Les critères du Ballon d'Or deviennent de plus en plus à interprétation variable. Comme si chaque votant choisissait ceux qui lui conviennent. Une chose est sûre, on ne vote pas de la même façon que l'on soit Européen, Sud-Américain, Asiatique ou autre. Question de culture, de fierté, de tradition. C'est en Europe que la plupart des meilleurs joueurs du monde viennent affirmer et rentabiliser leur talent. Le prisme avec lequel nos collègues voient leurs compatriotes marcher sur les meilleurs championnats du monde contient un sentiment de conquête et de patriotisme. Pas forcément toujours de la plus pure objectivité. La preuve avec Lionel Messi, pour qui une Copa América enfin gagnée suffit à justifier l'usurpation du trophée. C'est pas une Coupe du monde, ma...

Les critères du Ballon d'Or deviennent de plus en plus à interprétation variable. Comme si chaque votant choisissait ceux qui lui conviennent. Une chose est sûre, on ne vote pas de la même façon que l'on soit Européen, Sud-Américain, Asiatique ou autre. Question de culture, de fierté, de tradition. C'est en Europe que la plupart des meilleurs joueurs du monde viennent affirmer et rentabiliser leur talent. Le prisme avec lequel nos collègues voient leurs compatriotes marcher sur les meilleurs championnats du monde contient un sentiment de conquête et de patriotisme. Pas forcément toujours de la plus pure objectivité. La preuve avec Lionel Messi, pour qui une Copa América enfin gagnée suffit à justifier l'usurpation du trophée. C'est pas une Coupe du monde, mais, précision pour redescendre de notre nombrilisme européen, c'est l'équivalent d'un EURO. Même si la formule est complètement différente. Dans ce sacre Argentin, Messi a certes marqué quatre buts, mais c'est Ángel Di María qui met celui de la victoire en finale. En demi contre la Colombie, c'est Emiliano Martínez qui arrête trois tirs au but. Éternelle incohérence des trophées individuels en football. Soit, puisque les critères deviennent de plus en plus brumeux, je vais remettre de l'ordre et de la pertinence dans le bazar. Robert Lewandowski devait être Ballon d'Or parce que son nom comporte le plus de lettres. Parce qu'au Scrabble, c'est lui qui rapporte le plus de points. Mais comme toute médaille à son revers, je pense que c'est aussi pour ça qu'il ne l'a pas eu. Trop difficile à écrire, son nom. Trop de possibilités de faire des fautes. Donc, les votants ont préféré jouer la sécurité. Un nom de cinq lettres, avec deux les mêmes, c'est plus sûr. D'ailleurs, dans cette même logique de simplicité orthographique, c'est Édouard Mendy qui aurait dû être meilleur gardien de but. Pas "Donaroumba". Sérieusement, le blème, c'est pas Messi. Il est et restera le plus grand joueur de l'histoire. Grand parce que petit. Petit mais géant. À en devenir gênant pour les autres. À force de faire, match après match, ce qu'ils (les autres) ne pourront jamais faire. La solution pour ne pas devoir subir cette aberration de la semaine dernière serait de décider que tant qu'il joue, Messi recevra le Ballon d'Or. Sur une année, il y aura bien quelques dizaines de raisons de lui donner. Et on crée un autre Ballon d'Or. Celui pour les humains. Ceux comme les autres. Ceux qu'on jugera vraiment sur une année. Pas sur une carrière. Car évidement que ce trophée-ci, Messi l'a gagné grâce au temps qui n'oublie jamais ce qu'il a apporté au football. Évidemment que si l'on doit juger sur l'année écoulée, voire les deux dernières, l'extraterrestre, c'est Lewandowski. D'ailleurs, si on applique l'ensemble de la carrière comme critère, Robert a de sacrés arguments aussi. Vous en connaissez beaucoup, des joueurs qui mettent deux quadruplés en Ligue des Champions? Non? Normal, il est le seul. Sous deux maillots différents. Dont un avec Dortmund. C'était une demi-finale contre le... Real Madrid. Ce soir-là, il a mis Cristiano Ronaldo dans l'ombre. Pas donné à tout le monde. L'autre, il l'a réalisé avec le Bayern en... quatorze minutes et 31 secondes. Record. Bon, pour être complètement honnête, il est le seul parce qu'un certain Lionel Messi a mis un quadruplé et un... quintuplé. Et puisqu'on parle de cinq buts dans un match, Lewandowski l'a fait aussi. En Bundesliga. En... neuf minutes. Vous avez bien lu. Il ne manque pas un 0. Bref, le bouquet final a de la gueule aussi. En 812 matches de championnat, c'est 575 buts et 162 assists. Donc impliqué dans 737 roses. Sublime. Un seul joueur a un jardin mieux fourni. Un certain Leo Messi. Vous connaissez?