Il est des mythes qui ont la peau dure. Dans le sud du pays, Stijn Stijnen ne jouit pas d'une réputation flatteuse. Et pourtant, c'est un homme charmant, avenant et poli que nous avons ren-contré dans son Limbourg natal. Lorsque nous lui avons proposé une interview, il a tout de suite accepté. Il a choisi lui-même le lieu (comme le concept l'impose) et en a fourni l'adresse. Il a renvoyé un SMS pour voir si l'heure nous convenait et a rappelé quelques minutes avant l'heure du rendez-vous pour s'excuser de s'être trompé d'adresse et nous dire que le restaurant se trouvait dans une rue parallèle. C'est avec sa femme et sa fille Alena qu'il a débarqué... En famille pour une ambiance décontractée. Au Spork. Avec des photos du roi Baudouin et de la reine Fabiola au mur ! Pour parler des Diables Rouges, on ne pouvait pas rêver mieux...
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Il est des mythes qui ont la peau dure. Dans le sud du pays, Stijn Stijnen ne jouit pas d'une réputation flatteuse. Et pourtant, c'est un homme charmant, avenant et poli que nous avons ren-contré dans son Limbourg natal. Lorsque nous lui avons proposé une interview, il a tout de suite accepté. Il a choisi lui-même le lieu (comme le concept l'impose) et en a fourni l'adresse. Il a renvoyé un SMS pour voir si l'heure nous convenait et a rappelé quelques minutes avant l'heure du rendez-vous pour s'excuser de s'être trompé d'adresse et nous dire que le restaurant se trouvait dans une rue parallèle. C'est avec sa femme et sa fille Alena qu'il a débarqué... En famille pour une ambiance décontractée. Au Spork. Avec des photos du roi Baudouin et de la reine Fabiola au mur ! Pour parler des Diables Rouges, on ne pouvait pas rêver mieux... C'est à Viversel, au milieu d'un quartier résidentiel, coincé entre le Canal Albert et le circuit automobile de Zolder, qu'il a répondu sans se démonter à toutes les questions. En néerlandais : " Je comprends le français mais je ne le manie pas assez bien. ". Un élément de réponse qui pourrait expliquer son manque de popularité en Wallonie ? Cela fait trois ans qu'il occupe le poste de gardien numéro un au sein de la sélection. 29 capes et personne, ni Silvio Proto ni Logan Bailly, n'est venu briser son hégémonie. " Je n'ai pas la prétention d'être le meilleur mais tant René Vandereycken que Frankie Vercauteren m'ont fait confiance. Quand j'y suis arrivé, je ne pensais pas être numéro un aussi vite et cela fait trois ans que cela dure. Et dire que pour moi, la D1 était déjà un rêve. Alors, l'équipe nationale... ! " Après avoir appris dans l'ombre de Dany Verlinden et de Tomislav Butina, Stijnen a succédé à ces deux gardiens à Bruges. Les Diables sont arrivés après. Alors que le jeune Proto semblait promis un avenir radieux, il se blessa, laissant la porte grande ouverte à la concurrence. Stijnen s'est engouffré : " Silvio n'a pas eu de chance mais quand tu es numéro deux, tu rêves naturellement au poste de numéro un. " Aujourd'hui, Stijnen sent le souffle de ses concurrents. Proto a retrouvé un club de standing en revenant à Anderlecht et Bailly fait la pluie et le beau temps à Moenchengladbach : " C'est l'ambition de chacun de devenir gardien de l'équipe nationale. Je ne sais pas si je suis meilleur que Proto mais j'ai davantage l'expérience du haut niveau. Jouer à La Louvière et au Germinal Beerschot, ce n'est pas la même chose qu'Anderlecht. Les commentaires nous mettent sur la même ligne mais malheureusement pour lui, tu reçois moins d'attention au Germinal Beerschot qu'au Club. Mais si par contre, on regarde les qualités techniques, Bailly est le meilleur. "Et quand on parle de la jeune garde, il ajoute : " Elle ne manque pas de qualités mais il faut aussi savoir qu'en équipe nationale, il y a un paramètre supplémentaire : la pression. "Si Stijnen reste sur une saison particulièrement réussie sur le plan personnel, il ne fera pourtant jamais l'unanimité. A tel point qu'on ne cesse de pleurer la tradition perdue des grands gardiens belges : " Quand vous voyez tous les noms que l'on peut citer (Bailly, Proto, Simon Mignolet, Glenn Verbauwhede, Yves Dewinter), on n'a pas à rougir des gardiens belges. On succède à des monuments comme Michel Preud'homme et Jean-Marie Pfaff mais à leur meilleur niveau, ils faisaient partie des meilleurs du monde. On ne peut pas être comparés à eux. Les attaquants actuels, on ne les compare jamais à Jan Ceulemans ou Erwin Vandenbergh non plus... " Stijnen : " (Il sourit). Je préfère laisser dire. Ce sont des ragots de café. Les gens qui tiennent de tels propos devraient apprendre à tenir leur langue. C'est vrai que mon père est un ami de Vandereycken mais il n'est pas ami de Vercauteren et je suis