Pedro Manuel Torres (24 ans) est né et a grandi à Sambizanga, une banlieue de Luanda, la capitale de l'Angola. A l'âge de treize ans, il a été brûlé par une assiette de soupe. Depuis, son entourage le surnomme Mantorras - l'homme brûlé. Deux ans plus tard, orphelin en pleine guerre civile, il a atterri en Europe. Barcelone l'a remarqué. Le club portugais d'Alverca l'a repéré alors qu'il était dans l'équipe B du Barça. Trois ans plus tard, il a rejoint Benfica. Matorras, un avant rapide, est un des piliers de l'équipe nationale mais il s'est blessé au genou en 2001...

Pedro Manuel Torres (24 ans) est né et a grandi à Sambizanga, une banlieue de Luanda, la capitale de l'Angola. A l'âge de treize ans, il a été brûlé par une assiette de soupe. Depuis, son entourage le surnomme Mantorras - l'homme brûlé. Deux ans plus tard, orphelin en pleine guerre civile, il a atterri en Europe. Barcelone l'a remarqué. Le club portugais d'Alverca l'a repéré alors qu'il était dans l'équipe B du Barça. Trois ans plus tard, il a rejoint Benfica. Matorras, un avant rapide, est un des piliers de l'équipe nationale mais il s'est blessé au genou en 2001 puis en 2002 et depuis son opération, il fait banquette à Benfica et il n'a pas encore la condition nécessaire pour disputer l'intégralité d'un match. Cela ne l'empêche pas de s'engager sur le plan social : Mantorras soutient différentes fondations soucieuses du bien-être des enfants angolais, souvent victimes de la famine. Le président de l'Etat, José Eduardo dos Santos, n'est pas indifférent à son aura : quand Mantorras vient en Angola, il le reçoit avec les plus grand égards et ne manque pas de l'inviter à sa table car le football personnifie l'avenir. Un autre attaquant, Fabrice Maieco Akwa (29 ans), a été transféré au Benfica mais lui non plus n'a pas atteint le niveau requis, à 17 ans, et a émigré à Wakra Sport, au Qatar, en 1998. Akwa est le seul footballeur angolais à s'appuyer sur trois participations à la Coupe d'Afrique, même si sa première édition s'est limitée à dix minutes de jeu. Cette expérience, liée à ses qualités de buteur, font de lui le véritable meneur de l'équipe. Soit il joue avec un médian offensif derrière lui soit avec un second avant à ses côtés. " C'est ma formule préférée car elle me permet de me démarquer plus facilement. Ceci dit, la collectivité est le point fort de l'équipe ", a-t-il expliqué pendant la Coupe d'Afrique, au bord de la piscine de l'hôtel Meridian Pyramids, au Caire. " Si nous ne nous appuyons pas sur le groupe, nous ne sommes bons à rien. Nous avons des techniciens mais c'est le groupe qui compte. Si chacun joue sa carte personnelle et des actions individuelles, nous laissons trop d'espaces à proximité de notre rectangle. Or, nous ne commettons pas encore assez de fautes pour freiner un attaquant. Nous ne sommes pas assez durs. J'espère que nous atteindrons un bon niveau pendant le Mondial. Nous en sommes capables. Nous l'avons déjà montré dans un match contre le Japon à Tokyo et en seconde période contre le Maroc à Rabat. Si nous jouons comme lors de ces rencontres, nous pouvons réussir une bonne Coupe du monde. Nous avons été collectifs et fait ce que l'entraîneur demandait : nous avons fait circuler le ballon, les ailiers ont délivré des centres et nous avons mis notre égoïsme en poche. Chacun ne voulait pas marquer son but. Les joueurs qui seront sélectionnés pour l'Allemagne devront avant tout être forts mentalement et capables d'oublier leurs ambitions personnelles, dans l'intérêt de l'équipe. I wish. And I hope (il rit) ". RAOUL DE GROOTE, ENVOYÉ SPÉCIAL AU CAIRE