Ô mâles, mais footeux avant d'être chauvins, avez-vous regardé Lyon-PSG, finale de la Ligue des Championnes ? Chouette spectacle malgré le nul blanc et l'issue, toujours tristounette, par tirs au but. Je sais, un sommet européen franco-français, ça nous rend jaloux bêtement, nous les p'tits voisins. Et le sport féminin ne nous intéressait hier que via Justine Henin ou Kim Clijsters, l'heptathlon ne nous branche aujourd'hui que because Nafissatou Thiam... C'est un tort, les filles du foot donnent du plaisir : ça joue vite, technique, ça harcèle ... et debout bien plus que les mecs, d'où le nombre réduit de cartons méchants !
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Ô mâles, mais footeux avant d'être chauvins, avez-vous regardé Lyon-PSG, finale de la Ligue des Championnes ? Chouette spectacle malgré le nul blanc et l'issue, toujours tristounette, par tirs au but. Je sais, un sommet européen franco-français, ça nous rend jaloux bêtement, nous les p'tits voisins. Et le sport féminin ne nous intéressait hier que via Justine Henin ou Kim Clijsters, l'heptathlon ne nous branche aujourd'hui que because Nafissatou Thiam... C'est un tort, les filles du foot donnent du plaisir : ça joue vite, technique, ça harcèle ... et debout bien plus que les mecs, d'où le nombre réduit de cartons méchants ! Les filles belges progressent aussi, en tout cas nos dites Red Flames qui vont disputer l'Euro féminin. Hélas oui, on anglicise nos Diablesses Rouges, on délaisse nos idiomes nationaux : parce que nos frères flamands n'ont pas de féminin pour Rode Duivels ? Mais nos clubs progressent-ils ? Echec hier de la Beneligue avec les Hollandaises, à présent Superleague belge à 8, 7, voire bientôt 6 clubs ... les clubs pros du top ne se mouillent guère pour leur section féminine ! En Wallonie, l'arbre du Standard/Fémina cache la forêt déserte. Sur quelque 40 clubs de séries nationales, 3 wallons seulement outre les Rouches se maintiennent cette saison, et ce sont des humbles ayant grand mérite : Saint-Ghislain/TH en D1, Chastre et Sibret en D2 ! J'ai fréquenté ce foot féminin wallon durant quelques mois de coaching, sans grande réussite je le confesse, mais suffisamment pour en tirer la conclusion suivante : là où j'étais, en matière d'entraînements, de briefing avant match ou de coaching pendant, je n'ai pas vu de différence d'avec les mecs, et sûrement pas une moins grande compréhension des subtilités du jeu ! Grosso modo, ce sont les mêmes côtés chiants éventuels : certain(e)s s'entraînent à fond la caisse et d'autres comme des touristes ; les un(e)s tirent la gueule (voire foutent la merde) quand c'est le banc plutôt que le onze de base, alors que d'autres supportent la chose avec davantage de classe... Bref, rien que du banal, complètement bisexuel. Si différences minimes il y a, elles sont à l'avantage des gonzesses. D'abord, ce sont de vraies amateures, ou amateuses ou amatrices, que sais-je : en tout cas, elles ne palabrent pas comme les mecs pour décrocher quelques picaillons à la con ! Et bonheur, elles sont réglos en matière de désistements éventuels : avant l'entraînement de 19h30, tu n'en n'as pas 4 ou 5 qui se déconvoquent en last minute, ni aucune qui brille par son absence imprévue. Lors de l'explication d'un exercice, y'a pas le guignol mâle de service, qui n'écoute rien et va faire tout foirer. Et après l'entraînement, piquets, cônes ou ballons, elles t'aident à tout rentrer sans que tu doives réquisitionner ! En fait le gros emmerdement, si tu n'es pas coachesse de même sexe, c'est l'interdiction décrétée de surgir dans le vestiaire comme avec tes mecs, quand t'en prend l'envie ou le besoin ! C'est frustrant avant-match : tu voudrais entrer/sortir pour préciser ci ou ça, sentir l'ambiance, scruter les tronches en douce ; mais tu glandes dans le couloir en attendant qu'elles soient dûment vêtues pour le p'tit briefing... C'est encore plus frustrant après-match, accès/vestiaire à nouveau verboden : pas de discours réconfortant voire accusateur si ça a foiré, pas de cri de guerre victorieux si ça a marché ; et pas ce casier jaune au milieu qu'on vide à moitié tout nus, rigolards et se relayant vers la douche ... ça, c'est vraiment dur ! Même s'il faut souligner que les filles ne frôlent pas la beuverie comme plus d'un mec, et ça c'est vraiment bien. Faut s'y faire aussi question féminisation du vocabulaire, ne pas leur suggérer de jouer homme contre homme et plein d'autres choses, vous n'imaginez pas : au point que j'ai un jour failli demander à l'une si elle avait mal aux adducteuses ! Je rigole, et surtout pas de machisme, le refrain de la footballeuse/garçon manqué, c'est de l'histoire ancienne si c'en fut jamais. A ce propos, faut que je cite Jacques Prévert, lequel ne fut pas un keeper ramassant à la pelle des tirs en feuille morte, vous mélangez tout. Ce fut un poète et il a dit : Un garçon manqué, c'est une fille qui a réussi. PAR BERNARD JEUNEJEAN