Aad de Mos (55 ans): "Ils m'ont nui au plan international d'une manière détestable. Mes rectifications seront à l'avenant. De quatre à six parties vont être mises en cause. éa va être une affaire terrible, qui entraînera de gros dommages et intérêts".
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Aad de Mos (55 ans): "Ils m'ont nui au plan international d'une manière détestable. Mes rectifications seront à l'avenant. De quatre à six parties vont être mises en cause. éa va être une affaire terrible, qui entraînera de gros dommages et intérêts"."Il était trop cher, il s'enrichissait sur le dos du club, il n'était pas seulement directeur technique mais aussi manager", voilà ce dont on l'a accusé face à la presse à l'annonce de son limogeage.Aad de Mos : 24 joueurs sont partis pendant mon mandat, dont un seul que j'avais enrôlé, Ian Claes, loué. Le rapport qualité-prix des autres ne nous convenait pas. Deux exceptions, des joueurs que je n'avais pas engagés moi-même: Birger Van de Ven et Joris Van Hout, des joueurs doués mais impossibles à conserver à cause des clauses de leur contrat. En cas de rélégation, Van Hout pouvait partir pour 375.000 euros, Van de Ven recevait 50% du transfert. La vente de Rory Hegelmeers ne rapportait qu'une dizaine de % au club. Ces contrats scandaleux ont été signés par le président et deux membres de la direction. Il fallait changer ça car c'était la mort du club. Trop de jeunes de notre propre école sont partis pour des queues de cerises: Vreven, Valgaeren, Tom Caluwé, Tom Peeters. D'autres joueurs au contrat scandaleux, comme Hermansen et Bal, doivent encore partir mais ils ont été engagés avant mon arrivée. Avez-vous diminué la masse salariale?Elle doit être identique, voire moindre, mais la qualité des joueurs est supérieure. L'avenir prouvera que ces acquisitions sont tout profit: Dever, Blay, Dosunmu, Leemans... Ken Leemans est un produit du cru!Demandez-lui ce que j'ai fait pour lui! Après le match des Espoirs contre Strasbourg, nous avons discuté de ses manquements. J'ai noté ça sur un carton de bière et il l'a accroché dans sa chambre, tant il était impressionné."Un salaire inférieur à celui de beaucoup de joueurs"J'ai travaillé sans salaire pendant les dix premiers mois. A partir du 1e septembre 2001, j'ai obtenu un salaire mensuel inférieur à celui de beaucoup de joueurs. Plus un pourcentage sur la vente des joueurs que j'avais transférés. 10% sur les transferts illimités, 15% sur les autres. Mais comme aucun de "mes" joueurs n'a encore été vendu, je n'ai encore envoyé aucune facture au Club Malinois.Cet accord reste valable après votre renvoi. C'est contraire aux usages.Oui, mais c'est une nouvelle tendance. J'assume une responsabilité et je suis obligé d'obtenir un rendement avec ces joueurs. Si Malines perd, De Mos aussi. C'est pour ça que je voulais aussi choisir l'entraîneur. Dès le début, j'ai clamé que le club jouerait le titre. J'ai convaincu le président de continuer alors qu'il se sentait roulé par les clauses: il devait payer des primes colossales sur les contrats de Buskens et cie, on ne mentionnait nulle part qu'en cas de relégation, les salaires, primes et les cotisations à l' épargne-pension baissaient. Conformément à mes promesses, j'ai pris des joueurs bon marché qui nous permettaient de monter et qui pouvaient évoluer en D1. J'avais une vision.Nous avons eu un problème: selon les anciens dirigeants, Del Solar était libre mais nous avons dû payer une caution à l'UB car Besiktas devait récupérer 375.000 euros. Si je fais du bon boulot, je gagne 10 ou 15%. Le reste va au club. J'ai fait mes preuves: former une équipe, c'est mon point fort. Tous les clubs par lesquels je suis passé en ont profité. C'est moi qui ai amené Ronaldo au PSV, Paauwe, Waterreus, Nilis aussi, Jesper Olsen, Van Basten, sans