Parce qu'il a ressenti tous les maux du Sporting de Charleroi, il ne peut que savourer avec des mots le renouveau du club dont il est le capitaine. Oublié l'ABC du condamné, il a préféré le dictionnaire gagnant. Celui synonyme de victoire. Et puis il a ouvert le livre de ses souvenirs pour se raconter au fil des lettres. Comme un échange, une correspondance où il laisse une place à sa mémoire qui n'a pas oublié son ancien président Armand Kaïda ou ses anciens coéquipiers Frédéric Jacquemart ou PatrickMauléon.
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Parce qu'il a ressenti tous les maux du Sporting de Charleroi, il ne peut que savourer avec des mots le renouveau du club dont il est le capitaine. Oublié l'ABC du condamné, il a préféré le dictionnaire gagnant. Celui synonyme de victoire. Et puis il a ouvert le livre de ses souvenirs pour se raconter au fil des lettres. Comme un échange, une correspondance où il laisse une place à sa mémoire qui n'a pas oublié son ancien président Armand Kaïda ou ses anciens coéquipiers Frédéric Jacquemart ou PatrickMauléon. " J'ai joué à beaucoup de places avant de m'imposer à celle-là. Chez les Préminimes, j'occupais tout le couloir offensif avant que l'on me place dans l'axe de la défense à l'Union Namur. Lors de mon premier match en défense, j'avais sorti une toute grande prestation en marquage contre Fiorenzo Serchia de La Louvière. Puis, à Charleroi, on m'a mis à droite. Cependant, sous Manu Ferrera, j'ai également évolué au back gauche et même dans l'axe. Sous Enzo Scifo, je n'ai pratiquement joué que dans l'axe avant que Robert Waseige ne me repositionne à droite dans une position qui lui semblait meilleure pour l'équipe. J'essaie d'imposer mon physique et mon engagement dans les duels. Je ne suis pas un ailier de débordement mais je mise sur un bon placement. Je ne sais pas si, l'âge avançant, je finirai à cette position. Seul l'avenir nous le dira ". " Cela ne s'est pas toujours bien passé avec le président Bayat. Les relations n'étaient pas toujours au beau fixe en grande partie parce que nous ne nous comprenions pas. Mais cela a changé depuis la fin de l'année passée lorsque j'ai connu quelques périodes difficiles. A un moment, on n'a plus eu vraiment confiance en moi mais je me suis accroché. Et cela lui a plu. Il m'a alors soutenu. Cela a forgé du respect entre nous. On ne se parle pas beaucoup mais on n'a pas besoin de grands discours. J'aperçois dans son regard que l'on se comprend. Les joueurs éprouvent également beaucoup de respect pour Mogi Bayat. C'est un jeune manager mais cela ne nous pose pas de problèmes. Quant à Mehdi Bayat, il est plus discret mais il s'agit du confident des joueurs qui peuvent lui parler sans retenue. On ne peut pas agir de la même façon avec Mogi à cause de sa fonction. La famille Bayat est fort présente dans le club et on connaît les tâches de chaque personne. Ce qui diffère du passé où on ne savait pas toujours qui faisait quoi au Sporting "... " Ce ne fut pas facile de succéder à Dante Brogno dans ce rôle très lourd à porter lors des deux mauvaises saisons. Mais cette année, ce n'est pas très compliqué. Cependant, il faut rester attentif même quand tout va bien. Moi, j'ai un réel problème quand cela évolue mal car je ressens fortement les choses. Cela me va droit au c£ur. Dans cette fonction, j'arrive à m'adapter aux gens et à l'époque. Lorsque j'ai débuté, c'était très dur pour les jeunes de se faire une place parmi les anciens. Maintenant, les anciens doivent presque se montrer gentils pour que le jeune joueur se sente bien. Quand quelque chose ne va pas, je ne suis pas du genre à pousser une gueulante mais je vais plutôt prendre le joueur à part et lui parler. Sinon, j'essaie d'organiser des soirées pour le groupe. Cela peut arriver que le staff ne soit pas invité. Notamment dans les moments difficiles. Autrefois, il existait également un système d'amendes pour un retard ou un oubli de matériel sur le terrain. Mais cela avait posé quelques problèmes. Lorsque Jacky Mathijssen a débarqué, on en a discuté et il m'a dit qu'il était contre. On a donc supprimé ce système et cela porte ses fruits puisque plus personne n'arrive en retard "... " Quand on regarde une carrière, on voit qu'il faut être au bon endroit au bon moment. L'année passée, Robert Waseige m'a dit qu'à son époque de coach national, j'avais été à un cheveu du voyage au Japon. J'ai été retenu une fois en A' et une sélection en A aurait constitué la cerise sur le gâteau. Mais je suis très fier de ma carrière. Je sais d'où je viens et il faut se rappeler que j'ai débuté en D1 à 25 ans ". " Tous les entraîneurs que j'ai eu la chance de côtoyer m'ont apporté quelque chose. Il faut s'adapter à des méthodes