T om Boonen était le favori et tout le monde se demandait quelle tactique employer pour contrer le champion du monde lors de cette 104e édition de l'Enfer du Nord. Dimanche, au propre comme au figuré, Boonen a été bloqué par une locomotive. L'image restera gravée : Boonen, pied à terre, attendant furieusement que le train passe, pour continuer sa poursuite. Car devant, Fabian Cancellara était parti bien à l'heure. Juste à temps pour éviter la fermeture du passage à niveau et s'en aller cueillir une victoire qui boudait la Suisse depuis 83 ans.
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T om Boonen était le favori et tout le monde se demandait quelle tactique employer pour contrer le champion du monde lors de cette 104e édition de l'Enfer du Nord. Dimanche, au propre comme au figuré, Boonen a été bloqué par une locomotive. L'image restera gravée : Boonen, pied à terre, attendant furieusement que le train passe, pour continuer sa poursuite. Car devant, Fabian Cancellara était parti bien à l'heure. Juste à temps pour éviter la fermeture du passage à niveau et s'en aller cueillir une victoire qui boudait la Suisse depuis 83 ans. Cancellara avait trouvé la clé. Comment battre Boonen si ce n'est en adoptant le même profil ? Le vainqueur du Tour des Flandres annonce haut et fort ses objectifs et aime répondre présent. Cancellara a suivi l'exemple. En 2004, alors qu'il n'était pas encore connu du grand public et que les connaisseurs ne lui avaient accolé qu'une étiquette de spécialiste des chronos, il déclara qu'une victoire à Paris-Roubaix constituait son rêve. Quatre mois plus tard, il déboulait sur le vélodrome en tête avec trois autres hommes. La Belgique était alors rivée sur les déboires de Johan Museeuw qui venait de crever pour sa dernière classique de Coupe du Monde et sur Peter Van Petegem qui se muait en compagnon d'infortune après avoir, lui aussi, connu quelques pépins techniques. Pourtant, devant, Cancellara échouait à la quatrième place, battu au sprint par Magnus Backstedt, Tristan Hoffman et Roger Hammond. Depuis lors, tout le monde savait que l'Enfer du Nord lui convenait bien. L'année passée, il décrochait une nouvelle place d'honneur (8e). Et à la Boonen, il avait affirmé il y a quelques jours qu'il était en forme après de nouveaux bons résultats dans les classiques flamandes. Sixième de Gand-Wevelgem et sixième également au Tour des Flandres à l'issue duquel il déclarait : " Les coureurs ont vu que j'étais prêt pour Paris-Roubaix ". En semaine, il en rajoutait une couche : " Les derniers résultats me procurent énormément de confiance. Chez moi, cela fonctionne de cette manière. Une victoire ou une série de bons résultats, c'est toujours un adjuvant moral. Cela me permet de rouler 20 % plus vite. L'année passée, je n'étais pas si bon à Paris-Nice mais j'y ai remporté une étape. Cela m'a aidé pour le reste de la saison ". Des bons résultats et une confiance au zénith. Quoi de mieux avant de prendre le départ de sa course ? : " Je rêve de Paris-Roubaix mais ce n'est pas facile. Dans cette course, il faut être chanceux et surtout il faut forcer la chance. Tout doit se dérouler parfaitement mais il faut également être le plus fort. Lorsque tu es sur les pavés, tu roules contre toi-même. Il faut aller le plus vite possible pour que cela soit le plus doux possible. Il faut voler sur les pavés. Il faut penser que l'on vole car Paris-Roubaix, cela se joue également dans la tête ". Du coup, le Bernois s'est défait d'une double étiquette : celle d'un surdoué sans grande classique à son compteur et celle de spécialiste du contre-la-montre. Car c'est contre le chrono qu'il avait arraché la majorité de ses 25 succès pro. Pourtant, sa victoire lors du prologue du Tour de France du Centenaire en 2004 à... Liège ou celle obtenue avec Laszlo Bodrogi lors du GP Eddy Merckx en 2002 démontraient déjà une certaine familiarité avec les courses de type belge. L'Italie l'a poli mais c'est dans le Nord (en Belgique, en France mais aussi dans la formation danoise de CSC qu'il a rejointe cet hiver) qu'il a décidé de briller. STÉPHANE VANDE VELDE