La semaine passée, le documentaire Icare de Netflix sur le dopage russe et un reportage de la chaîne allemande ARD sur la couverture des cas positifs au Kenya par l'agence antidopage ont souligné, après tant d'autres révélations, la triste vérité : ces dernières années, le virus du dopage s'est propagé dans le sport.
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La semaine passée, le documentaire Icare de Netflix sur le dopage russe et un reportage de la chaîne allemande ARD sur la couverture des cas positifs au Kenya par l'agence antidopage ont souligné, après tant d'autres révélations, la triste vérité : ces dernières années, le virus du dopage s'est propagé dans le sport. Le tournoi d'athlétisme des Jeux londoniens 2012 en constitue le sommet. Les 80.000 spectateurs qui ont pris place, tous les matins et tous les soirs, dans un stade comble, ont assisté à un spectacle souvent truqué. Pourtant, le CIO, par la voix de ses anciens membres Sebastian Coe, maintenant président de l'IAAF, et de Denis Oswald, avait promis que ces Jeux seraient les plus propres de l'histoire, grâce à 6.000 contrôles, avec des méthodes plus avancées. Ça s'est avéré nettement insuffisant, d'autant que de hauts fonctionnaires de l'IAAF, parmi lesquels son président corrompu, Lamine Diack, ont couvert des cas suspects. Les chiffres sont choquants : le second contrôle des échantillons pris pendant le tournoi d'athlétisme a donné lieu à 66 cas positifs sur les 656 finalistes, soit 10 %. Au total, 87 athlètes (13%) ont été convaincus de dopage avant ou après les Jeux 2012 et plus d'un tiers des finalistes londoniens (225 sur 656, soir 34%) ont été cités dans des scandales de dopage, à moins qu'il ne s'agisse de leur entraîneur. Le 1.500 mètres féminin est le plus sale puisque cinq des neufs premières, dont Cakir Alptekin (or) et Gamze Bulut (argent) ont été contrôlées positivement et/ou sont suspendues. Sept athlètes de la finale du 4x100 mètres féminin ont été sanctionnées. Le 100 mètres masculin comptait pas mal de tricheurs aussi : des trois Américains et des trois Jamaïcains de la finale, seul Usain Bolt n'a jamais été associé au dopage. Yohan Blake, Asafa Powell, Tyson Gay, Justin Gatlin, et récemment Ryan Bailey : tous ont déjà été suspendus. La Russie est le pays le plus touché : sur les 53 finalistes olympiques, 29 ont déjà commis une infraction aux lois antidopage, dont des médaillés d'or comme Sergey Kirdyapkin (50 km marche), Tatyana Lysenko (lancer du marteau), Mariya Savinova (800 mètres) et Yuliya Zaripova (3000 mètres steeple). Après contrôle de leurs échantillons B, on leur a retiré leurs titres olympiques. Parmi les autres pays contaminés, on trouve la Turquie (4 des 9 finalistes), la Jamaïque (8 sur 21) et la Biélorussie (7 sur 14). L'IAAF insiste sur le fait qu'elle a fait le ménage depuis 2012, notamment grâce au rapport McLaren de la WADA, qui a mis à nu le système du dopage en Russie, à la suspension des athlètes russes pour les Jeux de Rio et pour le Mondial de Londres, même si certains athlètes peuvent y participer, individuellement. Sans doute les dizaines de milliers de spectateurs seront-ils moins roulés dans la farine mais dans quelle mesure ? Réponse dans quelques années. Peut-être. jonas creteur