différentes. Et je me dis que si je suis titulaire, c'est quelque part que je le mérite puisque pas moins de 10 entraîneurs ont décidé de me conserver leur confiance ". " Je commence à être un peu seul à chambrer la colonie hexagonale. Avant, il y avait aussi Grégory Dufer. Les Français sont charmants mais comme tous leurs concitoyens, ils sont chauvins. On parle beaucoup des sportifs d'autres domaines et ils croient qu'ils possèdent les meilleurs champions. Je dois leur rappeler qu'on dispose également de bons champions dont souvent ils n'ont jamais entendu parler. Lorsque j'ai évoqué Fred Deburghgraeve, ils ne m'ont pas cru et pensaient que j'inventais jusqu'au moment où un journaliste leur en a parlé. Cependant, ce n'est pas toujours évident de les chambrer car ils détiennent de grands champions. En dehors de leur chauvinisme, il s'agit de professionnels exemplaires. On ne peut rien leur reprocher sur ce plan-là ". " Greg, c'est devenu un véritable ami. On dispose de la même mentalité et en plus, il est vraiment doué. Il doit juste encore progresser au niveau du mental. Il se retrouve très seul à l'étranger. Cependant, il commence à s'adapter. L'avenir nous dira s'il a fait le bon choix en signant pour Caen. Je l'aurais cependant plus facilement vu à Anderlecht surtout quand on constate les manquements actuels des champions de Belgique. On n'a pas trop cru en lui là-bas ". " Mon hobby principal, c'est ma famille. Que ce soit ma femme ou mes parents, cela forme mon équilibre. Elle me permet d'avancer et de m'accrocher quand cela ne va pas. Les deux années noires, ce le fut également pour mon épouse car je lui en ai fait voir de toutes les couleurs ". " Chaque année, on retourne s'y ressourcer. On va dans la famille de ma femme à Naples. Elle est venue en Belgique à 18 ans mais c'est une pure italienne. Il ne faut d'ailleurs pas lui parler de naturalisation. Quand on retourne dans la Botte, on se relâche. Les Napolitains vivent avec moins de stress. L'important pour eux, c'est de savoir ce qui se trouvera sur la table le soir. J'ai également appris à conduire comme eux. Ils ne roulent pas tellement vite mais ils ne respectent plus rien. Quand ils passent au contrôle technique, il s'agit juste de vérifier le klaxon et les freins ". " Une grande amitié me lie avec Frédéric, l'ancien attaquant du Sporting qui est issu, comme moi, de l'UR Namur. Des amitiés comme celle-là, on n'en espère pas beaucoup dans le monde du football. Il m'a donné de bons conseils lorsque je suis passé à Charleroi. Nous partageons le point commun d'avoir marqué contre Anderlecht. Lorsque cela m'est arrivé, il m'a dit ûTu verras, c'est quelque chose que tu n'oublieras jamais. Mais lui, il avait battu les Mauves. Ce qui n'était pas mon cas. On a joué ensemble cinq ans à Namur. Peu de Namurois percent en D1. Et cela me fait plaisir de voir qu' Izzet Akgül pointe le bout du nez. On sent chez lui une puissance et un sens du but très forts. Il doit juste digérer la différence de division. Ce qu'il fait très bien ". " L'ancien président de Namur, Armand Kaïda, c'est la grande classe. Dans le monde dans lequel on vit, dès qu'il se passe quelque chose de négatif, on oublie aussi vite tout le bien que la personne a pu faire. Mais, moi, je ne peux pas effacer tout ce qu'il a fait pour moi ". " On dit que c'est sans doute le meilleur gardien de Belgique. Pas sans doute. Certainement. Il n'y a pas de concurrence pour lui dans notre championnat. Et quand je vois le problème de certains clubs, je ne comprends pas comment il se trouve encore à Charleroi. Il nous rapporte des points mais ce n'est pas le seul gardien qui ramène des points à son équipe. Lui, cependant, il ne nous en fait pas perdre. Il a connu la galère et a beaucoup de reconnaissance pour le Sporting. Il a su saisir l'opportunité que lui offrait Charleroi. Le meilleur investissement que le club pourrait réaliser, c'est le garder. Car, connaissant Bertrand, si Charleroi lui donne ce qu'il demande, il resterait avec joie. Il est devenu incontournable à Charleroi tant près des sponsors que du public. Il représente l'image du club. Et donc, dans la mesure du possible car on ne peut pas freiner la carrière du garçon, il faut remuer ciel et terre pour le conserver ". (A vec des larmes dans les yeux). " Il a vraiment compté pour moi. On savait qu'il allait mourir mais même si on s'y était préparé, cela ne veut pas dire qu'on peut l'accepter. On a été confronté avec le deuil également contre le Cercle Bruges suite à la mort de la copine de Denis Viane. On voulait mettre des t-shirts pour soutenir Majid Oulmers après sa blessure mais on a mesuré l'importance d'une blessure par rapport à ce que Viane a vécu et on s'est abstenu ". " Je faisais