Kliff Kingsbury, qui entraîne depuis janvier les Arizona Cardinals, une équipe de football américain, est à l'origine d'une primeur : le mois dernier, il a reconnu que ses joueurs pouvaient consulter leur smartphone pendant vingt à trente minutes à chaque réunion de l'équipe. Il a introduit cette mesure à la Texas Tech University, dont il a entraîné l'équipe de collège de 2013 à 2018. " Ils ...

Kliff Kingsbury, qui entraîne depuis janvier les Arizona Cardinals, une équipe de football américain, est à l'origine d'une primeur : le mois dernier, il a reconnu que ses joueurs pouvaient consulter leur smartphone pendant vingt à trente minutes à chaque réunion de l'équipe. Il a introduit cette mesure à la Texas Tech University, dont il a entraîné l'équipe de collège de 2013 à 2018. " Ils ont des tics et leurs jambes tremblent. Je remarque que mes joueurs s'énervent quand ils sont privés trop longtemps de leurs smartphones et des réseaux sociaux. Je préfère donc leur accorder un peu de temps afin qu'ensuite, ils se concentrent. " C'est surprenant, d'autant que les joueurs se sentent de plus en plus attaqués sur leurs comptes Twitter et Instagram. " C'est un univers artificiel, très mauvais pour l'ego et parfois effrayant ", a déclaré JJ Redick (Philadelphia 76ers) l'année passée avant de clôturer ses profils. Le NBA-commissioner Adam Silver a reconnu le problème lors d'une conférence à l'école de management du célèbre Institute of Technology (Massachusetts). " Je rencontre beaucoup de joueurs et chaque fois, ils me disent qu'ils se sentent isolés, malheureux et qu'ils ont peur. La plupart de ces sentiments négatifs sont attribuables à leur relation avec les réseaux sociaux. Ce qu'on écrit sur Twitter ou Instagram ne leur remonte pas vraiment le moral. " C'est une maladie de notre époque, selon le psychologue du sport américain Michael Gervais. " Les joueurs peuvent contrôler et adapter leur image sur les réseaux sociaux mais ils sont aussi exposés aux insultes des utilisateurs anonymes ", explique Gervais, qui fait allusion à la grande crainte des millennials : les FOPO, l'acronyme des fear of people's opinions - la peur de l'opinion des autres. " Les personnes normales sont suivies par une centaine de personnes, souvent des amis, mais les stars du sport ont souvent des millions de suiveurs et donc autant de détracteurs potentiels. "