Les Pays-Bas sont l'équipe de la première semaine. Le tirage au sort leur avait réservé : les deux finalistes de la dernière Coupe du Monde. Résultat des courses : 7 buts inscrits pour 1 reçu. Marco van Basten a mis en place un système en 4-2-3-1 qui peut s'assimiler en possession de balle au légendaire 4-3-3 cher aux Néerlandais. Le coach a aligné le même 11 de base dans les 2 premiers matches avec Edwin van Der Sar au but, une défense à 4 avec de droite à gauche Khalid Boulahrouz, André Ooijer, Joris Mathijsen et Giovanni van Bronckhorst, un milieu de terrain avec deux demis récupérateurs, Nigel de Jong et Orlando Engelaar, et trois joueurs offensifs, de droite à gauche, Dirk Kuijt, Raf...

Les Pays-Bas sont l'équipe de la première semaine. Le tirage au sort leur avait réservé : les deux finalistes de la dernière Coupe du Monde. Résultat des courses : 7 buts inscrits pour 1 reçu. Marco van Basten a mis en place un système en 4-2-3-1 qui peut s'assimiler en possession de balle au légendaire 4-3-3 cher aux Néerlandais. Le coach a aligné le même 11 de base dans les 2 premiers matches avec Edwin van Der Sar au but, une défense à 4 avec de droite à gauche Khalid Boulahrouz, André Ooijer, Joris Mathijsen et Giovanni van Bronckhorst, un milieu de terrain avec deux demis récupérateurs, Nigel de Jong et Orlando Engelaar, et trois joueurs offensifs, de droite à gauche, Dirk Kuijt, Rafael Van Der Vaart et Wesley Sneijder, en soutien du seul attaquant spécifique, Ruud Van Nistelrooy. Le coaching a été beaucoup plus déterminant que celui des coaches adverses, principalement contre la France. Alors que son équipe menait 1-0 à la mi-temps, van Basten a remplacé un demi défensif (Engelaar) par un flanc gauche offensif Arjen Robben. A 1-0 toujours, il a enlevé Kuijt pour Robin van Persie et celui-ci a directement fait 2-0. C'est un coaching nettement moins frileux que celui de Roberto Donadoni et surtout de Raymond Domenech. L'entraîneur orange a mis en place une tactique très audacieuse en optant pour un pressing très haut sur la défense adverse. Il fallait oser le faire et ce fut payant. Les distances entre les lignes étaient très courtes, avec peu d'espaces dans l'entrejeu, et une défense évoluant à 40-45 mètres de son but. Les défenseurs d'en face, en possession, ne trouvaient pas de solution intermédiaire et se voyaient très souvent contraints de rechercher le jeu long, domaine favori de la défense néerlandaise. Sur le schéma, on peut voir le pressing effectué généralement sur les flancs avec comme principaux déclencheurs Kuijt et Sneijder. Le coulissement latéral et la réduction d'espaces se fait alors de manière remarquable et empêche l'adversaire de trouver des solutions de reconstruction. Le boulot abattu par Kuijt ne se limitait pas au pressing sur l'arrière gauche d'en face et au repositionnement côté intérieur lorsque le pressing s'effectuait sur l'autre flanc, mais il revenait également très bas dans son camp pour suivre les sorties de Gianluca Zambrotta et de Fabio Grosso dans le premier match et celles de Patrice Evra lors du second. Au-delà du fait de ne pas laisser le moindre espace, les Oranje ont fait preuve d'une très saine agressivité qui leur a permis de gagner des duels en phase offensive et de pouvoir repartir très vite en direction du goal adverse. Bien que les Hollandais aient été impressionnants en perte de balle, leur jeu en possession a également été des plus performants car on ne marque pas 7 buts à deux des meilleures défenses du monde par hasard. Ils ont réussi à conserver le ballon dans la moitié de terrain de l'adversaire, chose exceptionnelle à ce niveau, en faisant preuve d'une maîtrise technique et d'une faculté de démarquage fantastiques. Ce qui est également remarquable tient du fait qu'ils ont marqué leurs buts de manières très différentes et les occasions créées l'ont aussi été sur des actions extrêmement variées. Cela s'est produit après de nombreuses passes avant de trouver l'homme libre qui, en une transmission, a pris le dispositif défensif de l'opposant à revers. Sur phases arrêtées, ils ont été brillants et ont à chaque fois ouvert le score sur ce type de phases. Dans la recherche de la profondeur, avec un van Nistelrooy dans un rôle de pivot, certes effacé mais néanmoins très efficace, ils furent aussi à la hauteur. Paradoxalement, alors que le bloc-équipe évoluait très haut, c'est dans les situations de contre-attaques qu'ils furent les plus concrets. Les deuxième et troisième buts inscrits contre la Squadra en sont la preuve la plus éclatante. Et de ce point de vue-là, van Bronckhorst fut le détonateur de cette réversibilité perte-possession de balle tout à fait exceptionnelle qui lui a permis de donner une magnifique transversale vers Kuijt sur le but de Sneijder, et ceci à peine 5 secondes après avoir sauvé un ballon sur la ligne sur un corner italien. Sur le troisième but, il ressort très vite également avant de conclure lui-même de la tête suite à un appui sur Kuijt.