"J'invite le corps arbitral à prendre toutes les mesures qui s'imposent, y compris à interrompre le cours d'un match si un club ou un joueur est victime d'un tel comportement sur les gradins " : ce conseil vient de Jan Peeters. Le président de la Fédération s'est exprimé dans Le Soir trois jours après Cercle-La Louvière, la bourde du gardien hennuyer Michaël Cordier qui a valu trois points aux Brugeois et les réactions ironiques du kop local. Les " Merci Cordier " avaient de quoi faire mal au jeune espoir des Loups.
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"J'invite le corps arbitral à prendre toutes les mesures qui s'imposent, y compris à interrompre le cours d'un match si un club ou un joueur est victime d'un tel comportement sur les gradins " : ce conseil vient de Jan Peeters. Le président de la Fédération s'est exprimé dans Le Soir trois jours après Cercle-La Louvière, la bourde du gardien hennuyer Michaël Cordier qui a valu trois points aux Brugeois et les réactions ironiques du kop local. Les " Merci Cordier " avaient de quoi faire mal au jeune espoir des Loups. Désigné par les journalistes d'investigation de l'affaire comme l'un des quatre incorruptibles du Tivoli de la VRT, Cordier s'est donc retrouvé à son tour dans la tempête. Il sait que la pression sera infernale pendant les prochaines semaines : confirmation de son bon premier tour, lutte pour le maintien, scandale des matches arrangés, etc. Il gère et tempère, du haut de ses 21 ans. Titulaire incontestable entre les perches des Loups depuis le départ de Silvio Proto, très proche des Espoirs de Jean-François de Sart (quatre convocations mais trois forfaits sur blessures et un autre parce que La Louvière devait jouer en Coupe le même week-end !), Cordier décerne ses cotes, accorde quelques grandes distinctions mais n'hésite pas non plus à buser là où il l'estime nécessaire. Michaël Cordier : " Je suis assez satisfait de ma progression depuis ma découverte de la D1, dans le fameux match contre Bruges, la saison passée, avec l'équipe des gamins. J'estime m'être bien bonifié sur le plan technique surtout. Mes appuis sont de plus en plus sûrs. Mais je sais qu'il y a encore beaucoup de boulot si je veux passer au palier supérieur. Je ne prends pas encore assez de risques dans le trafic aérien, je n'ose pas sortir au quart de tour, et donc je ne soulage pas suffisamment ma défense. L'autre gros point à améliorer, c'est ma présence, ma personnalité, mon charisme. Je dois plus montrer à mes défenseurs que je suis là, qu'ils peuvent compter sur moi. Je dois apprendre à crier, à commander. Je pense que cela vient plus ou moins naturellement, avec les matches. Je n'en ai encore qu'une bonne vingtaine en D1 : c'est trop peu pour déjà être un vrai leader derrière. Silvio Proto a beaucoup de personnalité mais il a dû la cultiver en jouant chaque semaine avec La Louvière pendant plusieurs saisons ". " Je ne savais pas trop à quoi m'en tenir pendant l'été. On parlait chaque jour du départ de Silvio mais rien n'était sûr. Certains me disaient que je recevrais une chance de devenir titulaire s'il s'en allait, mais on évoquait aussi des tests de gardiens expérimentés. Un Espagnol est d'ailleurs venu. Bref, je ne savais plus trop sur quel pied danser : numéro 1, numéro 2 derrière Proto, derrière un nouvel arrivé ? Puis, un jour, EmilioFerrera a tranché et m'a dit : -Si Silvio part, je te fais confiance parce que je sais que tu as du potentiel ; montre-moi que tu es prêt. C'était mon vrai départ ". " Ce parallèle, on le fait depuis que Proto a quitté La Louvière. Quelque part, c'est inévitable : nous avons le même style, la même technique, les mêmes assises (c'est normal puisque nous avons tous les deux travaillé à l'école de Michel Piersoul), mais aussi la même taille et le même poids, au centimètre et au kilo près ! Je suppose que cette comparaison durera encore longtemps. Dès que je me suis installé dans le but de La Louvière, on a dit que j'étais le successeur de Silvio Proto. Au début, je ne le prenais pas mal. Mais aujourd'hui, j'aimerais quand même que ça cesse. Proto, c'est Proto. Cordier, c'est Cordier. A chacun sa route. Même si je signerais à deux mains pour avoir une trajectoire comme la sienne. Faire ses preuves dans un petit club puis passer dans une équipe du top, c'est un parcours très logique. Seulement, ce n'est pas à Anderlecht que je verrais mon avenir. Je rêverais plutôt du Standard, pour sa chaleur, ou de Genk, pour la manière dont ce club travaille avec les