souvent la route avec Christian Negouai avant qu'il ne s'envole pour Manchester City. Il est parti tout comme Greg Dufer ou Ronald Foguenne. Mais c'est la loi du foot ". O comme Oulmers " Je ne suis pas surpris de son éclosion car dès son arrivée, il nous a fait forte impression. Au fil des matches, il a pris confiance. De plus, c'est un garçon très attachant. Jamais un mot plus haut que l'autre. Sa blessure intervient au mauvais moment. Mais je ne me fais pas beaucoup de soucis pour lui car vu son professionnalisme, il reviendra très vite ". " Inévitable. Pour moi, cela restera un honneur de l'avoir eu comme entraîneur. C'est lui qui m'a fait confiance. Il m'a lancé dans le bain. Il parle peu mais son attitude et ses regards veulent dire beaucoup. Lors de mes deux premiers entraînements, il m'a lancé deux remarques assez sèches. Il me testait. Il avait une grosse emprise sur son groupe. C'est en grande partie grâce à lui que je me suis adapté si facilement à la D1 car c'était un grand tacticien, un ancien défenseur qui a su m'expliquer très simplement la défense en zone alors que je ne l'avais jamais pratiquée. Et je veux terminer par un mot : merci. Car je n'ai jamais eu l'occasion de le lui dire ". " On est quatrièmes à deux journées de la trêve si Gand prend les trois points sur tapis vert. Si on en est là, c'est principalement grâce à notre état d'esprit. Il y a un vrai collectif et une organisation sans failles. De plus, les transferts effectués sont réussis puisque tous les nouveaux joueurs offensifs ont déjà marqué ". " Je ne veux même plus y penser car on a réussi à l'éviter. Les deux dernières saisons ont été psychologiquement éprouvantes. On se rend compte, dans ces moments-là, que la confiance constitue le moteur du joueur ". " J'avais signé au départ un bail de quatre ans. Puis on a revu le contrat. Je peux déjà me montrer heureux d'être parvenu jusque-là. Et je souhaite arriver au terme en 2006. Si on m'avait dit que je disputerais six saisons en D1, je ne l'aurais pas cru. Si je dois retenir deux souvenirs marquants, je pointerais les deux maintiens obtenus lors de la dernière journée en 2000 contre Anderlecht et la saison passée contre Mons. On ne peut décrire la délivrance et les fêtes qui ont suivi ". " On m'a chambré longtemps parce que je ne marquais pas. Je n'avais toujours pas inscrit un but alors que je comptais plus de 100 matches en D1. Le compteur s'est débloqué il y a deux ans contre Malines. Puis a suivi un goal contre Anderlecht avant celui contre le Cercle cette saison. On en discutait souvent avec Badou Kéré parce que, tous les deux, on avait marqué deux goals en D1. Contre le Cercle, Kéré a pris de l'avance mais je le rattraperai ( il sourit). D'ailleurs, après ses deux buts ce soir-là et alors qu'il montait une nouvelle fois, je l'ai rappelé à l'ordre en lui disant -Celle-ci, tu me la laisses. Et j'ai marqué ". " C'est le club de mon c£ur même si maintenant, je dois le partager avec Charleroi. J'y ai effectué toutes mes classes et si un jour, je retourne au stade, ce sera comme joueur. J'y finirais ma carrière avec beaucoup de plaisir ". " On m'a comparé à lui lors de mon transfert au Sporting. Il s'agit du meilleur exemple de footballeur passé de D3 à la D1. De plus, j'ai disputé mon premier match avec l'UR Namur contre Berchem où il militait. Je me souviendrai toujours de cette rencontre car je suis rentré à sept minutes de la fin et mon premier tir a fini en pleine lucarne ". " J'apprécie beaucoup les gens qui se font comprendre par un regard. Or, Robert Waseige a le discours très facile et... parfois très long. Cependant, il m'a apporté énormément à un moment où je me trouvais en perte de confiance. Dufer se situait aussi dans cette position. Il a su nous relancer tous les deux. Mais chaque joueur ne l'a pas compris et on sentait sur la fin que son discours ne passait plus et qu'il fallait faire quelque chose ". " On passe de la lutte pour le maintien à celle pour l'Europe mais cela ne nous pose pas trop de problèmes. On occupera les fêtes de façon plus sereine et on dépensera plus de cadeaux mais c'est en mai que l'on pourra juger notre saison ". " Les supporters de Charleroi sont des gens avec un c£ur énorme, prêts à tout vous donner et qui pardonnent vite. Ils savent montrer leur déception quand cela ne va pas mais quand tout fonctionne, ils repoussent nos limites chaque fois un peu plus loin. Ils veulent que chaque joueur mouille son maillot. On peut perdre un match 4-0 et se faire applaudir s'ils sentent qu'on les a respectés ". Stéphane Vande Velde" Si on m'avait dit que je disputerais SIX SAISONS EN D1, JE NE L'AURAIS PAS CRU " " J'aurais vu plus facilement DUFER À ANDERLECHT mais on n'a pas cru en lui, là-bas "