éa fait mal de savoir que les journalistes polonais vont s'installer dans la tribune de presse du Stade Roi Baudouin, ce soir, avec un sourire en coin. Et peut-être nous lancer, ironiquement: "On va s'occuper de... vot' cas". Un Belge qui oeuvre dans le football polonais l'a confié à Pierre Bilic (voir pages 42-43): là-bas, la saga Lommel fait rire. Les gens de ce pays ne comprennent pas que le championnat d'une nation habituée à jouer les phases finales de la Coupe du Monde soit suspendu aux décisions d'un curateur et de dirigeants qui ont méchamment prouvé leurs limites. Lommel a pris l'habitude de jouer à la carte. Monter sur le terrain ou déclarer forfait? Tout dépend du site sur lequel le match est programmé (à domicile ou en déplacement), de l'identité de l'adversaire (un sans-grade qui ne déplacera pas les foules ou un...

éa fait mal de savoir que les journalistes polonais vont s'installer dans la tribune de presse du Stade Roi Baudouin, ce soir, avec un sourire en coin. Et peut-être nous lancer, ironiquement: "On va s'occuper de... vot' cas". Un Belge qui oeuvre dans le football polonais l'a confié à Pierre Bilic (voir pages 42-43): là-bas, la saga Lommel fait rire. Les gens de ce pays ne comprennent pas que le championnat d'une nation habituée à jouer les phases finales de la Coupe du Monde soit suspendu aux décisions d'un curateur et de dirigeants qui ont méchamment prouvé leurs limites. Lommel a pris l'habitude de jouer à la carte. Monter sur le terrain ou déclarer forfait? Tout dépend du site sur lequel le match est programmé (à domicile ou en déplacement), de l'identité de l'adversaire (un sans-grade qui ne déplacera pas les foules ou un ténor susceptible d'assurer une recette convenable), du programme des Juniors lommelois (va-t-on les mettre dans la grande vitrine de la D1 ou ont-ils des perspectives plus intéressantes, comme un tournoi... amical à l'étranger), etc. Le manque de sérieux est total. Dans le pire des cas, il faudra attendre le 10 mai pour connaître tous les verdicts de notre première division. Personne n'imagine évidemment un effondrement de Bruges, mais s'il devait malgré tout se produire, on devrait patienter jusqu'à la réunion du Comité Exécutif, prévue à cette date, pour pouvoir faire les calculs définitifs en fonction de la radiation ou non de Lommel. Idem en ce qui concerne la deuxième place et la relégation en D2. N'est-il vraiment pas possible de faire progresser plus vite le dossier Lommel? En avançant par exemple la réunion du CE? Visiblement, non. Jan Peeters, le président de l'Union Belge, est formel: "Cela ne s'est jamais produit dans le passé, et si nous faisions une exception pour Lommel, nous pourrions être attaqués en justice". C'est ici qu'apparaît toute la complexité du règlement fédéral. Peeters est agressé de toutes parts et tient à mettre les choses au point: "On n'arrête pas de faire des reproches à la fédération alors que ce sont quand même les dirigeants de Lommel qui ont amené cette situation surréaliste, non?" Le 10 mai, le CE pourra décider de la radiation du club qui aura pourri tout le deuxième tour. A condition que les dettes fédérales n'aient pas été payées à cette date et/ou qu'il y ait eu trois forfaits consécutifs. Avant cette date, il n'y aura aucune avancée spectaculaire. Cette aberration nous fait penser à ce qu' Alain Courtois nous avait déclaré lors de son (furtif) retour à l'UB, après l'EURO 2000: "Nos règlements sont tellement compliqués que, moi-même, je ne m'y retrouve plus du tout". Logique: ces règlements datent de... 1895. On y a fait entre-temps tellement d'ajouts qu'aujourd'hui, une chatte n'y retrouverait plus ses jeunes. Le problème est que le processus menant à une refonte totale est terriblement lourd. "Quand j'étais secrétaire général, j'ai déjà demandé qu'on lance une procédure de simplification", signale Jan Peeters. "Ce qui se passe maintenant avec Lommel prouve bien que j'avais raison de taper sur ce clou". La fédération retravaille actuellement les textes, mais rien ne dit qu'un nouveau règlement, tout beau et tout simple, est pour demain. Car le projet définitif devra être approuvé par l'assemblée générale de l'UB pour pouvoir entrer en application. "Et là, j'ai de gros doutesparce que tout devient directement fort politique", admet le président. L'assemblée générale, c'est la représentation de tous les clubs du pays, qui confient un mandat de vote à des délégués provinciaux. Une centaine de personnes, d'où les chances limitées de parvenir à un accord final.Depuis qu'on a compris que les règlements fédéraux étaient dépassés, nos politiciens ont réussi à réviser pas mal de lois. La loi électorale, par exemple. Et des secteurs complexes ont été réorganisés. La police en est un. C'est suite à l'affaire Dutroux qu'on a compris toute la nécessité de revoir le mode de fonctionnement de nos képis, de nos bérets et de nos casques anti-émeutes. L'affaire Lommel déclenchera-t-elle, à la fédération, la même prise de conscience? Ce serait le seul point positif de cette saga qui énerve tout le monde. "Secrétaire général, j'avais déjà demandé qu'on simplifie nos règlements" (Jan Peeters)