oublier le retour de Cruyff en 82 à l'Ajax. A Malines? Rutjes, Bosman, Koeman. Les Mpenza au Standard et Ono a rejoint Feyenoord sur mon avis.Combien de joueurs avez-vous acquis pour Malines?24 ou 25. Dever, Viscaal, Boeka Lisasi et Eeclo pour une somme d'environ 750.000 euros, le reste était gratuit."Je n'ai pas traité Demol de vantard"Dans l'intérêt du club. Nous étions en procès avec Ferrera et je ne pouvais divulguer le nom de l'entraîneur mais je ne l'ai pas traité de vantard. J'ai discuté avec Demol pendant des heures. A un tournoi pour -18 ans à Duisburg, il m'a convaincu.On vous reproche d'avoir enrôlé Geert Lermyte, une catastrophe comme manager commercial d'après le président.Geert est un pro mais comment amener des sponsors sérieux quand la direction étale sa vie privée dans les journaux, sans parler du vaudeville dont je suis victime, alors que j'ai mérité mes galons dans ce club. La famille Van den Wijngaert doit admettre ses erreurs. En principe, elle a sauvé le club mais elle risque de précipiter son déclin.Il y a eu des assemblées générales de l'ASBL: le président devait déclarer Malines quitte de la moitié de ses dettes pour créer une nouvelle structure. Tout a été couché sur papier, avec des délais précis. Jamais le projet n'a été exécuté. Personne ne va évidemment financer des dettes. Il faut un budget vierge. On l'attend toujours. Willy Van den Wijngaert tient Malines en otage?Oui, il empêche de facto des investisseurs de venir et de propulser le club vers le sommet. Je fais appel au bon sens des membres de l'ASBL du club, qui a en fait tout à dire. Si elle veut que le club reste en D1, elle doit peut-être se défaire de Van den Wijngaert. Il le faut, pour les supporters. La direction a déjà convoqué l'AG deux fois. Celle-ci connaît la situation. On n'aboutit à rien parce qu'on cherche à libérer de l'argent dû au boucher ou du boulanger pour payer les salaires de juin et de juillet. Quel est le montant des dettes à apurer?Willy Van den Wijngaert a prêté 12,4 millions d'euros au club. Il faut trouver un accord et lui rendre ce à quoi il a droit. Je ne sais pas combien il aura. J'ai permis au club d'économiser en supprimant des clauses dingues."Verheyen est un nobody en football"Que ces 7 ou 8.000 supporters soient toujours là en janvier. Je crains que ce vaudeville n'incite tout le monde à réclamer son dû. C'est la faute de la famille Van den Wijngaert. Quand vous vous isolez à ce point, à cause de votre omnipotence, plus personne ne vous apporte de solution, même pas les membres de la direction. Quand on parle de restructuration, la première question de Willy Van den Wijngaert est: -Puis-je resterprésident? Il a peur que Geert Lermyte et moi nous mettions en travers de son chemin. Alors, il a déclaré que j'étais trop cher, que mes transferts étaient mauvais. Il s'est servi de Lucky, un nobody en football. Il a cru qu'en mettant Luc Verheyen au-dessus de moi, je m'en irais. Lucky m'a demandé mon contrat au moins 100 fois. Mais le responsable sportif, c'était moi. Puis, nous avons eu des problèmes avec le transfert de Blay, qui gagnait 225.000 euros au Standard et auquel je ne voulais accorder que 100.000 euros. Lucky s'est alors amené avec Sandjon, qui n'avait pas réussi son test. Il se mêlait de l'aspect sportif. En fait, il est victime de la famille Van den Wijngaert. Il va finir par être renvoyé, faute de connaître son métier. Vous voulez revenir à Malines?C'est ma mission. Quand je veux quelque chose, je l'obtiens. Je ferai tout pour ça. C'est mon club. Je suis davantage qu'un employé. Je suis une figure paternelle pour chacun. C'est mon dernier club. J'aurais pu rejoindre le plus grand club d'Arabie Saoudite pour 1,7 million de dollars nets. Ici, je devais faire le ménage, reconstruire et cueillir les fruits de ce travail. La