jeunes. La tournante des gardiens qui est devenue une espèce de tradition à Anderlecht influence sûrement mon raisonnement. Pour un keeper, il n'y a rien de pire. En début de saison, je constatais que Proto n'était pas bien du tout dans sa tête, avec cette épée de Damoclès qui le menaçait en permanence. Aucun gardien ne rêve d'une situation pareille. Comme par hasard, Proto est à son vrai niveau depuis qu'il n'est plus contesté comme numéro 1. Et moi, je n'aurais jamais atteint mon niveau actuel si on m'avait fait comprendre que la moindre erreur risquait de me valoir ma place. J'en ai bavé après ma floche au Cercle, mais je ne me suis même pas demandé si je serais encore dans le but la semaine suivante. Je sais qu'on ne raisonne pas comme ça à La Louvière ". " Malgré tout ce qui se passe, on rigole toujours autant dans le vestiaire. Nous avons déjà suggéré à des journalistes de venir nous voir plus souvent à l'entraînement : ils comprendraient mieux que ce groupe reste uni. On a dit que nous nous regardions en chiens de faïence : n'importe quoi, vraiment. Comme dans tous les vestiaires, il y a parfois de petits coups de gueule, mais c'est tout à fait normal. Des gars comme AlexTeklak, Nordin Jbari ou Egutu Oliseh ont un caractère fort et c'est logique qu'ils tapent parfois du poing sur la table ". " Je suis optimiste, persuadé que nous avons le groupe et les qualités pour y arriver. Nous l'avons montré plusieurs fois. Malheureusement, nous avons perdu beaucoup de bêtes points. L'envie est là, la solidarité aussi. Et l'obsession de montrer à la Belgique entière que nous avons le niveau. Des équipes comme le Lierse et le Germinal Beerschot ont profité des premiers matches de l'année pour reprendre des couleurs, mais il y en a d'autres qui ont pataugé au même moment. Je prévois que ce sera comme ça jusqu'à la fin de la saison, avec des vagues, des périodes positives suivies de passages à vide pour tous les clubs concernés par le maintien. Quand je vois les noyaux de St-Trond, de Beveren ou du Lierse, je me dis que nous avons toujours un beau coup à jouer : nous n'avons rien à leur envier ". " Je ne devrais même pas m'amuser à coter une affaire pareille. Avoir fait autant de pub pour un reportage TV basé uniquement sur des on-dit, je ne comprends pas. Du blabla, rien d'autre. Ce n'est pas en regardant des conneries pareilles que nous allons avancer. Nous avons d'autres chats à fouetter, laissons faire les enquêteurs. Bien sûr, ça nous énerve et nous en parlons dans le vestiaire, mais nous parvenons assez bien à faire le vide dès que nous montons sur le terrain. Si, un jour, il y a des preuves de matches truqués par La Louvière, j'aurai le cran de reconnaître que je me suis trompé sur toute la ligne. Mais je n'y crois pas du tout. En attendant, notre club fait les gros titres des journaux, pas seulement en Belgique. Notre logo est partout. Pour moi, la seule vérité absolue à ce stade de l'enquête, c'est que toute la Flandre voudrait voir La Louvière de nouveau en D2. Nous ne sommes pas aimés dans le nord du pays, il y a souvent une atmosphère négative quand nous nous déplaçons là-bas ". " Il ne faut pas se voiler la face : les résultats au premier tour montraient que nous étions perdus avec Emilio Ferrera. D'un point de vue purement tactique, c'est un tout grand Monsieur. Mais il pensait sans doute qu'il travaillait avec un noyau de grands joueurs, il oubliait qu'à La Louvière, il y a beaucoup de jeunes et de gars qui n'ont pas une grande expérience de la D1. Ferrera dans un grand club, je dis oui. A la RAAL, je suis déjà moins catégorique. Il partait du principe que certaines connaissances étaient acquises par tout le monde, mais ce n'était pas vrai. Nous ne comprenions pas tout son discours. Nous faisions le maximum pour mettre en pratique ce qu'il nous enseignait, mais nous n'y arrivions pas. Cela a bloqué une bonne partie du groupe. Et il y avait une grosse pression sur les épaules de chacun : quand on sait qu'on risque de sauter de l'équipe si on ne parvient pas à appliquer les consignes du coach, on ne peut plus être à son meilleur niveau. Passer d'Emilio Ferrera à Gilbert Bodart, c'était passer du noir au blanc. Sur le plan relationnel surtout, car Bodart, lui, dialogue beaucoup. Et on sent qu'il a un passé de grand joueur. Il a clairement provoqué le déclic dont nous avions besoin. Sa théorie est fort limitée : il nous donne quelques grands principes puis attend que nous les appliquions le mieux possible ". " C'est vrai que si