Ce week-end, Londres sera envahie. Les routes venant du nord vont être saturées, les gares étouffées. Des hordes vont s'y déchaîner. Des effluves de bière, de l'eau dopée aux vitamines, du caoutchouc brulé par le bitume et de l'herbe fraîche exaltée par les rebonds du cuir, tels seront les ingrédients de l'odeur qui va planer sur la capitale engliche.
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Ce week-end, Londres sera envahie. Les routes venant du nord vont être saturées, les gares étouffées. Des hordes vont s'y déchaîner. Des effluves de bière, de l'eau dopée aux vitamines, du caoutchouc brulé par le bitume et de l'herbe fraîche exaltée par les rebonds du cuir, tels seront les ingrédients de l'odeur qui va planer sur la capitale engliche. A Wembley se jouent les demi-finales de FA Cup : le choc des Manchester le samedi et Bolton-Stoke le dimanche. 100.000 Mancuniens vont descendre sur la capitale et 30.000 Stokiens. Mais ce n'est pas tout : 40.000 coureurs seront aussi présents pour le Marathon de Londres le dimanche ! D'accord, les pontes de la FA ne pouvaient pas prévoir que les quatre demi-finalistes viendraient du nord. Trois de Manchester et l'autre de juste un peu plus bas, sur la route qui mène à Londres. Mais que ça tombe le jour du marathon, çà les dirigeants de la FA auraient du le savoir. Et ce n'est pas tout : la surprise des chefs, c'est que les mauvais copains de la Premier League rajoutent une grosse couche en programmant un Arsenal-Liverpool le même dimanche, à la même heure que Bolton-Stoke ! Dois-je rappeler que Liverpool se situe juste à côté de Manchester ? Ça fera quelques milliers de Scousers de plus qui vont descendre. You'll never walk alone, ça c'est sûr. Ça fait très foot belge niveau foutoir de l'organisation, vous ne trouvez pas ? Je parle pas du niveau sportif, hein ! Parce que là, on grimpe de quelques divisions. On passe du risible au comique voulu. Du : " fait c'qui peut " à " fait c'qui faut. " Le samedi : City-United. Jamais City n'a été aussi près de United. Toujours très près mais jamais devant. Là, ils auront 300 km de bitume pour oublier leur amertume, pour évacuer leur complexe. Leur chance, c'est que ça se joue dans la capitale parce qu'à Manchester, les derbys c'est toujours des drames shakespeariens avec toujours un Red Devil héroïque qui marque à la fin. 20 septembre 2009 : Owen, 96e. 17 avril 2010 : Scholes, 93e. 12 février 2011 : Rooney, 78e Des buts synonymes de victoire. De petite claque sur la tête du p'tit qui aimerait avoir l'air mais qu'a pas encore l'air. Style Benny Hill sur la tête du p'tit chauve... dégarni comme le panier à trophée de Man City. Y a deux mois, Vincent Kompany a appris que la perfection d'une prestation ne menait pas toujours à la victoire mais que la perfection d'un geste bien. Dur, cruel mais alléluia, ce samedi, son bourreau ne sera pas là. Une réaction de bourrin après avoir buté à West Ham prive Wayne de cette demi-finale. Du vrai Mickey Rooney : ça fait rire le monde entier, mais pas son petit monde à lui. Sûr qu'il s'est fait tirer les oreilles. Wayne, une vrai gueule d'acteur, mais faut qu'il apprenne à soigner ses répliques et surtout à ne plus les écrire lui-même. Son élégantissime " f.... off " qu'il a adressé aux caméras a dû créer un écho chez Sir Alex quand ce dernier a appris la suspension de son attaquant. Car sans Rooney, c'est une qualif' en points de suspension. Comme la viabilité de ce New Wembley. C'est le stade le plus cher de l'histoire de l'humanité : 1,5 milliard d'euro. Trois ans de construction. Livré avec un an de retard. Un bijou en forme de gouffre. Un joyau de la couronne que le protocole ne sait plus comment rentabiliser. La fédé anglaise a même piqué dans le budget alloué à la formation des jeunes pour payer les traites. Après, ils s'étonnent qu'il n'y a presque plus d'Anglais titulaires en Premier League. Mais y aura pas de soucis pour assouvir la formation à la consommation. Wembley, c'est 635 buvettes et 6.000 personnes y travaillent les jours de matchs. La démesure. Comme le serait une qualif' de Stoke pour la finale. Stoke-Bolton, c'est le coach Tony Pulis (qui a couru le Marathon le Londres en 2009) contre Owen Coyle (qui ne court plus mais qui est le dernier coach de Premier League à s'installer en short sur son petit banc). Parfum de tradition : c'est l'Angleterre, c'est la FA Cup. A samedi. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE, JOURNALISTE BE/TV" Si on veut rester le même, il faut rester changé " Robert Pires Rooney (suspendu pour la demi de Cup) doit apprendre à soigner ses répliques.