Les couleurs de l'AC Milan sont le rouge et le noir. Elles symbolisent aussi l'état actuel du club. Des chiffres en rouge lui valent un avenir sombre. Les regards de Silvio Berlusconi et du directeur général Adriano Galliani sont éloquents. Les dirigeants milanais ne peuvent dissimuler leur colère ni leur déception en voyant leur AC piétiner une fois de plus. " C'est indigne ", s'est exclamé Berlusconi après le 0-0 en Ligue des Champions contre Anderlecht. " Je ne peux pas supporter ça ", réagit-il à la défaite en championnat contre la Sampdoria (0-1). C'est le plus mauvais début de saison du club depuis la saison 1981-1982 et les rossoneri tremblent en jetant un coup d'£il à la colonne de droite du classement. Ces piètres résultats vont-ils coûter son poste à Massimiliano Allegri ? Pas pour le moment. La semaine dernière, pour la énième fois, la direction a réitéré sa confiance à Allegri. Récemment, Silvio Berlusconi s'est présenté en personne dans le vestiaire, avant le match contre le Napoli. Le patron ne s'était plus déplacé à Milanello depuis un an. Son intervention était nécessaire car quelques jours plus tôt, à la mi-temps du match Milan-Fiorentina, Allegri avait encore dit à ses joueurs : " Si vous voulez montrer que vous êtes contre moi, continuez comme ça, vous êtes sur la bonne voie. "
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Les couleurs de l'AC Milan sont le rouge et le noir. Elles symbolisent aussi l'état actuel du club. Des chiffres en rouge lui valent un avenir sombre. Les regards de Silvio Berlusconi et du directeur général Adriano Galliani sont éloquents. Les dirigeants milanais ne peuvent dissimuler leur colère ni leur déception en voyant leur AC piétiner une fois de plus. " C'est indigne ", s'est exclamé Berlusconi après le 0-0 en Ligue des Champions contre Anderlecht. " Je ne peux pas supporter ça ", réagit-il à la défaite en championnat contre la Sampdoria (0-1). C'est le plus mauvais début de saison du club depuis la saison 1981-1982 et les rossoneri tremblent en jetant un coup d'£il à la colonne de droite du classement. Ces piètres résultats vont-ils coûter son poste à Massimiliano Allegri ? Pas pour le moment. La semaine dernière, pour la énième fois, la direction a réitéré sa confiance à Allegri. Récemment, Silvio Berlusconi s'est présenté en personne dans le vestiaire, avant le match contre le Napoli. Le patron ne s'était plus déplacé à Milanello depuis un an. Son intervention était nécessaire car quelques jours plus tôt, à la mi-temps du match Milan-Fiorentina, Allegri avait encore dit à ses joueurs : " Si vous voulez montrer que vous êtes contre moi, continuez comme ça, vous êtes sur la bonne voie. " C'est un secret de polichinelle : un ancien joueur du club va remplacer Allegri. Mais qui et quand ? Marco van Basten a déjà déclaré qu'il n'était pas disponible. Par la bouche de son agent, Perry Overeem, Frank Rijkaard a fait savoir qu'il ne voulait pas réagir aux rumeurs. On considère que l'association de Frank Rijkaard avec l'entraîneur-adjoint actuel, MauroTassotti, serait idéale, d'autant que Milan veut imiter Barcelone et aligner un maximum de joueurs formés en son sein. D'autres noms circulent dans les travées. Paolo Maldini, l'icône du club, est fréquemment cité. FilippoInzaghi, qui entraîne actuellement les jeunes, est déjà entré en conflit avec Allegri et il aimerait être impliqué dans le fonctionnement de l'équipe première. Il faut comprendre la gravité de la situation dans laquelle Milan se trouve. Vainqueur de la Ligue des Champions en 2007, le club n'émarge plus à l'élite européenne ni même transalpine. C'est difficile à digérer pour les supporters et les dirigeants. Pendant des années, Berlusconi a comblé de sa poche le déficit de son club. Milan a vécu sur un trop grand pied grâce à la générosité de l'ancien Premier ministre. Durant l'été 2010, celui-ci a toutefois annoncé qu'il allait resserrer les cordons de sa bourse. Pendant deux décennies, c'est Berlusconi qui a enrôlé de grands footballeurs et leur a offert de plantureux salaires mais la crise économique l'a rendu prudent. " Le moment de me retirer est venu ", a-t-il déclaré. Son entreprise a subi des pertes et injecter des fonds dans un club de football en déficit n'est pas précisément la bonne stratégie. Il a donc décidé d'économiser. Berlusconi reste un supporter. Gamin, il accompagnait son père à San Siro et plus tard, il est devenu le patron de son club favori. Les supporters ont intelligemment exploité les sentiments de Berlusconi en protestant massivement au Milanello après sa déclaration. Même si Berlusconi a pris une décision raisonnable, les supporters sont parvenus