on reprend la liste des jeunes formés au club qui étaient dans le noyau en début de saison, leur temps de jeu est fort limité : Quantin Durieux, DimitriLeurquin, Laurent Kwembeke, Julien Pinelli, Rony Baynon, tous ceux-là n'ont pas beaucoup joué. On peut dire que le match des gamins contre le Club Bruges, la saison passée, est presque une expérience sans lendemain alors que cette rencontre-là devait justement servir à les juger. C'est malheureux. Mais d'un autre côté, est-ce le bon moment pour les lancer dans le grand bain, avec tout ce qui se passe à la RAAL et notre classement précaire ? Supporteraient-ils la pression ? Dans une période pareille, c'est surtout l'expérience qui peut faire la différence. Les jeunes doivent actuellement se contenter du banc, et quand ils montent au jeu, ils ne se débrouillent pas mal : c'est déjà ça ". " C'est peut-être la ligne défensive qui encaisse le plus en D1, mais cette défense, je l'aime bien ! Elle continue à m'inspirer confiance. George Blay a plein d'expérience. Olivier Guilmot est un bon capitaine. Martin Ekani a des qualités. On ne peut pas les rendre seuls responsables de notre moyenne de buts encaissés. Très souvent, les erreurs se sont produites plus haut sur le terrain. Nous ne défendons pas suffisamment en bloc. Cette moyenne doit aussi être tempérée par deux choses : les six goals pris à Anderlecht lors de la première journée et le grand nombre de buts que nous avons encaissés au premier tour sur des phases arrêtées. Ferrera ne voulait personne aux poteaux alors que c'est prioritaire pour un gardien. Et cela nous a coûté cher ". " C'est peut-être paradoxal, mais cette bourde m'a rapidement appris beaucoup de choses. En rentrant au vestiaire à la mi-temps, j'ai compris que je conservais le soutien et la confiance de tout le staff : Bodart et Piersoul m'ont rassuré, ils m'ont dit que cette faute-là ne devait surtout pas remettre en question tout ce que j'avais réussi depuis le début de la saison. Dans certains noyaux, des coéquipiers auraient râlé. Là, personne ne m'a fait le moindre reproche. Encore une illustration de la solidarité qui règne dans notre groupe. J'ai su, aussi, avoir la bonne réaction après la rencontre. Je n'ai accusé personne. J'aurais pu citer les joueurs qui avaient laissé Darko Pivaljevic traverser tout notre camp balle au pied, mais je n'y ai même pas fait référence. C'est vrai, Pivaljevic avait été laissé anormalement seul, mais il y avait encore un gardien pour arrêter ce tir pas vraiment puissant, et ce gardien, c'était moi ! J'ai mal évalué sa trajectoire, c'est pour ma pomme, point à la ligne. Je suis content aussi de ne pas avoir réagi aux provocations des supporters. Dès qu'ils ont commencé à scander - Merci Cordier, j'ai compris qu'ils faisaient le rapprochement avec l'affaire des matches truqués. J'aurais préféré faire cette erreur en début de saison, quand on ne parlait que de football aux matches de La Louvière, mais bon, on ne choisit pas ces moments-là ". " Je garde quelques très grands souvenirs des cinq saisons passées au Sporting. J'y ai travaillé avec des gens qui valent le détour : Carl Persenaire - NDLA : aujourd'hui team manager de La Louvière -, Hervé Royet, Mario Notaro, Daniel Mathy puis, quand on m'a permis de monter de temps en temps dans le noyau A, IstvanGulyas, Etienne Delangre, Dante Brogno, Robert Waseige. J'avais l'impression que le Sporting croyait en moi et qu'on allait me faire une place fixe chez les pros pour la saison suivante. Je m'imaginais devenir le troisième gardien de Charleroi. On me disait d'ailleurs qu'on misait sur moi. Mais la fin de saison approchait et je n'ai rien vu venir. J'ai compris et j'ai pris l'initiative de passer un test à La Louvière. J'estime qu'on m'a manqué de respect au Mambourg, on aurait pu être plus clair avec moi. Quand RaymondMommens a appris via la presse que j'étais à l'essai au Tivoli, il s'est posé des questions. Je lui ai répondu que j'étais bien obligé d'assurer mes arrières. Je suis évidemment conscient que j'ai énormément progressé à Charleroi. Quand on bosse aux côtés d' IstvanDudas et de Bertrand Laquait, avec Gulyas comme professeur, on ne peut que se bonifier. Gulyas avait autrefois travaillé avec Piersoul : ça se voit, ils ont les mêmes méthodes. Nous sommes allés gagner 0-2 au Sporting en décembre dernier : je ne parlerais pas de revanche personnelle mais ça m'a quand même procuré un plaisir très particulier. Les huées des supporters carolos n'ont pas suffi à gâcher mon bonheur ".