Pelé marqua 1.280 buts, répertoriés, dans sa carrière. L'IFFHS (Fédération Internationale des Stats du Foot), qui ne comptablise ni matches amicaux ni compétitions régionales, désigne pourtant Ferenc Puskas, 511 roses en 533 matches, de 53 à 66, comme n°1 mondial. Son marquoir ne totalise que des réussites en D1 et internationales. Le Brésilien, rien d'un athlète exceptionnel, taille et corpulence moyennes, possédait l'intelligence du jeu, le sens du but, la souplesse du corps et la vivacité d'esprit. Le Hongrois, plutôt court sur pattes, bedonnait même en fin de carrière. Maradona aussi, mais ses géniales inspirations et dribbles de virtuose, sublimèrent ses buts. José Torrès, ex-avant centre très prolifique de Benfica et du Portugal, déplaçait, par contre, un physique interminable et malingre. Pas de mensurations types donc pour tromper un gardien.
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Pelé marqua 1.280 buts, répertoriés, dans sa carrière. L'IFFHS (Fédération Internationale des Stats du Foot), qui ne comptablise ni matches amicaux ni compétitions régionales, désigne pourtant Ferenc Puskas, 511 roses en 533 matches, de 53 à 66, comme n°1 mondial. Son marquoir ne totalise que des réussites en D1 et internationales. Le Brésilien, rien d'un athlète exceptionnel, taille et corpulence moyennes, possédait l'intelligence du jeu, le sens du but, la souplesse du corps et la vivacité d'esprit. Le Hongrois, plutôt court sur pattes, bedonnait même en fin de carrière. Maradona aussi, mais ses géniales inspirations et dribbles de virtuose, sublimèrent ses buts. José Torrès, ex-avant centre très prolifique de Benfica et du Portugal, déplaçait, par contre, un physique interminable et malingre. Pas de mensurations types donc pour tromper un gardien. Dribbleur instinctif, showman et footballeur jusqu'au bout de l'orteil, le courtaud Rik Coppens (Beerschot, années 50), 3 fois marqueur n°1 du championnat, mortifiait stoppeurs et portiers. Il osa, contre l'Antwerp, un penalty du talon, et un autre gag: il cala du pied le ballon sur la ligne de but, s'agenouilla et le poussa du nez. A l'opposé, Erwin Vandenbergh, élancé et élégant, sobre et calme, s'imposa 6 fois au tableau final, de 80 à 91, record belge, avec 3 clubs (Lierse, Anderlecht et La Gantoise). Et entre-temps il joua cinq saisons à Lille. Il vécut son moment de grâce devant des centaines de millions de téléspectateurs, en 82, à Barcelone, en ouverture du Mondial. Sur service de Vercauteren, il trompa Fillol et battit l'Argentine de Maradona. Autres exploits célèbres: en 48, à Paris, au stade de Colombes, 3-1, mais l'arrière gauche liégeois Pol Anoul amorce l'offensive et avance, avance... Le stoppeur, Louis Carré, s'inquiète, et si Pol perd le ballon, et si, et si... Imperturbable Anoul élimine Batteux, Prouff et Huguet, et des trente mètres bat Da Rui. Le but de Colombes! Historique aussi le front de Georges Grün, novembre 85, à Feyenoord, par -10°. 2-0 pour la Hollande à la 86e minute, Gerets déborde, centre et Grün se jette sur ce ballon, et Van Breukelen se retourne. C'est la qualif' pour Mexico 86. Et là-bas, à Puebla, le 22 juin, le suspense est total : 1-1 après prolongations face à l'Espagne, et tirs au but. A 4-4 Leo Vander Elst, médian réserviste et monté à la 105e minute, se joue de Zubizaretta, et tire les Diables en demi-finales. Anoul, Grün, Leo Vander Elst... moralité de l'histoire: le buteur type n'est pas seul à influencer le marquoir en des moments parfois importantissimes. En championnat, avec plus de 70 buts, le front du libero lierrois Eric Van Meir a arraché maints succès; quelques réussites de plus, et il entrera dans le top 10 mondial des défenseurs marqueurs de buts. A ce jour, les deux frappeurs les plus précis de l'équipe nationale restent, avec 30 buts chacun, le lierrois Bernard Voorhoof, une tête de caillou, qui jeta des éclairs dans l'attaque du Lierse des années 20 à 30, et l'Anderlechtois Paul Van Himst, efficace slalomeur des saisons 60 et Soulier d'or du siècle. Chez les Diables encore en activité, et sélectionnables, Marc Degryse, 23 buts, mène au total devant Marc Wilmots 19 et Emile Mpenza 10. Leur personnalité inspire leurs buts: imagination et finesse, volume de jeu et puissance de tir, et vivacité et tranchant. A l'EURO, les Anderlechtois Swat Van der Elst et Van Himst dominent le marquoir avec 9 buts, et en coupes d'Europe, Van Himst est seul avec 32 réussites, bien que Vander Elst ait scoré quatre fois en 20 minutes au Lokomotif Sofia. Un salut, au passage, au jeune retraité Luc Nilis aux tirs techniques et subtils, et, à un autre pointeur limbourgeois, tout en force, l'ex-Anderlechtois Fritz Vandenboer capable (avec un peu d'imagination) de déraciner les poteaux. Ils ne figurent pourtant pas au palmarès des buteurs du