toujours repris et titulaire avec lui. A la Kirin Cup, il avait pris trois gardiens mais je fus aligné. Et s'il avait voulu faire des changements contre la Tchéquie, il l'aurait fait. " " Les gens qui me connaissent savent qui je suis et comment j'agis. Je ne dis pas que je suis parfait. Comme tout le monde, j'ai des bons et des moins bons côtés. Je suis vu différemment en Flandre et en Wallonie mais je peux comprendre. La Wallonie a Proto et Bailly et les médias ont tendance à pousser ces deux gardiens. Je ne dis pas que je trouve cela normal mais c'est ainsi et cela ne me pose pas de problèmes. Finalement, ce qui est le plus étrange, c'est que je ne suis pas populaire en Wallonie alors que dans le foot, mes meilleurs amis sont wallons. J'ai joué huit ans avec Gaëtan Englebert avec qui j'ai encore des contacts. Tout le monde connaissait mon amitié avec François Sterchele. Il ne parlait pas néerlandais et moi pas français mais on se comprenait. Jonathan Blondel également. La saison passée, je m'entendais très bien avec Laurent Ciman. Je crois que certains restent fixés sur une étiquette. J'ai une réputation trompeuse. " Les images de ses sorties percutantes avec Lukas Podolski (en amical contre l'Allemagne), Orlando (contre Charleroi), Honour Gombani (contre le Cercle) et Igor de Camargo (contre le Standard). A chaque fois, les analystes s'étaient enflammés contre lui : " Mais que voulez-vous que je fasse. L'attaquant adverse arrive à toute vitesse. Je dois prendre une décision rapide et sortir à toute vitesse. On entre alors dans un duel duquel chacun espère ressortir avec le ballon. Mais, jamais je ne vise le contact. Je cherche avant tout le ballon. " Et puis, Stijnen n'a pas sa langue en poche et parfois, ses mots dépassent sa pensée. Alors qu'il n'était qu'un jeune international, il a ainsi vécu un véritable déferlement médiatique lors de son 10e match international (un an après ses débuts) au Portugal, lui qui avait annoncé qu'il fallait arrêter Cristiano Ronaldo, quitte à le blesser. " Ah cette histoire ! Tout le monde peut faire des erreurs. Je suis certain que vous n'êtes pas satisfait des papiers que vous avez écrits il y a dix ans. Avec l'expérience, ce genre de choses arrive moins souvent. " Pourtant, il s'est encore fait piéger récemment dans l'affaire des sacs Vuitton : " Je n'ai rien dit à la presse. Le groupe sait ce qui s'est passé dans les vestiaires. Point. Cela n'avait pas à sortir. C'était entre moi et Sébastien Pocognoli. Ce n'est que le lendemain qu'un journaliste a demandé à Timmy Simons et à moi ce qui s'était passé dans les vestiaires. Je lui ai demandé comment il savait cela et je lui ai dit que cela devait rester entre joueurs. Lui m'a dit que de toute façon il allait l'écrire puisqu'il savait ce qui s'était passé. Je déplore que quelqu'un du noyau ait tout raconté au journaliste. " Mais quand on lui parle de fossé générationnel, il se défend. " C'est normal qu'il y ait des différences entre jeunes et plus âgés. Moi, je n'ai rien contre les jeunes. J'étais simplement fâché contre certains qui ne s'étaient pas donnés à 100 % contre la Bosnie. D'ailleurs, l'ambiance après la défaite contre l'Espagne était excellente. Il y avait longtemps que je n'avais pas connu cela en équipe nationale. Maintenant, c'est aussi une réaction normale d'être déçu de laisser sa place à un plus jeune. Moi, cela ne me pose pas problème de voir tous ces jeunes débarquer chez les Diables. Ils apportent une plus-value. "Alors trop arrogants, trop vite contents les jeunes ? " Non, non. Absolument pas même si la plupart auraient le droit de l'être puisqu'ils réalisent, depuis un ou deux ans, de bons résultats et qu'ils évoluent dans de grands clubs. Si on regarde leurs qualités, ils ont mérité leur place dans le noyau. Au niveau talent, on dispose de la meilleure génération que j'ai connue mais on ne forme pas encore de vrai collectif. C'est normal puisqu'il y a encore beaucoup de jeunes. Dans quatre, cinq ans, avec un peu plus d'expérience, cette génération sera au top. "Avant l'Espagne et l'Arménie, bien que la qualification soit compromise, Stijnen n'a pas baissé les armes. " Il faut y croire. L'objectif ? Gagner les quatre derniers matches. " Avec ou sans Vercauteren ? " Cela ne servait à rien d'être aussi nerveux. A partir du moment où on a décidé de nommer Vercauteren et Francky Dury jusqu'en janvier, je ne vois pas pourquoi on devrait tout remettre en question du jour au lendemain. Si Advocaat débute en janvier, je ne pense pas que ce sera trop tard. Entre-temps, il aura pu observer le noyau et les joueurs. Pour moi, le scénario prévu est bon. " "Les jeunes ne sont pas arrogants et si on regarde leur talent, ils ont mérité leur place."