La Maison de Verre pensait peut-être que l'orage déclenché par les bonus attribués à Steven Martens et à ses proches et l'affaire des chambres non occupées au Brésil (coût : 300.000 euros) s'était éloigné : elle s'est trompée et le prochain licenciement d'une vingtaine d'employés de l'Union Belge a généré une levée de boucliers.
...

La Maison de Verre pensait peut-être que l'orage déclenché par les bonus attribués à Steven Martens et à ses proches et l'affaire des chambres non occupées au Brésil (coût : 300.000 euros) s'était éloigné : elle s'est trompée et le prochain licenciement d'une vingtaine d'employés de l'Union Belge a généré une levée de boucliers. Avant la diffusion de la lettre ouverte des Présidents des Comités provinciaux de Wallonie, il suffisait de tendre l'oreille pour noter le désenchantement du personnel de l'avenue Houba de Strooper. Apeurés par la puissance des leaders, ces employés ne comprennent pas que " le top, qui a commis des erreurs de gestion, garde ses primes, ne revoit pas ses salaires à la baisse, etc. ". Alors que les huiles ont été épargnées, la hache a tranché dans le personnel qui payera le prix de la digitalisation et du redressement financier. Sous cape, des employés espèrent que Nicolas Cornu, l'ancien team manager, gagnera son procès contre la fédé, taclée aussi par le président du Club Bruges, Bart Verhaeghe, dimanche passé, sur les plateaux de la VRT (De zevende dag). Côté Sud, messieurs Henri Fonbonne, Patrick Maricq, Marcel Javaux et RogerDavin, quatre présidents provinciaux, ont signé une lettre ouverte qui fait grand bruit. " J'accuse ceux qui ont fait en sorte de s'attribuer un pouvoir souverain de propriétaire de la fédération et d'y organiser le profit et les privilèges qu'ils se partagent ", lit-on notamment. " J'accuse de tromperie et de non-respect des engagements liés aux mandats qui leur ont été confiés par les clubs, les représentants du football amateur. " Cette attaque symbolise le schisme entre le sommet de la pyramide et la base, lisez les petits clubs, qui se sent trahie. " Comment pouvoir accepter l'engagement de managers effectué ces dernières années à des salaires qui feraient pâlir le Premier ministre du pays ?", lit-on encore. " Comment pouvoir accepter les émoluments versés aux entraîneurs et joueurs déjà millionnaires de l'équipe nationale ? Comment pouvoir accepter toutes les erreurs de gestion coûteuses à la collectivité des clubs commises par ceux qui sont censés être respectueux de chaque euro dépensé sans qu'aucune sanction ne soit retenue à leur encontre ? Comment pouvoir accepter cette débauche d'argent lorsque l'on met à la porte des êtres humains pour qui le salaire sert à faire vivre leur famille ? Comment pouvoir accepter que des subsides alloués par les régions et communautés pour financer en partie et soutenir le football amateur servent finalement au maintien du train de vie indécent des barons fédéraux, au détriment du petit peuple des clubs ?" Curieusement, on ne trouve pas trace au bas de cette lettre anonyme des noms de messieurs Gérard Linard et David Delferière, Président et Secrétaire général de l'ACFF (Association des clubs francophones de football) qui ont accepté les décisions de la fédération. La lettre ouverte constitue là aussi une fracture importante entre la base et les dirigeants. En fin de semaine passée, les clubs de l'aile flamande ne s'étaient pas encore exprimés. Mais ils ont probablement été marqués par les doléances de Bart Verhaeghe, qui a insisté sur le manque de clarté du businessplan du nouveau stade national, un dossier important défendu par Steven Martens. PIERRE BILICComment pouvoir accepter l'engagement, à l'Union Belge, de managers à des salaires qui feraient pâlir d'envie le Premier ministre du pays ?