championnat. Un reproche à plusieurs de nos tireurs d'élite d'aujourd'hui: trop de cinéma! Le ballon au fond des filets, ils courent 50 mètres, cabriolent, dansent la samba, se retournent le maillot sur la tête, s'agrippent au grillage.... Autre temps, autres moeurs: Bert Decleyn- 350 buts de 1932 à 54 pour le F.C. Malinois- courait 1O mètres, un bras au ciel, et recevait la tape dorsale des partenaires. Cet instituteur malinois, physique passe-partout, ne payait pas de mine. Malin, serein, bien accroché au sol et sans fioritures, il visait juste au moment précis. Peut-être aurait-il ajusté 4OO buts sans les années de guerre. Le suivent au classement de nos plus prolifiques marqueurs de tous les temps: le "bombardier" Jef Mermans (Anderlecht) 239, Bernard Voorhoof (Lierse) 281, Arthur Ceuleers (Beerschot et Racing CB) 280, Rik Coppens (Beerschot et Olympic) 258, Erwin Vandenbergh 252, Jean Capelle (Standard) 238, Paul Van Himst ((Anderlecht) 236, Jan Ceulemans (FC Bruges) 230, Raoul Lambert (FC Bruges) 216 et Raymond Braine (Beerschot) 202. Decleyn détient aussi depuis 41-42, sur une saison, la plus forte moyenne: 1,385 but par match, 36 en 26 rencontres. Erwin Vandenbergh (alors au Lierse) porte le plus gros bouquet, 39 en 34 parties, en 79-80, mais le goal-average est moindre, 1,147. Dans les annuaires, le palmarès des plus efficaces artificiers débute en 1946, mais le statisticien Claude Henrot, le démarre en 20. Ouvre le feu, en 1919-20, l'international Robert Coppée (Union SG), 23 buts. Outre Vandenbergh, s'y distinguent des tireurs à répétition comme Victor Wégria (FC Liégeois) quatre fois n°1 en 59, 60, 61 et 63, et les auteurs de triplés comme Mermans, Rik Coppens, Paul Van Himst, et Josip Weber, (Cercle Bruges), qui bouscula tout sur son passage en 91-92, 93 et 94. Auteurs de doublés: Yvan Thys (père de Guy) et l'illustre Raymond Braine, Beerschotmen des années 20 et 30, le moins connu Willy Ulens (Antwerp) et Marius Mondelé (Daring CB), de la même époque. Voorhoof, si prolifique en équipe nationale, ne figure pas au palmarès des buteurs du championnat, ni Arsène Vaillant (ex-White-Star et Anderlecht) qui déclenchait pourtant avec facilité. Pas de Léon Mokuna (La Gantoise) non plus. Etonnant aussi que l'explosif Raoul Lambert et le spectaculaire et bondissant Roger Claessen n'y apparaissent qu'une fois: le Brugeois en 71-72 avec 17 buts et le Standardman en 67-68 avec 20, à égalité cette saison-là avec Van Himst. Explication: "Lotte" fut souvent blessé, "noss Roger" aussi, et de plus il aimait la fête. Mais qui ne se souvient de leurs ravages en coupes d'Europe? Si l'incisif Roger Van Gool (FC Bruges et Cologne) est invisible au palmarès, son homonyme Jef Van Gool, fer de lance de l'Antwerp des années 50, s'y présente en 57-58, crédité de 25 buts (à égalité avec le Beerschotman Jef Vliers). Mais ce Van Gool-là n'a jamais été appelé en équipe nationale. Il est assez rare que le n°1 au marquoir de la saison n'enfile pas le maillot de Diable Rouge. Entre les deux guerres, de bonnes gâchettes comme Meyskens (Union), Jooris (Racing CB), Fabry (Standard), Devindts (Daring CB), Delmez (Lierse), Collet (White-Star) et Wagner (Antwerp) n'eurent jamais cet honneur, mais après 40-45 Jef Van Gool et Jean-Paul Colonval (25 en 64-65) furent les seuls négligés. Le mérite de Colonval était grand pourtant puisqu'il enfilait les buts pour Tilleur plutôt allergique au jeu offensif. Il se consola avec un transfert au Standard. Outre Josip Weber, passé à Anderlecht et naturalisé, divers autres étrangers secouèrent aussi nos filets. L'Autrichien Alfred Riedl fut le roi, en 73 et en 75, pour St-Trond d'abord puis pour l'Antwerp. Ces maîtres du ko venus d'ailleurs se jouent de nos défenseurs depuis 1967 : le Hollandais Jan Mulder (Anderlecht) fut le premier. En 34 éditions, ils se sont affirmés 22 fois au final. Mieux, de 89 à 2000 (à l'exception de Vandenbergh en 91 et de l'Italo-belge Toni Brogno en 2000, en partage avec Aarst), il n'y a qu'eux. Avec ou sans l'accord de nos portiers, ils méritent la citation : les Hollandais Mulder et Rensenbrink (Anderlecht) et Posthumus (Lierse), les Hongrois Nagy (Standard) et Ladinszki (Anderlecht), les Allemands Emmerich (Beerschot), Kostedde et Nickel (Standard) et Albert (Beveren), l'Autrichien Riedl (St-Trond et Antwerp), l'Islandais Gudjohnsen (Anderlecht), les Australiens Krncevic (Anderlecht), Farina (FC Bruges) et Vidmar (Standard)), les Croates Weber (CS Bruges), Stanic et Spehar FC Bruges) et Strupar (RC Genk), le Tchèque Koller (Lokeren) et le Norvégien Aarst (La Gantoise). Ces buteurs qui font râler les gardiens et chavirer les stades portent des noms évocateurs: goal-getters en Angleterre, Torjägers en Allemagne, capocannoniere en Italie, goleadors et pichichi en Espagne. Henry Guldemont