H ugoBroos : " Genk n'est pas encore au niveau d'Anderlecht que ce soit au niveau du budget ou de la qualité individuelle des joueurs, mais je crois que Genk peut être cité en exemple pour sa manière de travailler, pour ses infrastructures, pour sa gestion commerciale, pour son travail avec les jeunes. Ce qui manque encore, ce sont des résultats à long terme. Certes, Genk a déjà remporté le titre à deux reprises, mais ce fut à chaque fois sans lendemain. On ne doit pas être champion chaque année, mais on ne peut pas passer de la première à la huitième place, par exemple ".
...

H ugoBroos : " Genk n'est pas encore au niveau d'Anderlecht que ce soit au niveau du budget ou de la qualité individuelle des joueurs, mais je crois que Genk peut être cité en exemple pour sa manière de travailler, pour ses infrastructures, pour sa gestion commerciale, pour son travail avec les jeunes. Ce qui manque encore, ce sont des résultats à long terme. Certes, Genk a déjà remporté le titre à deux reprises, mais ce fut à chaque fois sans lendemain. On ne doit pas être champion chaque année, mais on ne peut pas passer de la première à la huitième place, par exemple ". La différence avec Anderlecht ? " On est aussi capable de faire la différence, mais d'une autre manière : collectivement, alors que le Sporting peut compter sur des actions individuelles. Lorsqu'on ne trouve pas la solution par le collectif, on ne s'en sort pas. Anderlecht, dans ce cas-là, y parvient encore grâce à une action d'éclat d' AhmedHassan, de MéméTchité, de MbarkBoussoufa ou de NicolasFrutos. Mais chaque médaille a son revers : lorsque ces joueurs-là sont eux-mêmes aux abonnés absents, Anderlecht ne peut pas s'appuyer sur son collectif et est également en difficulté ". Par rapport à la saison dernière, Genk apparaît transformé. Mais Broos relativise. " J'entends souvent qu'aujourd'hui, on décèle facilement une ligne claire, à l'inverse de la saison dernière. Mais j'aimerais rappeler que, l'an passé, nous avions à un moment donné 11 blessés qui étaient plus forts que ceux qui jouaient. Personne n'en a jamais tenu compte : ni la presse, ni la direction, ni les supporters de Genk. Même ici, tout le monde évoquait encore le ticket européen. On a terminé 5e et c'était, croyez-moi, la meilleure place à laquelle on pouvait prétendre, compte tenu des circonstances ". Aujourd'hui, l'équipe de Genk se compose régulièrement de neuf, voire dix joueurs belges. Un avantage pour l'ambiance et le collectif ? " Peut-être, mais j'ai déjà entraîné des groupes composés de différentes nationalités et où l'on ne rencontrait pas de problèmes non plus. Il ne faut faire ni amalgame, ni généralité. A Genk, il y a aussi des joueurs qui, comme Goran Ljubojevic, parlent un peu l'anglais mais très peu le néerlandais ou le français. Pourtant, il est bien intégré. A l'inverse, j'ai déjà connu des joueurs belges qui n'avaient pas la mentalité adéquate. Il y a des joueurs de l'Est travailleurs et charmants, comme il y en a d'autres qui jouent les pseudos vedettes sans se fatiguer. C'est une question de caractère davantage que de nationalité ". Genk est aussi une équipe sans vedettes, mais peut-être composée de vedettes en devenir. " Si LoganBailly poursuit dans cette voie, il pourrait effectivement devenir un très grand. Il est très fort, mais laissons-lui le temps de mûrir. Il commet encore des erreurs de jeunesse : c'est logique à 20 ans. Seulement, il commence déjà à être jugé plus sévèrement, en fonction de son nouveau statut. Je ne me mêle pas trop de ses entraînements, c'est la tâche de notre entraîneur de gardiens GuyMartens, mais je compare parfois ses prestations avec un ancien gardien qui fut mon équipier, autrefois : NicoDeBree, un ours dans sa cage. Lorsqu'il sortait, il n'avait pas toujours le ballon, mais on pouvait être certain que le ballon n'allait pas atterrir dans le but. C'est une chose que Logan doit encore apprendre. Cela ne signifie pas qu'il doit blesser l'attaquant adverse, mais lorsqu'une collision se produit, c'est l'attaquant qui doit rester au sol, pas lui-même. SébastienPocognoli est un arrière latéral très offensif. On a parfois été victime de ses pulsions offensives, mais on en a souvent bénéficié également : c'est son point fort et il est logique qu'il l'utilise. Il doit, peut-être, encore mieux déceler à quel moment il peut monter et à quel moment il doit rester sur ses gardes. Mais il n'a que 19 ans, on ne peut pas attendre de lui qu'il ait déjà l'expérience d'un routinier. Il n'a pas encore disputé le moindre match international, si ce n'est avec les Espoirs. L'important est que ces joueurs restent eux-mêmes, qu'ils ne se mettent pas à planer ou à jouer les fanfarons. Ce n'est pas aussi évident qu'on le pense. FarisHaroun, par exemple, a trop rapidement été propulsé au rang de vedette. Il a beau affirmer que ce nouveau statut ne l'avait pas changé, je suis persuadé du contraire. Lorsque j'ai débarqué à Genk, il y a deux ans, j'ai constaté qu'il avait parfois une attitude arrogante. Aujourd'hui, il est revenu dans le droit chemin ". Genk a fait, depuis longtemps, la course en tête. Pourrait-il, le cas échéant, se satisfaire d'une deuxième place, avec le tour préliminaire de la Ligue des Champions comme prix de consolation ? " Tout à fait. Une deuxième place ne serait même pas considérée comme un prix de consolation, mais comme un prix tout court ", affirme Broos. " Même une troisième place, synonyme de ticket européen, serait appréciée ". par daniel devos - photo: reporters/beddegenoodts