Comment expliquer que cette équipe de Genk, tellement décriée pendant la période de préparation, se retrouve aujourd'hui aux avant-postes ?
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Comment expliquer que cette équipe de Genk, tellement décriée pendant la période de préparation, se retrouve aujourd'hui aux avant-postes ? ESSAYER D'IGNORER LES CRITIQUESHugoBroos n'a toujours pas digéré les critiques : " Certaines personnes ont attaqué l'homme ", regrette-t-il. " C'est dégoûtant, d'autant que la presse citait toujours des sources anonymes. Ceux qui m'en veulent devraient au moins avoir le courage de se dénoncer. Pour le reste : la période de préparation est faite pour... se préparer. J'étais conscient que tout ne tournait pas rond, mais il faut tenir compte des circonstances. Certains joueurs étaient peut-être trop fatigués après des séances d'entraînement éprouvantes, des automatismes devaient encore être trouvés, etc. Lors du match contre Tirlemont, perdu 5-2, on a touché le fond. Mais j'avais aussi aligné les joueurs qui n'avaient pas encore eu beaucoup de temps de jeu. Je ne voulais pas qu'on puisse me reprocher de ne pas avoir donné une chance à tout le monde. Personnellement, je n'étais pas inquiet : je fréquente le monde du football depuis 35 ans et ce n'est pas la première fois qu'une préparation chahutée débouche sur un bon championnat. Lors des matches amicaux, les erreurs peuvent être utiles : on a encore le temps de les corriger. J'étais persuadé qu'avec les joueurs présents dans l'effectif, on était plus forts que la saison dernière ". Un déclic s'est-il produit lors du match d'ouverture contre Zulte Waregem ? " D'abord, je crois que le groupe a réagi aux critiques. Indirectement, les joueurs se sont aussi sentis attaqués. Certains sont même venus me trouver, en m'expliquant qu'ils ne comprenaient pas cet acharnement. On ignore toujours qui était la fameuse taupe, d'ailleurs. Contre Zulte Waregem, le groupe a voulu démontrer qu'il était toujours derrière l'entraîneur. A ceux qui me demandent si l'ambiance est redevenue meilleure, je réponds simplement qu'elle n'a jamais été mauvaise ". UTILISER LES AILESSur le terrain, les bonnes vieilles méthodes du père Hugo fonctionnent toujours, avec ce 4-4-2 et ce jeu par les flancs qui portent sa griffe. Le football n'a donc pas changé ? " Non, en effet. Depuis la nuit des temps, l'axe du jeu est saturé. Où trouve-t-on alors de l'espace ? Sur les ailes ! Lorsqu'on a la chance d'avoir des joueurs capables d'utiliser les ailes à merveille, il faut en profiter ". Sur ce plan, Broos est gâté avec ThomasChatelle, TomSoetaers et les arrières latéraux, HansCornelis et SébastienPocognoli. Soetaers, meilleur donneur d'assists du championnat, explose en ce début de saison. " Enfin ", se réjouit Broos. " Il ne sera jamais le premier à aller au combat, mais il sait distiller de bonnes passes et inscrire un but de temps en temps. C'est ce qu'on attend de lui. Sur l'autre flanc, entre le Chatelle de cette saison et celui de la saison dernière, c'est le jour et la nuit ". SOLUTIONNER LES DÉPARTSLes départs de l'intersaison ont donc été bien digérés. " Dans le cas de StevenDefour, l'entraîneur a perdu un bon joueur. Mais c'est surtout pour la direction que la manière dont le départ s'est effectué a été dure à digérer. Le cas de KoenDaerden est différent : à partir du moment où une équipe est disposée à mettre le prix pour acquérir ses services, on ne peut que s'incliner. J'ai sursauté lorsque j'ai appris que Bruges avait déboursé 4 millions : c'est un record en Belgique ! Si Anderlecht avait payé ce prix, j'aurais été moins étonné. Mais Bruges ?" PRENDRE DES BELGESLes mérites de Genk sont d'autant plus grands que l'équipe aligne régulièrement neuf joueurs belges dans son onze de base. " Lorsqu'on a défini les positions qu'il fallait renforcer, on a d'abord sondé le marché belge. On a trouvé WouterVrancken et WimDeDecker pour l'entrejeu. Prendre des attaquants belges, en revanche, s'est révélé impossible. Non pas qu'il n'en existe pas, mais ils sont impayables : leur prix, à qualité égale, est sans commune mesure avec ce que l'on peut trouver sur le marché étranger ". Vrancken et De Decker ne sont pas des grands noms, mais... " Sur ce point-là, je suis entièrement d'accord avec une déclaration de FrankieVercauteren : l'objectif n'est pas d'aligner les onze meilleurs joueurs, mais d'avoir la meilleure équipe. En alignant Wouter et Wim, le collectif est renforcé ". Est-ce à dire qu'à Genk, il y a actuellement encore meilleur sur le banc que sur le terrain ? " Intrinsèquement, peut-être, oui. OrlandoEngelaar était sans doute le meilleur joueur de Genk mais lorsqu'il jouait, le rendement de l'équipe ne s'améliorait pas ". TRAVAILLER AVEC DES JEUNESGenk a aussi l'une des moyennes d'âge les plus basses de la D1. " Certains clichés, comme celui qui prétend que Broos ne sait pas travailler avec les jeunes, ont la vie dure. Je ne peux pas les citer tous, mais a-t-on oublié PascalRenier et PaulOkon à Bruges, JonathanBlondel et GonzagueVandooren à Mouscron, VincentKompany, AnthonyVandenBorre, JonahanLegear et Junior à Anderlecht ? Tous ces joueurs ont intégré l'équipe Première sous ma direction. En Belgique, on adore coller des étiquettes dans le dos des gens. C'est très facile. Pour les défaire, malheureusement, c'est beaucoup plus compliqué ". CHOISIR UN OBJECTIF RAISONNABLEEn attendant, voilà Genk présenté actuellement comme l'adversaire le plus coriace d'Anderlecht. " Notre ambition n'est pas de rivaliser avec lui mais de conquérir un ticket européen. Que ce soit par l'intermédiaire du championnat ou de la Coupe, peu importe. Nos vrais rivaux sont Bruges et le Standard, éventuellement La Gantoise et peut-être Charleroi ".