phase un était achevée, je commençais à bâtir quelque chose. Regardez l'équipe. Elle a de la puissance, du gabarit, de la vitesse, de la créativité.On le considère comme le candidat numéro un à la descente.Je suis prêt à parier, maintenant, que ce ne sera pas le cas, à dix contre un!Le président a déclaré que si vous ne vous taisiez pas, il divulguerait autre chose. Quoi?Aucun président -avec sa compagne- n'a viré autant de gens. Chaque fois, il les menace. Qu'il dévoile ce qu'il a à dire! Chaque fois qu'il l'a fait, il s'est planté. Je me contente d'énoncer des faits, avec des preuves. Tous les renvois se produisent toujours de la même façon. Trois personnes sont généralement impliquées, en dehors de la saison."Je ne supporte pas la malhonnêteté"Exactement. Sa compagne, peut-être mue par la jalousie et le goût du pouvoir, l'influence afin qu'il prenne les décisions qui lui conviennent. Autre fait:il n'y a pratiquement pas de réunions de la direction. J'ai un faible pour Willy. Il a de l'humour, il est intelligent, contrairement à ce qu'on dit. Le problème, c'est qu'il se laisse influencer par des gens instables, sa compagne et son fils, qui ont trouvé refuge dans l'alcool, dans le passé.Vous êtes souvent renvoyé. N'avez-vous pas un problème?Pour me connaître, appelez ma femme. Bon. Je ne suis pas diplomate. Je dis ce que j'ai sur le coeur et ça passe peut-être mal car j'ai l'air arrogant mais je pense être un professionnel accompli, car je suis fou de mon travail. Pour comprendre le présent, vous devez connaître mes antécédents. J'ai débarqué à l'Ajax en 1980 et j'ai été un entraîneur incontesté jusqu'en 1992. Le football a ensuite subi une mutation inouïe. Il est impossible de faire le ménage, de construire et de récolter: cette phase est devenue la seule importante. J'ai un gros handicap: en début de carrière, j'ai travaillé avec les meilleurs joueurs du monde, dans le meilleur club, en matière de philosophie et de formation. Je ne supporte pas la malhonnêteté. Je peux être volcanique. Un exemple. Au Brésil, je repère Ronaldo, Roberto Carlos et Rivaldo. Trois millions de dollars pièce. Harry van Raay, le trésorier du PSV, devenu président depuis, demande combien de sélections nationales ils ont. Aucune. Il me répond que Romario, à son arrivée à Eindhoven, en comptait 12 et que c'est donc délicat. Le volcan se réveille en moi car on m'atteint dans ma connaissance du football, alors que j'ai tout gagné dans mes trois clubs antérieurs, l'Ajax, Malines et Anderlecht. Alors, je deviens agressif et vulnérable.Ronaldo arrive mais pas Rivaldo. Je pense à Nilis comme alternative mais Frank Arnesen dit à la direction, alors que je me suis absenté pour prendre des documents: -Je ne prendrais pas Nilis. Je le connais. C'est un ami de De Mos et il est fragile. Quand j'apprends ça, j'éclate. Le président, Bill Mayer, un homme fort de Philips, demande une vidéo. C'est comme ça que Nilis a été transféré au PSV et y est devenu une grande vedette. éa, c'est l'élite. Maintenant, nous parlons de Blay, de Leemans, etc. On vous dit si arrogant que, les pieds sur votre bureau, vous demandez qu'on vous amène le journal, qu'on conduise votre voiture au car-wash, le tout sur le compte du club.Des balivernes en provenance directe du réseau de ragots malinois. Mon contrat stipule que j'ai droit à une voiture et à une carte d'essence. Je n'en ai pas. Par respect, j'ai donné les véhicules à Kanacki, l'entraîneur des Espoirs, et à Fi Van Hoof. J'ai organisé des soirées pour récompenser les bénévoles. C'était une première. Je l'ai fait par amour du club.Christian Vandenabeele"Willy se laisse influencer par des gens instables comme sa compagne et son fils""Je suis prêt à parier que Malines ne descendra pas""A Malines, je représente la figure du père. C'est mon dernier club"