Ils sont 17 et tiennent les rênes des clubs de D1 et souvent même les cordons de la bourse. Parfois, ils orientent la politique footballistique belge. Souvent, ils modèlent le club qu'ils gèrent à leur image. Eux, ce sont les présidents. Certains s'érigent en mécènes des temps modernes pour des clubs qui leur doivent leur existence ou leur survie. D'autres ont un rôle plus honorifique ; celui d'ultime recours au sein d'une entité parfaitement huilée. Certains sont des décideurs, d'autres pas.
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Ils sont 17 et tiennent les rênes des clubs de D1 et souvent même les cordons de la bourse. Parfois, ils orientent la politique footballistique belge. Souvent, ils modèlent le club qu'ils gèrent à leur image. Eux, ce sont les présidents. Certains s'érigent en mécènes des temps modernes pour des clubs qui leur doivent leur existence ou leur survie. D'autres ont un rôle plus honorifique ; celui d'ultime recours au sein d'une entité parfaitement huilée. Certains sont des décideurs, d'autres pas. Westerlo fait figure d'exception en D1 puisqu'il s'agit du seul club qui n'a pas de président mais un manager, Herman Wijnants, qui veille à ce que tout tourne rond en Campine. Bref, il fait tout : " La place de président est disponible, mais nous ne voulons pas ici d'un président qui pompe son argent dans le club sans feeling pour le football. Ici, il faut être émotionnellement impliqué dans le club ". Wijnants a une recette pour réussir : " Un inflexible budget de 4,5 millions d'euros, un quota de deux Belges pour un étranger et l'aval du capitaine en cas de nouvel engagement ". Mouscron et Bruges sont aussi un peu à part : ce sont les deux seuls clubs dont les présidents ne sont pas des hommes d'affaires mais un avocat pour Mouscron ( Edward Van Daele) et un médecin pour Bruges ( Michel D'Hooghe). C'était déjà le cas précédemment chez les Hurlus puisque Jean-Pierre Detremmerie était politicien. Mais qu'est-ce qui pousse ces hommes, souvent riches, qui n'ont connu que des réussites professionnelles à se lancer dans le monde aléatoire du football ? " C'est parfois le hasard qui fait les choses ", explique Dominique Leone, président du RAEC Mons, " J'étais administrateur et un jour, il a fallu quelqu'un pour remplacer le précédent président et c'est tombé sur moi. Et puis, il y a tout de même un peu de passion ". Par contre, contrairement au sponsoring, on ne prend pas la présidence d'un club pour faire fructifier ses affaires. Leone : " Mes usines sont principalement en France et un homme d'affaires n'a pas besoin de cela pour sa publicité. Au contraire, en devenant président d'un club de foot, on devient davantage médiatique. Tout le monde parle de vous sans pour autant véhiculer une image positive. Or, un industriel préfère par nature la discrétion ". La passion a pourtant certaines limites : " Quand vous vous impliquez énormément, que les résultats ne suivent pas et que les médias ne cessent de vous maltraiter, on se demande si cela vaut la peine. Au début, j'ai tenté de gérer mon club comme une entreprise, ce qu'il est, mais il ne faut pas oublier qu'il y a toute une série de paramètres que l'on ne maîtrise pas. Le fonctionnement d'un club dépend de certaines opportunités, de la réussite d'un match. Cela demeure un jeu ". Et quand on lui demande si la présidence d'un club coûte ou rapporte, sa réponse fuse : " Je ne dois pas vous répondre. Surtout en Belgique où les stades ne sont pas assez remplis et les infrastructures pas bonnes ". Et même le contact avec d'autres présidents, chefs d'entreprise, ne rapporte rien : " Il n'y a pas de contacts entre présidents. Juste bonjour, bonsoir. C'est chacun pour soi. C'est ma conclusion après être descendu en D2 ". Mais pourquoi alors investir du temps et de l'argent dans le monde du football ? " Ce sont des parcours individuels et parfois émotionnels ", explique Jean-Michel Dewael, professeur de sciences politiques à l'ULB et spécialiste des questions de sociologie dans le sport. " La Belgique diffère des grands pays européens. Ici, les présidents sont souvent des hommes d'affaires locaux qui ont réussi et qui s'offrent un petit plaisir comme d'autres industriels pourraient investir dans des £uvres de charité ou des activités culturelles. Ce sont rarement des professionnels du football. Dans les autres pays, on trouve des