C'est moche, mais ça arrive en foot ! Dans un monde pas trop détraqué, une joie simple inonderait illico le joueur venant d'inscrire un but décisif. Au lieu de ça, c'est de rancoeur que le buteur explose plus souvent qu'à son tour, même s'il commet rarement la gaffe commise par Mohamed Aoulad : laisser lire sur ses lèvres l'expression toute crue de ses pensées revanchardes ! Reste que, fréquemment, la satisfaction du buteur est bilieuse, une colère de Calimero gomme son plaisir, un rictus vindicatif lui squatte tout le faciès : tu devines que via son but victorieux, il vient de défoncer virtuellement la gueule de ses pires ennemis. Qui n'étaient pas ses adversaires, mais les supporters qui le prenaient en grippe, le dirigeant qui refusait ses requêtes contractuelles, le coach qui lui faisait cirer le banc, bref : des bonshommes du même club ! ...

C'est moche, mais ça arrive en foot ! Dans un monde pas trop détraqué, une joie simple inonderait illico le joueur venant d'inscrire un but décisif. Au lieu de ça, c'est de rancoeur que le buteur explose plus souvent qu'à son tour, même s'il commet rarement la gaffe commise par Mohamed Aoulad : laisser lire sur ses lèvres l'expression toute crue de ses pensées revanchardes ! Reste que, fréquemment, la satisfaction du buteur est bilieuse, une colère de Calimero gomme son plaisir, un rictus vindicatif lui squatte tout le faciès : tu devines que via son but victorieux, il vient de défoncer virtuellement la gueule de ses pires ennemis. Qui n'étaient pas ses adversaires, mais les supporters qui le prenaient en grippe, le dirigeant qui refusait ses requêtes contractuelles, le coach qui lui faisait cirer le banc, bref : des bonshommes du même club ! C'est con. D'autant plus égoïste que le buteur rageur en oublie de remercier l'équipier passeur décisif. D'autant plus idiot s'il éructe sa rage vengeresse en début de match, lorsque restent encore des tas de minutes pour être rejoint, mauvais, et en fin de compte battu. Ces mimiques, de vendetta plutôt que de bonheur, ne sont pas l'apanage des joueurs : Yannick Ferrera en fut un témoignage après la victoire des Zèbres face au Lierse. Mais le pétage de durite m'est davantage supportable lorsqu'il est le fait d'un coach ayant ramé toute une saison, plutôt que d'un pourri-gâté de joueur frustré. Car ainsi va le foot quand la relégation menace : Ferrera a dû guerroyer en étant cible récurrente des stigmatiseurs de tout poil, ce qui laisse immanquablement des traces à la fin de la guerre ! Ceci dit, quitte à tirer la couverture à lui, quitte à courtiser les supporters carolos, j'aurais aimé qu'il se dirige vers eux avec un grand rire apaisé au lieu d'un rictus hurleur : qu'il leur dispatche des volées de bisous volants, en soulevant sa chemise pour découvrir un T-shirt où il aurait gribouillé " Merci, je suis au paradis ! " Autre option médiatique, Ferrera III aurait pu préférer une séquence/effusions classique, avec tout son staff et Bayat III : c'eût effectivement été politiquement correct ! Mais de l'extérieur où nous sommes, comment savoir si ce fut pour lui la réussite d'un staff ? Une chose est sûre : au casse-pipe des questions d'après défaite, c'est le benjamin du staff qui s'y est collé toute la saison ! Et en l'entendant lâcher lui-même, après la délivrance face au Lierse, les mots " peut-être un peu de haine aussi.. ", comment ne pas s'interroger ? Le plus con reste d'avoir déserté dans la foulée, au lieu d'écraser encore un peu, puisque le plus dur était fait ! Yannick, imagine maintenant que le vieux Luka Peruzovic accumule les perfs au cours des play-offs 2 : ça ternirait ton image de jeune sauveteur, non ? T'aurais dû rester, j'étais fan : chaque saison, rapport à la lutte pour le maintien, je ne suis pas supporter d'un club, je le deviens : plus les entraîneurs se font virer par de plus fautifs qu'eux, plus je deviens groupie du mal classé non-viré ! J'aurais adoré qu'un " rescapé " maintienne pour une fois son équipe en ayant presté la saison complète,... c'est plus fortiche qu'un titre ! Qui plus est, un jeune gars sans expérience de coach, sans passé de grand joueur : je lui aurais tiré mon chapeau, comme d'ailleurs à Mehdi Bayat qui ne l'avait pas guillotiné, alors que Tonton aimait tant ça... Mehdi, voici dix jours à la RTBF, n'a pas levé le voile sur la désertion de son coach, et cette absence de scoop a fait jaser. A tort : là, le mieux placé pour expliquer, c'était le coach himself et il n'est pas venu, dommage. Et dommage que son communiqué de presse se soit borné à mentionner un " manque de respect ", formulation qui n'est que du pipeau. Car oui ou non, que Mehdi et Yannick en aient causé ou pas, ce lâchage, EST-CE UNE HISTOIRE DE POGNON ? Vu que Ferrera a maintenu les Zèbres en prestant pour pas cher, Bayat aurait-il accepté de revoir le respect à la hausse ? A quelle hauteur sonnante et trébuchante plaçait-il ledit respect ? Et pourquoi personne, à La Tribune, ne lui a-t-il posé cette question basique qui nous taraudait tous ??Yannick, imagine que le vieux Peruzovic accumule les perfs : ça ternirait ton image de jeune sauveteur, non ?