Chaque samedi, Het Laatste Nieuws propose une rubrique intitulée Keerpunten (tournants), dans laquelle une personnalité analyse les grands moments de son existence
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Chaque samedi, Het Laatste Nieuws propose une rubrique intitulée Keerpunten (tournants), dans laquelle une personnalité analyse les grands moments de son existence Voici peu, c'est Antoine Vanhove, le directeur général du Club Brugeois, qui s'est livré à cet entretien. Une tâche pourtant peu agréable pour cet homme dont la vie n'a manifestement pas été un long fleuve tranquille : un frère mort dans son lit à ses côtés, deux enfants décédés en bas âge, un grave accident de voiture, une intoxication alimentaire qui détruisit son système nerveux, un quadruple pontage coronarien.... Au total, il a consulté 146 médecins différents. " Comme mon père, qui joua 11 ans en équipe Première du Club Brugeois, mon frère aurait pu être un grand footballeur ", dit-il. " Il avait 15 mois de plus que moi mais à 15 ans, il est mort d'une embolie. Après son décès, ma mère a perdu 40 kilos. Moi, j'ai mis plusieurs années à m'en remettre. Je n'osais plus dormir seul et, aujourd'hui encore, j'ai peur dans le noir. J'ai eu deux enfants mais ils sont tous les deux décédés à l'âge de quatre ans et demi. J'en ai perdu tous mes cheveux en un an. Quand on a enterré notre fils, je me suis réfugié dans mon pigeonnier et un pigeon est venu se poser sur mon épaule pour me consoler. Depuis la mort de notre fille, je ne me suis plus jamais rendu dans un cimetière, même pas pour l'enterrement de mes parents. Heureusement, j'ai une femme extraordinaire. En 43 ans de vie commune, nous ne nous sommes jamais disputés. C'est une fille de boucher. Je l'ai rencontrée dans un dancing de Blankenberge. Je lui ai immédiatement dit que je n'avais pas de temps à perdre, que je voulais que ce soit sérieux. Trois semaines plus tard, je la présentais à mes parents et 13 mois plus tard, nous étions mariés. Elle s'entendait à merveille avec ma mère. A tel point qu'on pensait parfois qu'elle était sa fille Nous exploitions un commerce de fruits et légumes. Par moment, nous avions 30 ou 40 employés. Je les considérais comme mes frères. Il y a 30 ans, nous avons eu un très grave accident de voiture. Parfois, j'y pense encore la nuit. C'est dans les années 70, après la mort de mes enfants, que je suis entré au Club Brugeois. Je devais faire quelque chose. Je me suis occupé des jeunes, cela m'a plus ou moins rendu goût à la vie ". (P. Sintzen)Pierre Bilic