J'aime les stats mais comme toute bonne chose, il faut les déguster avec sagesse et savoir. Les stats individuelles apportent parfois quelque chose mais les collectives me sont souvent vomitives. Indigestion de " 47 % des buts viennent de la gauche ", " 35 % de la droite ", etc. Ça peut se terminer par la gauche mais en foot, faut surtout empêcher que ça commence. Et c'est pas toujours où le ballon se trouve qu'est le problème. Si l'axe a dû devenir plus laxe, c'est pour aller couvrir sur les côtés parce que les côtés étaient à côté de leurs pompes. C'est la faute de l'axe ?
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J'aime les stats mais comme toute bonne chose, il faut les déguster avec sagesse et savoir. Les stats individuelles apportent parfois quelque chose mais les collectives me sont souvent vomitives. Indigestion de " 47 % des buts viennent de la gauche ", " 35 % de la droite ", etc. Ça peut se terminer par la gauche mais en foot, faut surtout empêcher que ça commence. Et c'est pas toujours où le ballon se trouve qu'est le problème. Si l'axe a dû devenir plus laxe, c'est pour aller couvrir sur les côtés parce que les côtés étaient à côté de leurs pompes. C'est la faute de l'axe ? Si l'attaquant gauche oublie son travail défensif et que le récupérateur doit aller fermer le flanc, qu'il arrive un peu en retard et qu'on joue avec le récupérateur adverse qui se fait percuteur. C'est passé par l'axe, OK, mais la faute ne vient pas de là. Moi, je me méfie toujours des gens qui parlent trop tactique. Ils ont quelque chose à cacher. Pour moi la référence tactique, c'est Bourvil avec sa " Takatakataktiiique du gendarme ". Une belle interprétation qui n'appartient qu'à l'interprète. Le foot, c'est une partition mise en note par le chef d'orchestre mais toujours interprétée par les " musiciens ". Avec leurs jours avec et leurs jours sans. Cela dit, il y a des domaines où les stats servent. Le plus bel exemple : Arsène Wenger. En 1996, il débarque à Arsenal avec son intelligence et surtout son diplôme en Sciences économiques. Il l'a mis au service du foot. Pour recruter. Arsenal n'avait pas beaucoup d'argent. Fallait être malin. Recruter très jeune et très juste. Limiter au maximum la marge d'erreur. Arsène faisait visionner tous les matchs de la planète foot, sur les 5 continents. Il veut connaître le nombre de passes réussies, dans quelle zone du terrain, les distances parcourues, le nombre de tirs cadrés par les attaquants. Réussir 80 % de ses passes dans son camp sans pression en première mi-temps, n'a rien à voir avec les réussir dans les 20 mètres adverses entre la 75e et la 90e. Ses dirigeants l'ont suivi et les résultats aussi. Quand tous les rouages du club vont dans la même direction : " no souci ". Hélas, trop de dirigeants se font amants d'agents. L'intérêt n'est plus celui du club mais celui de quelques-uns. Le pognon dans ma fouille, toi tu te débrouilles. Un autre Français moins connu s'est fait connaître grâce à un système de stats importé des Etats-Unis. Damien Comolli. C'est peut-être à cause de lui qu'Arsenal n'a plus rien gagné depuis si longtemps. Un jour, il a quitté les Gunners. Les autres clubs voulaient savoir comment faisait Wenger : acheter si jeune et devenir si bon si vite. Comolli a aussi travaillé pour Tottenham. Il a acheté Dimitar Berbatov et Lukas Modric, puis fait suivre Gareth Bale pendant deux ans. Southampton forme des jeunes qui courent vite et centrent bien. Il avait déjà convaincu Wenger de prendre Theo Walcott. Les Spurs achètent Bale 11 millions d'€. Ils le revendront 100 millions. Belle plus-value. Moins de réussite à Liverpool. Comolli est persuadé qu'il fallait un grand joueur de tête en Premier League, son analyse le pousse à acheter Andy Caroll. Fiasco, le foot a évolué. Fini, débordement-centre. Place au jeu placé. Comolli est viré et Caroll oublié. Du côté de Man City, les analyses de 2000 matchs démontrent à RobertoMancini que les corners rentrants sont plus efficaces que les sortants. Résultat, lors de la saison 2010-2011, City marque 15 buts sur corner. A Chelsea, le scouting analyse les pénalties tirés par le Bayern. Lors de la finale de la Champions League, Peter Cech choisit six fois le bon côté et en arrête deux. Chelsea est sur le toit de l'Europe. Le foot est un jeu qui se joue en mouvement mais qui se gagne souvent à l'arrêt. Mieux vaut le savoir pour bien avancer. Les stats et la tactique sont importants mais seront toujours dépendantes des humains qui font vivre le ballon. Tant mieux ! Histoire que notre sport garde son âme." Arsène Wenger a mis son intelligence et son diplôme en Sciences économiques au service du foot "