Rares sont ceux qui doutent des exceptionnelles qualités de gestionnaire de FlorentinoPérez (62 ans), un homme déterminé au point de transformer certains de ses désirs en réalités. Sur le plan professionnel, son obsession était de devenir le premier constructeur espagnol : sa société ACS ( Actividades de Construcción y Servicios) n'a plus de concurrent depuis qu'elle a englobé un grand rival, Dragados. Troisième sur le marché européen, ACS a constamment augmenté son chiffre d'affaires de 10 à 15 % et ses liquidités de 15 à 20 %.
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Rares sont ceux qui doutent des exceptionnelles qualités de gestionnaire de FlorentinoPérez (62 ans), un homme déterminé au point de transformer certains de ses désirs en réalités. Sur le plan professionnel, son obsession était de devenir le premier constructeur espagnol : sa société ACS ( Actividades de Construcción y Servicios) n'a plus de concurrent depuis qu'elle a englobé un grand rival, Dragados. Troisième sur le marché européen, ACS a constamment augmenté son chiffre d'affaires de 10 à 15 % et ses liquidités de 15 à 20 %. Alors que le secteur de la construction en Espagne est à genoux depuis quelques mois, ACS annonce un bénéfice net d'1,8 million d'euros pour 2008 et distribue des dividendes millionnaires à ses actionnaires... parmi lesquels Perez qui a reçu 64 millions pour l'année 2007. Et ce ne sont pas les seules rentrées de cet homme également vice-président d' Union Fenosa, le troisième groupe électrique espagnol ou actionnaire principal d' Abertis, société spécialisée dans la construction d'autoroutes. Habitué à gagner ses paris, Perez n'a jamais digéré la plus cuisante et douloureuse défaite de sa carrière : avoir été obligé de quitter la présidence du Real Madrid le 27 février 2006 au terme d'un conseil extraordinaire. S'il avait assaini les finances d'un club au bord de la banqueroute, il n'avait pas réussi son pari sportif. A peine sa démission actée, il avait promis à ses amis (les florentinistos étaient toujours nombreux au club), qu'il reviendrait vite et c'est chose faite. Cet homme richissime n'avait pas de concurrent et son poids financier lui a permis de frapper à la porte des banques auxquelles il a réclamé une ligne de crédit d'environ 200 millions. En principe, c'est la Caixa, un institut de crédit catalan, qui va s'exécuter dans un dossier dont les données sont claires : le Real, c'est 400 millions de rentrées (grosso modo un tiers billetterie, un tiers droits TV et un tiers merchandising), 700 millions de patrimoine et 300 millions de dettes. Détail qui, apparemment, n'a pas donné de frayeurs au banquier. Battu de justesse (700 voix) en 1994 par RamonMendoza dans la lutte pour la présidence, Perez fut plus heureux en 2000 où il devançait le président sortant, LorenzoSanz. Lors de son entrée en fonction, Perez s'était vu offrir deux possibilités pour résorber les 278 millions de dettes du club : soit vendre les meilleurs joueurs, soit entrer en Bourse afin d'y trouver de l'argent frais. Il en a choisi une troisième, que seul un spécialiste de l'immobilier avec de bonnes relations dans les hautes sphères du pouvoir était en mesure de réaliser. Avec l'appui du président de la Communauté de Madrid et du maire de la capitale, il est parvenu à transformer en zone à bâtir l'endroit où se trouvaient les 120 hectares de la Ciudad Deportiva, le centre d'entraînement du club qu'il vend. Il encaisse alors 480 millions, dont une moitié servira à construire le nouveau centre à Las Tablas et l'autre moitié à l'achat de joueurs. Dans son livre, Florentino Perez, retrato en blanco y negro de un conseguidor (Portrait en noir et blanc d'un succès ), Juan Carlos Escudier rapporte la déclaration de l'ex-ministre des Affaires sociales, Matilde Fernandez, qui affirmait : " C'est le plus grand scandale immobilier auquel j'ai assisté de ma vie. Il a graissé la patte de tous les élus pour payer les joueurs qu'il voulait ". Perez a adhéré au parti de l' Unione del Centro Democratico en 1979, avec lequel il fut élu conseiller communal de Madrid. Il sera nommé responsable du plan d'assainissement de la Ville, ce qui lui permettait de décrocher un poste au ministère de l'Agriculture après les élections législatives de 1986 auxquelles il prit part en tant que membre du Partito Riformista Democratico. " Sa carrière politique a été un fiasco, tout simplement parce qu'il n'a pas d'idéologie politique ", commente Escudier. " Il est de gauche ou de droite selon les gouvernements ". En effet, lors du mariage de sa fille en 2003, outre les stars du Real, ses amis socialistes étaient présents ainsi que le Premier ministre de droite José MariaAznar. Qu'importe. Tant que le Real gagnait, Perez restait intouchable. Mais lorsqu'il est réélu haut la main en 2004 (94,2 %), le déclin a déjà commencé. La saison 2003-2004 avait débuté sous de mauvais augures avec le renvoi controversé de VicenteDelBosque, le coach qui avait remis l'équipe sur les rails. La tournée en Asie n'avait pas resserré les liens entre les joueurs et si la vente de maillots avait été bonne, sur le terrain, les galactiques n'avaient plus de surnaturel que le nom. L'ère de la disette avait bel et bien commencé. Evincé en 2006, Perez, seul candidat, revient donc à la présidence du Real en 2009 sans même devoir attendre le scrutin du 14 juin. Trois ans qui ont filé comme l'éclair. En fait, depuis 2006 et malgré son éviction, l'ombre de Perez n'a jamais cessé de planer sur le club. On l'a accusé d'avoir fait jouer ses amitiés politiques pour empêcher RamonCalderon de mener à bien son idée de revente, pour 500 millions, des terrains situés près du Bernabeu et dans la zone de Las Tablas. Au moment de dresser le bilan de sa première année de fonction, Calderon affirme aussi que son prédécesseur a chipoté la comptabilité et qu'au lieu de 39 millions, il a hérité de 270 millions d'euros de dettes. Il y a sept mois, un proche de Perez avait dit que le président Calderon avait tripoté le résultat d'un vote et utilisé les cartes de crédit du club à des fins personnelles. Et en janvier dernier, lors de la présentation de Klas-Jan Huntelaar et LassanaDiarra, les socios chahutent un président qui leur avait promis Cristiano Ronaldo, CescFabregas et Kaká. " Florentino reviens ", criaient des supporters dorénavant contentés. par nicolas ribaudo - photo: reporters