" La dernière chose, c'est la simplicité. Après avoir épuisé toutes les difficultés, elle sort avec son charme, comme le dernier sceau de l'art. " Lionel Messi, l'étoile de Barcelone, n'est pas l'auteur de ces propos. Mais son niveau de jeu lui permettrait de les utiliser pour définir l'art, " son " art unique en son genre. A ce stade avancé de la Ligue des Champions, ce bonhomme éclaire les pelouses mais reste d'une magnifique humilité. Ses quatre buts contre les Arsène Wenger's boys sont autant de bijoux qui ont permis de lancer le débat : a-t-il déjà acquis, à 22 ans, les lauriers de meilleur footballeur de tous les temps ? La tentation d'une réponse positive est grande malgré l'énormité du problème quand ...

" La dernière chose, c'est la simplicité. Après avoir épuisé toutes les difficultés, elle sort avec son charme, comme le dernier sceau de l'art. " Lionel Messi, l'étoile de Barcelone, n'est pas l'auteur de ces propos. Mais son niveau de jeu lui permettrait de les utiliser pour définir l'art, " son " art unique en son genre. A ce stade avancé de la Ligue des Champions, ce bonhomme éclaire les pelouses mais reste d'une magnifique humilité. Ses quatre buts contre les Arsène Wenger's boys sont autant de bijoux qui ont permis de lancer le débat : a-t-il déjà acquis, à 22 ans, les lauriers de meilleur footballeur de tous les temps ? La tentation d'une réponse positive est grande malgré l'énormité du problème quand on compare les générations. Détient-il le dribble de DiegoMaradona ? Oui. Possède-t-il le génie d'un Pelé ? Probablement. Il ne lui manque qu'une Coupe du Monde pour que son numéro 10 scintille de mille feux. La Puce profitera peut-être de ses prochains safaris en Afrique du Sud pour ajouter cette ligne à son tableau de chasse. En attendant, le spectacle offert tout au long de Barcelone-Arsenal (4-1) a rappelé des souvenirs aux footballeurs belges. Il y a longtemps, le 13 juin 1982, Guy Thys devait résoudre le même problème que Wenger : réduire un génie au silence tout au long du match d'ouverture de la Coupe du Monde contre l'Argentine au... Camp Nou. Le coach anversois assuma ce défi que n'ont pas su relever le gentleman de Londres et l'entraîneur du Real Madrid quatre jours plus tard (le Barça a gagné le Clasico 0-2 avec un but de Messi). Rusé, Thys repoussa l'idée d'un marquage à la culotte et paralysa Maradona dans une toile isolante avant l'unique but inscrit par Erwin Vandenbergh. Cette année-là, ce chef-d'£uvre complétait la présence du Standard de Raymond Goethals en finale de la Coupe des Coupes contre le FC Barcelone (défaite 2-1) dans la même cathédrale catalane. Les chemins menant à une finale européenne sont désormais plus éprouvants. C'est un Standard usé par une saison trop longue pour un effectif maigrichon et vert derrière les oreilles qui a été tondu par Hambourg à Sclessin en quarts de finale de l'Europa League. Malgré ce faux-pas, sa jeunesse restera son principal atout, comme elle est celle d'Anderlecht. Les promesses mauves et rouches ont beaucoup appris lors de leurs voyages européens. Mais en va-t-il de même sur les établis des play-offs à la belge ? Le sentiment positif qui s'était dégagé au bout de la phase classique s'est écroulé comme un château de cartes. Il faudra attendre la fin de la messe avant de tirer des conclusions définitives mais les assistances ne répondent pas à l'attente. C'est l'effondrement et les affiches séduisaient plus de monde dans la formule traditionnelle que dans le cadre des play-offs 1. L'absence de Genk et du Standard à ce niveau n'explique pas tout. Il y a une sanction populaire dont la Ligue pro devra tenir compte. L'essai méritait d'être tenté mais la formule est compliquée et trop chère pour le spectateur lambda plus tenté de regarder Real Madrid-Barcelone à la télévision que d'assister à la visite de Genk au Mambourg en play-offs 2. " La dernière chose, c'est la simplicité " : le film actuel de la D1 n'illustre pas cette sagesse. C'est Frédéric Chopin, né il y a 200 ans, qui avait souligné le charme de la simplicité. Un autre grand compositeur, Messi, doit penser la même chose. L'artiste du Barça n'a pas besoin d'un championnat éclaté en mille morceaux. Mbark Boussoufa, Romelu Lukaku, Lucas Biglia, Nabil Dirar, Dorge Kouemaha, AxelWitsel non plus : c'est le public qui le dit... PAR PIERRE BILIC"L'artiste du Barça n'a pas besoin d'un championnat éclaté en mille morceaux. Boussoufa, Lukaku, Biglia, Dirar, Kouemaha, Witsel non plus."