personnes qui sont davantage des présidents que des supporters. En Belgique, c'est l'inverse. Je ne crois pas que celui qui prend la présidence le fait pour améliorer ses affaires. Michel D'Hooghe et Roger Vanden Stock n'ont pas besoin de cela. Par contre, au niveau local, cela peut servir. Dans les business seats, le président est en contact avec les acteurs locaux. Cela discute et des liens se nouent inévitablement mais le football est-il l'activité la plus rentable pour ces hommes d'affaires ?". La fonction de président varie d'un club à l'autre : " On n'a pas affaire au même type de personnes selon que l'on soit président dans un club d'une grande ville comme Bruges, Liège ou Bruxelles ou dans des cercles comme Lokeren, un village. De plus, dans certains clubs, on trouve des présidents qui ne détiennent pas le pouvoir. Certains peuvent donner une certaine aura ou caution (par leurs relations avec certains milieux) au club. Dans d'autres cercles, les réels investisseurs n'ont pas intérêt à être en première ligne. Ils placent alors quelqu'un d'autre mais c'est celui qui a le chèque qui a le pouvoir ". Roger Vanden Stock 63 ansEst un rentier pensionné depuis la vente, par son père, de l'entreprise familiale Belle Vue, qui brassait entre autres la gueuze ou la kriek, à Interbrew. A l'époque, cette vente avait remporté une coquette somme à la famille Vanden Stock. Roger Vanden Stock s'est montré très actif dans le domaine du football en occupant d'abord la présidence de la Ligue Pro avant de succéder à son père à la tête d'Anderlecht en 1996. Johan Vermeersch 54 ansAncien footballeur de haut niveau, il s'est reconverti comme entrepreneur à Ternat. Il gère son entreprise de construction, Vermeersch Construct (1,2 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui emploie 115 personnes et qui est spécialisée en bâtiments privés et immeubles à appartements. Par ailleurs, l'entreprise de Vermeersch a également à son actif deux tribunes du stade d'Anderlecht, une à Gand et une au RWDM. Frans Van Hoof 63 ansCadre de Pioneer Belgium, il a pris sa pension après avoir attiré le groupe nippon comme sponsor. Ce n'est qu'une fois Pioneer retiré du sponsoring maillot qu'il accepta la présidence de Beveren. Frans Schotte 58 ansEst le directeur général, depuis 1984, de Standaard Boekhandel, sponsor qui orne les maillots du Cercle et qui est actif dans le domaine des librairies. A l'époque, l'entreprise avait un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros et comptait 24 magasins. Actuellement, il emploie 600 travailleurs pour 100 points de vente et un chiffre d'affaires de 100 millions. Son entreprise est basée à Saint-Nicolas mais il habite Roulers. Abbas Bayat 58 ansAdministrateur de Sunnyland, sociétés de boissons (Sunland, Lim'Oh, Parasol, Duke). Après avoir racheté Looza (depuis lors vendu à Seagram) et avoir lancé le jus fraîchement pressé, il fit main basse sur l'eau minérale Chaudfontaine pour la revendre quelques années plus tard au groupe Coca-Cola. Chiffre d'affaires : 45 millions d'euros Basé à Bruxelles avec deux usines de production en Belgique (Turnhout et Francorchamps). Michel D'Hooghe 60 ansChef du département de médecine physique et de médecine du sport de l'hôpital Saint-Jean de Bruges. Il fut médecin du Club à partir de 1987 et président de la Ligue Pro de 1981 à 1987 avant de passer à la tête de l'Union Belge (1987-2001). Il est membre du comité exécutif de la FIFA. Ivan De Witte 58 ansCe psychologue est administrateur délégué de De Witte et Morel, une société de consultance et de gestion de ressources humaines, qui dégage un chiffre d'affaires de 23,1 millions d'euros, et qui emploie 200 collaborateurs en Belgique. Elle fait partie du groupe Hudson Highland côté au NASDAQ. Depuis 1995, De Witte et Morel fait partie du groupe Ernst & Young qui a été repris par TMP Worldwide qui deviendra le Hudson Highland Group en 2003. Jos Vaessen 61 ansAprès s'être constitué une fortune en revendant à la société américaine Masco son entreprise d'appareils de chauffage (principalement des radiateurs) Vasco qu'il avait fondé en 1975, le président des Limbourgeois est toujours à la tête de six entreprises actives dans le travail des métaux. La principale Limeparts, située à Genk, dégage un chiffre d'affaires de 17,2 millions d'euros. Jos Verhaegen 63 ansA fondé en 1969 avec René Snelders et son