C'est un casting qui sent les années 2000 de tellement loin qu'il remplirait le Canonnier à lui seul de bons souvenirs. Plus habitués ces dernières années à pleurer la lente descente aux enfers de leur club qu'à surfer sur des vagues d'optimismes, les supporters hurlus auront cette fois-ci l'été pour rêver.
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C'est un casting qui sent les années 2000 de tellement loin qu'il remplirait le Canonnier à lui seul de bons souvenirs. Plus habitués ces dernières années à pleurer la lente descente aux enfers de leur club qu'à surfer sur des vagues d'optimismes, les supporters hurlus auront cette fois-ci l'été pour rêver. Pour un supporter mouscronnois, rêver se limite bien souvent à fantasmer un été sans mercenaire, à des contrats longue durée offerts à des joueurs plein d'avenir et à des promesses tenues. Le socle de base de toute formation ambitieuse, mais aussi le grand absent de ces dernières années en Wallonie picarde. Utopistes peut-être, certains veulent voir dans cette relégation à l'étage inférieur le signe d'un nouveau départ. Ceux-là espéraient au moins un signal fort de la direction. Il est arrivé au meilleur des moments, juste avant la reprise. Si, finances en berne obligent, il n'y avait pas de gros noms à cocher dans la liste des 18 joueurs présents à l'entraînement vendredi dernier, pas plus que dans les trois joueurs en test aperçus ce lundi, le retour d' Enzo Scifo en Province du Hainaut suffit pour l'instant à donner du crédit au projet. Retiré de la vie active depuis juillet 2016 et son départ des Diablotins, l'homme aux 84 sélections nationales (quatre Coupes du monde et un EURO), s'était fait pour le moins discret ces dernières années. Invisible ou presque médiatiquement, ses visiteurs du soir devaient au mieux faire le pied de grue devant le 1815 à Waterloo pour espérer converser avec ce coach à la pause carrière qu'on croyait éternelle. Ceux-là racontent un homme fatigué d'un milieu qui, après l'avoir encensé comme joueur, l'aura trop vite brûlé comme coach. "J'avais d'une certaine manière évité la presse", avouait en toute transparence le principal intéressé à la RTBF le jour de sa présentation. "Je n'avais plus envie qu'on voit ma tête alors que j'étais à la maison. Aujourd'hui, je reprends du service, je reprends réellement mes activités. Celles qui m'intéressent. Je revis." Mardi 22 juin, Enzo Scifo réapparaissait donc tel qu'on l'avait connu. Authentique et fidèle à la réputation de cet adolescent star devenu quinquagénaire effacé. Parce que le Enzo Scifo coach ne ressemblera plus jamais à la star des années 1980 qu'il fut. Modeste, discret, secret aussi, l'ancien entraîneur de Charleroi (2000-2002), Tubize (2004-2006), Mouscron (2007-2009) et Mons (2012-2013) avait depuis le temps appris à se taire dans toutes les langues. Le revoir dans cet Excel 2.0 dit tout de la force des mots utilisés par Patrick Declerck et Paul Allaerts pour le convaincre de replonger. Celle de Mbo Mpenza, surtout. Car c'est bien l'ancien Diable révélé à Courtrai, puis Mouscron fin des années 90, qui a insisté pour convaincre Scifo d'adhérer au projet hurlu. Reléguée, désargentée et une fois de plus face au défi de la survie du matricule, la direction locale n'avait pas de bonne raison de ne pas suivre son nouveau directeur sportif. Retraité des terrains depuis janvier 2009, c'est le premier défi sportif d'envergure de Mbo Mpenza depuis la quille. Brièvement associé à Jacques Lichtenstein et sa société Eleven Management, l'aîné des Mpenza ramène aussi avec lui son petit frère Émile, dont le départ de l'Antwerp, où il occupait le rôle de coach des U21, était devenu une nécessité depuis la fin du règne de Lucien D'Onofrio à Deurne. Une réunion de famille à laquelle le dernier arrivé, José Jeunechamps, sera un spectateur attentif. Encore adjoint de Franky Vercauteren il y a peu sur les bords de l'Escaut, l'homme qui a précédemment travaillé avec Vincent Euvrard, Fabien Mercadal, Bernd Storck ou José Riga va désormais découvrir la méthode Scifo.