L'été dernier, à Rio, Jaouad Achab et Raheleh Asemani ont été terriblement déçus par leur quatrième place. Laurence Rase, responsable de la fédération de taekwondo, en a pleuré. Une fois la déception estompée, elle a réalisé un audit de la campagne olympique. Sa principale conclusion : " Nous étions au top physiquement mais pas mentalement. Ce n'est pas un hasard si Jaouad et Raheleh ont été battus par des taekwondokas dotés d'expérience aux Jeux. Ils se sont laissé influencer par les conditions et la pression. Nous avions déjà travaillé avec le psychologue Nathan Kahan ...

L'été dernier, à Rio, Jaouad Achab et Raheleh Asemani ont été terriblement déçus par leur quatrième place. Laurence Rase, responsable de la fédération de taekwondo, en a pleuré. Une fois la déception estompée, elle a réalisé un audit de la campagne olympique. Sa principale conclusion : " Nous étions au top physiquement mais pas mentalement. Ce n'est pas un hasard si Jaouad et Raheleh ont été battus par des taekwondokas dotés d'expérience aux Jeux. Ils se sont laissé influencer par les conditions et la pression. Nous avions déjà travaillé avec le psychologue Nathan Kahan mais sur une période trop courte. " Kahan est resté en poste. Pour préparer le Mondial, qui se déroule tous les deux ans, Laurence Rase a fait venir des sparring-partners étrangers. Maintenant, Achab et Cie doivent être à 100 % physiquement, mentalement et techniquement. Jamais encore notre pays n'avait eu de délégation aussi forte : neuf taekwondokas, trois wallons et six flamands. Les ambitions sont élevées, compte tenu de Tcheliabinsk 2015, où Achab avait été médaille d'or et Si Mohamed Ketbi médaille de bonze. " Au moins une médaille ", déclare Rase. " En avoir deux serait fantastique et trois... super. Salaheddine Bensaleh (-58 kg), quatrième du GP Final 2016, le principal tournoi après les Jeux, est un candidat, comme peut-être Nicholas Corten (-74 kg). Mais c'est Jaouad, numéro un mondial en -63 kg, qui a le plus de chances. Comme je le connais, il vise l'or et rien de moins, même s'il faut être prudent. Après les Jeux, des jeunes taekwondokas inconnus émergent toujours, surtout en Corée du Sud, la Mecque de ce sport, où se déroule justement le Mondial. " Côté féminin, Raheleh Asemani (-57 kg) est également prête. " Après les Jeux, Raheleh a repris son emploi de facteur pendant cinq mois car elle n'était pas sûre de prolonger sa carrière mais elle est redevenue professionnelle à temps plein en février et elle a un contrat à la Communauté flamande. Elle est de nouveau affûtée. " Rase attend aussi beaucoup d'Indra Craen (19 ans) : " Elle combat en -62 kg. Mais je ne veux pas lui mettre trop de pression, pas plus qu'à Laura Roebben (-67 kg), car elles découvrent les championnats du monde. " Côté francophone, Mourad Laachraoui nourrit de grands espoirs également. Il est champion d'Europe en titre en -54 kg. Le vice-champion du monde Si Mohamed Ketbi est passé des -58 kg aux -68 kg à l'issue des Jeux et il faut voir comment il gère ce changement radical. Le Mondial est crucial pour Rase, et pas seulement sur le plan sportif. " Les subsides accordés au taekwondo ont augmenté de 10 % nets cette année mais ça ne couvre pas encore le suivi d'un grand nombre de sportifs. Je vais discuter cette semaine avec les instances responsables. J'ai bon espoir que le budget soit revu à la hausse mais je serais en meilleure position avec une ou plusieurs médailles. " Jonas Creteur