Même si elle reste dans l'ombre de la F1, l'endurance retrouve progressivement des couleurs, notamment grâce à l'émergence des nouvelles Le Mans Endurance Séries (LMES) qui font étape ce week-end à Spa-Francorchamps.
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Même si elle reste dans l'ombre de la F1, l'endurance retrouve progressivement des couleurs, notamment grâce à l'émergence des nouvelles Le Mans Endurance Séries (LMES) qui font étape ce week-end à Spa-Francorchamps. Cette discipline a souvent souri à nos compatriotes û Jacky Ickx, Lucien Bianchi, Olivier Gendebien, Paul Frère, Willy Mairesse û mais malgré leur talent doublé d'une solide expérience, les Marc Goossens, Vincent, Vosse, Marc Duez et autres Eric Van de Poele éprouvent quelques difficultés à perpétuer la tradition. Le dernier nommé reste confiant : les épreuves de longue haleine vont retrouver leur lustre d'antan, même si la tendance générale est plutôt au raccourcissement des courses au profit de sprints plus télévisuels... Eric Van de Poele : Mais les 1000 Km sont devenus de longs sprints ! Durant près de six 6 heures, les bagarres sont intenses à tous les niveaux. Les spectateurs présents lors des trois premières manches des LMES ne se sont jamais ennuyés ; rayon dépassements et man£uvres spectaculaires, ils ont été servis. Bien qu'engagées par des structures privées, les voitures allemandes bénéficient d'un suivi technique très pointu de la part de l'usine et sur le papier, elles restent les références. Mais la concurrence progresse à grands pas. Les Zytec sont de plus en plus rapides et pour autant que la guigne veuille bien les abandonner, elles peuvent gagner à Spa. La Pescarolo n'est jamais bien loin, de même que la Lister, et des autos comme la Nasamax ou la Lola-MG ont un réel potentiel. Et puis en GT, la bagarre Ferrari-Saleen est absolument superbe. Cela va venir. Maserati et Aston Martin vont descendre dans l'arène mais avec une grand tourisme et non un prototype. Leur objectif étant de gagner les 24 H du Mans, ces marques vont exercer un lobbying puissant afin d'obtenir une évolution du règlement permettant à une GT de triompher dans cette course qui demeure une vitrine irremplaçable. Certaines rumeurs font par ailleurs état d'un retour de Porsche ; avec un prototype ou la Carrera GT ? Mystère... En tout cas, le monde de l'endurance bouge et c'est tout profit pour les pilotes qui voient s'ouvrir de nouveaux débouchés. Notamment. J'ai 42 ans, j'estime avoir encore ma place au plus haut niveau. Mais je ne suis pas prêt à tout pour me mettre au volant d'une auto de course. C'est la moindre des choses. Les mécanos sont rétribués, les ingénieurs aussi, pourquoi devrais-je exercer mon métier gratuitement ? Je tiens à être bien compris : la course coûtant de plus en plus cher ; il est normal que je m'efforce d'intéresser des partenaires à une opération en sport automobile puis que je les mette en contact avec mon équipe. Si tout se passe bien, le deal se conclut. Mais j'estime tout aussi normal que l'équipe rétribue ma prestation de pilote. Pour moi, il y a une différence entre un gars qui s'adjuge une partie du budget alloué par le sponsor et un autre qui signe un contrat avec un team pour lequel il travaille, au même titre que les membres du staff technique, le cuisinier ou le chauffeur du camion... Ils sont rarement très rapides mais deviennent de plus en plus nombreux dans certaines séries car ils puisent dans leur fortune personnelle pour mettre sur la table des sommes difficiles à réunir par le biais du sponsoring. Il est loin le temps où il suffisait d'apposer les logos d'une firme sur les flancs d'une auto de course ou sur une combinaison pour demander de l'argent en échange. Nous vivons dans l'ère du 'business to business'. Les sociétés qui investissent dans le sport cherchent à profiter d'un événement à fort contenu émotionnel pour entrer en relations avec de possibles partenaires commerciaux. C'est vrai en auto comme en foot, en basket ou en cyclisme. Cela coûte sans cesse plus cher mais les mentalités évoluent aussi dans un mauvais sens. Les jeunes se retrouvent très tôt pris dans un schéma où ils estiment normal de payer un volant. Dès lors, les teams attendent leurs propositions et ont tendance à retenir les plus riches. Je voudrais rappeler en deux mots ce qu'est la Formula X. Le concept a été créé par Quirin Bovy, un ancien pilote liégeois, et son associé Claude Chantala que je connais depuis longtemps. Ils ont fait appel au spécialiste anglais Van Diemen pour concevoir un châssis en carbone simple et solide, ils l'ont équipé d'un moteur 2 litres proche de la série développant 200 CV, et ont habillé le tout de... deux carrosseries au choix, l'une rappelant un prototype, l'autre une monoplace. Jusque-là, rien de bien particulier. Mais en Formula X, les voitures ne sont pas achetées, juste louées à une structure unique qui en assure la préparation. Toutes sont rigoureusement identiques et c'est le talent des pilotes qui fait la différence. Pour un budget raisonnable û 9.000 euros par meeting de deux courses û un jeune peut se situer avant d'envisager un parcours dans une autre formule plus onéreuse. Et ceux qui veulent juste s'amuser dans le cadre d'organisations prestigieuses, trouvent aussi leur bonheur avec cette série. Absolument, et je me réjouis d'y assister à la bagarre qui opposera le Français Benjamin Poron, l'actuel leader, à quelques Belges très affûtés sur leur terrain, notamment Pierre-Yves Corthals. Eric FaureL'argent : " Les mécanos sont rétribués, les ingénieurs aussi, pourquoi devrais-je EXERCER MON MéTIER GRATUITEMENT ?"