frère Albert Verhaegen l'entreprise Versnel, active dans le bâtiment et qui génère un chiffre d'affaires de 7,4 millions d'euros (avec bénéfice annuel d'1 million). Mais c'est désormais son fils, Petrus Verhaegen qui est administrateur délégué. Versnel emploie 150 personnes. Jos Verhaegen est également administrateur délégué de Vimmo, une société d'installations de cuisines et de salles de bain (chiffre d'affaires : 2,1 millions), basée à Ekeren. Filippo Gaone 58 ansAdministrateur délégué de 4 Seasons (confection et textile), société dont la perte pour l'année 2004 s'élevait à 672.000 euros pour un chiffre d'affaires de 971.000 euros. Il détient également une société active dans l'immobilier (Immogams , plus d'1 million de chiffre d'affaires), dans les soins de beauté (Azur diffusions, 2,6 millions d'euros), dans les produits de jardinage (Tournesol, 4,2 millions) et dans le service et le conseil aux entreprises (FFG). Son fleuron, les magasins de vêtements Cactus, repris sous l'appellation IT Distribution (13 millions d'euros de CA mais 2 millions de perte) a connu quelques problèmes. Il possède également une taverne à Mons, tenue par son frère. Leo Theyskens 46 ansFut directeur commercial (ventes, marketing, exportations, publicité) et directeur général d'Arcomet Services, société de locations de grues (chiffre d'affaires de 36 millions d'euros et 1,6 millions de bénéfices), un des leaders sur le marché mondial des grues qu'il dirigeait avec son frère jumeau Dirk. A quitté son poste et a lancé Consultancy Trading Investissment, active dans le domaine de l'outillage lourd et de l'immobilier. Il est également administrateur délégué de Madinvest qui s'occupe de management de holdings et de centres de coordination (chiffre d'affaires d'1,3 millions d'euros). Basé à Paal-Beringen. Roger Lambrecht75 ansSurnommé le Roi du Pneu, le président de Lokeren sévit dans le monde du pneumatique automobile grâce à sa société Lambrecht Nr. 1 in banden. Il s'est implanté partout en Belgique, faisant monter son chiffre d'affaire à 23,4 millions d'euros. Il détient également Lambefimmo et Lambrecht & Zoon, une entreprise de plafonnage. Edward Van Daele60 ansEst le gérant du bureau d'avocats Van Besien, Van Daele, Detournay Schamps et associés, une SPRL spécialisée dans le droit d'entreprises (droits administratif, social, fiscal, bancaire, commercial, civil, intellectuels, européen). Ce bureau fait également partie de l'Espace Juridique Avocats, qui regroupe des avocats français, flamands et wallons. Chiffre d'affaires : 432 000 euros Basé à Mouscron Luc Espeel 46 ansAdministrateur délégué de Constructies Espeel, société de constructions métalliques spécialisée dans les transports internes, le traitement des marchandises et la livraison de systèmes et occupant 58 travailleurs. Luc Espeel est également un ancien joueur du SK Roulers. Chiffre d'affaires : 9,76 millions d'euros Bénéfices : 340.000 euros Basée à Rumbeke. Roland Duchâtelet 59 ansFondateur, président et gérant de la société Mélexis active dans le domaine des appareils électroniques et des semi-conducteurs (surtout pour le secteur automobile), basée à Concord (USA), qui emploie 4.000 personnes, dont 400 en Belgique. Dans le même domaine, Duchâtelet occupe la tête du conseil d'administration d'Epiq, de X-Fab. Par ailleurs, il est le président fondateur du parti politique Vivant, présent des deux côtés de la frontière linguistique. Plus récemment, il a lancé la télévision locale par internet : TVLokaal.com.Il serait à la tête d'une fortune de plus d'un demi-milliard d'euros. Reto Stiffler 66 ansPlacé à la tête du Standard par son ami Robert-Louis Dreyfus, il n'a aucune affaire en Belgique. Il gère le Club Hôtel, hôtel de 145 chambres dans la station suisse prestigieuse de Davos. Willy Naessens55 ansA ne pas confondre avec son homonyme Willy Naessens qui détient une grande entreprise à quelques kilomètres de là, à Wortegem-Petegem, le président de Zulte Waregem est à la tête de Dakwerken Naessens , actif dans la réparation des toitures. Il s'occupe également d'une société immobilière qui vend des appartements en Belgique et des villas à Ténériffe. Actuellement, il a trois projets en Espagne : 44 villas, 36 habitations et un lotissement avec 12 petites maisons et une piscine communale. Chiffre d'affaires : 10,7 millions d'euros Basé à Zulte STÉPHANE VANDE VELDE