Les amateurs espagnols de cyclisme ont dû patienter neuf étapes, comme d'habitude longues, durant le tour de leur pays avant de voir l'un des leurs signer une victoire. Le scénario-catastrophe de 1996 a failli se reproduire : c'est la seule fois en 71 ans de Vuelta qu'aucun Espagnol n'avait gagné d'étape. Cette fois, David De la Cruz a libéré ses compatriotes mais cette longue disette en dit long sur le désert dans lequel le cyclisme ibérique se trouve.
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Les amateurs espagnols de cyclisme ont dû patienter neuf étapes, comme d'habitude longues, durant le tour de leur pays avant de voir l'un des leurs signer une victoire. Le scénario-catastrophe de 1996 a failli se reproduire : c'est la seule fois en 71 ans de Vuelta qu'aucun Espagnol n'avait gagné d'étape. Cette fois, David De la Cruz a libéré ses compatriotes mais cette longue disette en dit long sur le désert dans lequel le cyclisme ibérique se trouve. Cette année, les Espagnols étaient 27 au départ de la Vuelta, égalant le record à la baisse de l'année passée. Pendant 69 éditions, ils ont toujours été en supériorité numérique. Depuis 2015, ils doivent laisser cet avantage aux Français. La chute est dure. En 2005, la première année du WorldTour, l'Espagne était encore représentée par 71 coureurs. Cette évolution reflète le changement de hiérarchie planétaire. En douze saisons du WorldTour, le nombre de formations espagnoles est passé de quatre à une, Movistar. Au Tour européen, il ne reste que Caja Rural, des trois équipes de départ. De 165 coureurs professionnels en 2005, on en est à 67. Les explications ? La montée en puissance de nouvelles nations du cyclisme mais surtout les scandales de dopage qui ont bouleversé le pays, comme l'Operacion Puerto en 2006, la crise économico-financière qui a touché les sponsors et les économies des pouvoirs publics. L'émiettement du sommet de la pyramide a scié sa base. Partout en Espagne, l'afflux de jeunes talents s'est tari. La disparition fin 2013 d'Euskaltel-Euskadi, la brigade basque orange qui possédait une école de formation ouverte aux enfants dès sept ans, est symptomatique. L'Espagne a continué à emmener le classement des nations au WorldTour mais grâce à des coureurs trentenaires. Ironie du sort, ce sont les anciens qui sont les garants du ciclismo español. Joaquim Rodriguez (37 ans), qui a raccroché le mois passé, est lié depuis l'année passée au Purito Sprint Club, une école cycliste d'Andorre, qui accueille une trentaine de coureurs de quatre à seize ans. Son ancien rival, Alejandro Valverde (36 ans), a lancé à Murcie une école pour les plus jeunes ainsi que le Valverde Team, une formation de 14 néophytes et 18 juniors. L'académie de Samuel Sanchez (38 ans), en Asturie, s'occupe des coureurs jusqu'à la catégorie des juniors. La Fundacion d'Alberto Contador (33 ans) à Pinto (Madrid), est actuellement celle qui brasse le plus large : en plus d'une école et d'une équipe de juniors, elle aligne une formation d'espoirs. La pyramide de Contador est la première à fournir un pro : Enric Mas, un des meilleurs U23 ibériques, sera néo pro chez Etixx - Quick-Step la saison prochaine. PAR BENEDICT VANCLOOSTER