à le convaincre d'investir encore. Durant les ultimes semaines de la période des transferts, Milan a embauché Zlatan Ibrahimovic, venu de Barcelone, et Robinho, de Manchester City. L'investissement s'élevait à 100 millions d'euros en indemnités de transferts et en salaires. Cela a permis au club de remporter son 18e titre national en 2011 mais, en deux saisons, son déficit a atteint la somme de 200 millions d'euros. Deux ans après la décision de Berlusconi, une autre nouvelle alarmante est tombée cet été. " Maintenant, il n'y a plus de place pour les sentiments ", a martelé le propriétaire de Milan. Il n'y a plus qu'une issue : une gestion responsable, sans transferts ronflants de dernière minute. La nouvelle réalité de Milan a plusieurs causes. D'abord, il y a la crise économique, qui a durement frappé l'Italie et Berlusconi. Ensuite, les droits TV ont été répartis selon une nouvelle clef, plus équitable, entre tous les clubs de Serie A. Le Calciopoli a également frappé Milan en 2006, par des points de pénalité mais aussi de solides amendes. Ces contrecoups successifs ont eu raison de la santé financière du club, qui n'était déjà pas florissante. Milan a toujours fait face à ses obligations, grâce aux constructions floues de Berlusconi et à ses chèques en blanc mais maintenant, l'introduction du fair-play financier de l'UEFA est une épée de Damoclès. À partir de la saison 2013-2014, la confédération européenne interdit aux clubs de dépenser davantage que ce qu'ils gagnent. Or, Milan n'y est pas parvenu ces dernières années. Le club espère sortir plus fort de cette crise. La vente de Thiago Silva et de Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain lui a rapporté 62 millions. Milan a également réalisé de solides économies salariales en se défaisant des joueurs les plus coûteux. L'exode des grands noms aurait dû être étalé sur plusieurs années mais Clarence Seedorf, Gennaro Gattuso, Alessandro Nesta et Gianluca Zambrotta sont partis au même moment, comme Mark van Bommel et Antonio Cassano. Cette fuite est une conséquence directe de la gestion des dernières années. Milan a toujours pallié le départ de ses ténors en transférant de nouvelles vedettes et en prolongeant le contrat d'autres footballeurs déterminants d'une saison. Ce grand nettoyage a allégé les dettes milanaises mais l'équipe est désormais moyenne. Nigel de Jong, RiccardoMontolivo et Giampaolo Pazzini, transférés en été, ont une certaine réputation mais des achats tels que Kevin Constant, Francesco Acerbi, Bakaye Traoré, Sulley Muntari, Bojan Krkic et Cristian Zapata ne sont pas susceptibles de rendre son panache à Milan. Cette saison, il serait illusoire de vouloir se mêler à la lutte pour le titre ou d'autres trophées. Berlusconi et Galliani croient pourtant avoir trouvé un moyen de conjurer la crise. Comme souvent en football, quand règne la disette pécuniaire, ils veulent offrir leur chance à des jeunes et donc s'inspirer de Barcelone. " Il faut faire jouer des jeunes formés chez nous ", estime Galliani. " Il n'y a plus de place pour des vedettes onéreuses. Barcelone aligne régulièrement neuf joueurs formés dans son académie. C'est possible à Milan aussi. Nous avons de bonnes équipes de jeunes et les talents reçoivent leur chance. Ce n'est d'ailleurs pas nouveau : les trois joueurs qui comptent le plus de matches pour Milan, Paolo Maldini, Franco Baresi et Alessandro Costacurta, étaient issus de notre école des jeunes. " Milan va donc copier Barcelone, y compris en impliquant d'anciens footballeurs dans son fonctionnement. Placés à des postes-clefs, ceux-ci doivent transmettre leur bagage. Filippo Galli, l'ancien gardien, est directeur de l'école des jeunes. Au sein de l'équipe première, on trouve deux joueurs issus de cette école, Ignazio Abate et Luca Antonini, tandis que Mattia De Sciglio (20 ans), Mattia Valoti (19 ans) et SimoneGanz (19 ans) piaffent d'impatience. Stephan El Shaarawy, le meilleur buteur, n'a que vingt ans tandis que Mbaye Niang, âgé de 17 ans, est un transfert d'avenir. Milan cherche des jeunes prometteurs à travers toute l'Europe. " Le club le plus titré au monde. " L'année dernière, l'inscription barrait le maillot milanais. Cette référence aux 18 titres internationaux - autant que Boca Juniors - illustre la fierté du club. Cette inscription n'a pas disparu des tenues cette saison. Berlusconi sait pertinemment qu'il s'expose ainsi aux critiques mais il se défend : " Nous sommes fiers de notre passé. Considérez-le comme une source d'inspiration pour l'avenir. "PAR CHRIS TEMPELMAN" Si vous voulez montrer que vous êtes contre moi, continuez comme ça !" (Le coach Allegri à ses joueurs)