÉDÉRIC VANHEULE